Vive le cornucopianisme!
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En 1990, nous avions environ 45 années de consommation (les réserves prouvées divisées par la production). En 2020, nous en avons 53,5 années.
Reuters
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En 1990, nous avions environ 45 années de consommation (les réserves prouvées divisées par la production). En 2020, nous en avons 53,5 années.
Reuters
L'un des sujets qui alimente régulièrement la une des médias est l'épuisement du... pétrole, de l'eau potable, des terres arables, ou encore la fin de la biodiversité, voire bientôt de l'espèce humaine avec le réchauffement climatique. Le catastrophisme ou, dans sa version moderne, la collapsologie se porte bien.
Cette conception des limites physiques apparaît d'autant plus évidente qu'elle découle d'un raisonnement simple : le monde étant fini, les ressources naturelles ont nécessairement des limites physiques, et, au fur et à mesure où nous les consommons, elles vont devenir de plus en plus rares.
Cette façon de raisonner est problématique car elle ne correspond pas à la réalité. Par exemple, depuis 40 ans, nombre d'experts annoncent régulièrement que nous avons atteint un pic de la production pétrolière, avant d'être démentis. En fait, aujourd'hui, le consensus des spécialistes considèrent que l'on est plutôt en train d'atteindre un pic de la... demande pétrolière.
Car paradoxalement les réserves prouvées ne font qu'augmenter alors même que nous en consommons de plus en plus, de 3,65 milliards de tonnes en 2000 à 4,61 milliards de tonnes en 2019 (2020 étant une année à part, en raison des confinements), selon l'AIE, soit un bond de 26,3%.
En 1990, nous avions environ 45 années de consommation (les réserves prouvées divisées par la production). En 2020, nous en avons 53,5 années, alors même que la production est passée en 10 ans (2010-2019) de 83,3 millions de barils par jour à 94,9 millions de barils par jour, soit une hausse de près de 14%.
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Autrement dit, plus nous extrayons du pétrole de terre, plus nous en trouvons. Cette dynamique s'explique par le facteur économique. Si le prix du pétrole augmente, il y a une incitation financière à en chercher, et plus d'investissements vont aller dans la recherche technologique et trouver des solutions pour par exemple augmenter le taux de récupération de l'huile dans les roches ou permettre d'exploiter des gisements en offshore profond. Or, ce facteur économique est dynamique, il évolue sans cesse pour s'adapter. Quand le prix du brut est trop élevé, le consommateur va chercher à en utiliser moins, l'industriel à lui substituer un autre produit, etc., le temps que la production rééquilibre l'offre et la demande pour faire baisser à nouveau les cours.
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