20 ans d'aide française à l'Afghanistan : grands discours, petite contribution
Maxime Hanssen
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Emmanuel Macron, lundi soir, lors de son allocution télévisée sur la chute du régime en Afghanistan.
Reuters
Maxime Hanssen
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Emmanuel Macron, lundi soir, lors de son allocution télévisée sur la chute du régime en Afghanistan.
Reuters
Après la chute du régime du président Ashraf Ghani et la prise du pouvoir des talibans, que va faire la France de ses fonds d'aide publique au développement à destination de l'Afghanistan ? Ces subsides, distribués depuis 2001, ont vocation à soutenir la reconstruction et le développement économique, politique et social du pays. Alors que le gouvernement d'Angela Merkel a annoncé mardi 17 août l'arrêt des aides au développement versées à l'Afghanistan, l'Hexagone tarde à se positionner. En Allemagne, le changement de régime politique dans ce pays de 37 millions d'habitants, désormais entre les mains des talibans, a entraîné une suspension des 424 millions de dollars de subsides annuels. De son côté, la France n'a pas encore communiqué sur son attitude, occupée à évacuer les derniers ressortissants tricolores.
Contacté par La Tribune, une source au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères explique que "cette décision [de suspendre ou non les fonds] s'inscrit dans une réflexion au long terme et pour le moment, la priorité est de gérer la situation humanitaire". Une autre source au ministère laisse toutefois la porte ouverte à une suspension de facto des aides, guidée par la situation réelle du pays. "La réalité du terrain, c'est que personne ne peut se déplacer, contraignant toute poursuite de coopération".
Chaque année, ce sont environ 7 milliards de dollars d'aide internationale bilatérales qui sont nécessaires au fonctionnement du pays. Selon une note de la Coface, en 2020, l'ensemble des dons internationaux représentent 43% du PIB afghan (19,81 milliards de dollars) et 50% des recettes fiscales.
Dans son allocution présidentielle du lundi 16 août au sujet de la crise politique dans ce pays à la jonction de l'Asie centrale, Emmanuel Macron n'a guère insisté sur les aides françaises, se concentrant sur le tribut militaire payé par la Nation - 90 soldats sont tombés dans les montagnes afghanes pour un engagement sur le terrain qui a culminé jusqu'à 4.000 soldats. Le chef de l'État a seulement rappelé "l'action civile" à l'œuvre dans le pays depuis la fin de l'intervention militaire tricolore en 2014. Alors que la rhétorique du discours présidentiel laissait transparaître un rôle "protecteur" - le terme est utilisé dix fois -, quelle est la réalité de l'action civile française "menée à bien" - selon les mots de l'Élysée - depuis 2002 ?
Maxime Hanssen
Guerre au Moyen-Orient : les économies émergentes souffrent mais devraient résister en 2026
🔴 Sommet européen au Monténégro, réacteurs nucléaires japonais, Bourses… L'essentiel de l'actualité ce vendredi 5 juin
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir