Etats-Unis : face à l'inflation, la Fed débranche plus rapidement ses aides

La Banque centrale américaine a décidé de doubler son rythme de réduction des achats d'actifs. Le ralentissement progressif de ces injections de liquidités, débuté en novembre, devait se terminer initialement en juin. La hausse généralisée des prix à la consommation, qui s'avère plus tenace que prévu, pénalise durement les ménages aux Etats-Unis.

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La Fed prévoit une baisse du taux de chômage à 3,5%, un niveau proche voire inférieur à celui correspondant au plein emploi.
La Fed prévoit une baisse du taux de chômage à 3,5%, un niveau proche voire inférieur à celui correspondant au plein emploi. (Crédits : ELIZABETH FRANTZ)

La pression était palpable depuis plusieurs semaines. Avec la crainte de certains experts d'engager l'économie américaine dans une spirale inflationniste, en laissant les vannes du soutien monétaire ouvertes en pleine reprise post-Covid, la Réserve fédérale américaine (Fed) a finalement opté mercredi pour un cap plus ferme. L'institution a annoncé qu'elle mettrait fin dès mars à ses achats d'obligations sur les marchés, soit le "tapering" ou réduction des achats, qu'elle avait déjà entamée fin novembre, mais qu'elle comptait achever en juin initialement. Aussi, pour la première fois officiellement, elle a ouvert la voie à trois hausses d'un quart de point de ses taux d'intérêt d'ici la fin 2022. Or, celles-ci étaient plutôt attendues pour 2023 par certains économistes.

Mais face à la hausse des prix (+6,2% en octobre outre-Atlantique), portés également par les dysfonctionnements persistants sur les chaînes d'approvisionnement, la Fed se voit contrainte d'accélérer le débranchement des aides.

De fait, la banque centrale américaine a établi de nouvelles projections économiques, avec une inflation de 2,6% l'an prochain, contre 2,2% prévu auparavant en septembre. Le mot "transitoire" n'est plus le terme le plus précis pour décrire le niveau élevé de l'inflation, avait affirmé il y a quelques jours le patron de l'institution Jerome Powell.

La hausse des prix pour les ménages

Cette hausse généralisée des prix à la consommation, qui s'avère plus tenace que prévu, pénalise durement les ménages aux Etats-Unis. Et le président Joe Biden a promis d'inverser la tendance.

De même, la Fed prévoit une baisse du taux de chômage à 3,5%, un niveau proche voire inférieur à celui correspondant au plein emploi. Mi-novembre, les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage sont ainsi tombées à leur plus bas niveau en plus d'un demi-siècle. Autrement dit, la reprise du marché du travail américain est robuste.

"Avec des pressions inflationnistes élevées et un marché du travail qui se renforce rapidement, l'économie n'a plus besoin d'augmenter son soutien", a justifié mercredi Jerome Powell, qui dirigeait sa première réunion monétaire depuis sa reconduction dans ses fonctions par la Maison Blanche, lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion.

Lorsque les achats seront ramenés à zéro, "il ne devrait pas y avoir besoin (...) de long délai" avant la première hausse des taux, a souligné Jerome Powell, sans donner plus de précision.

La question est de savoir dans quelle proportion les taux d'intérêt, actuellement compris dans la fourchette de 0% à 0,25%, seront relevés.

Anticipant ces annonces, les marchés américains ont fini juste avant solidement dans le vert : le Dow Jones a gagné 1,08% mercredi à la clôture, le Nasdaq a fait un bond de 2,15% et le S&P 500 de 1,63%.

Le dollar américain reculait, lui, mercredi face à l'euro après ses gains de la veille et l'attitude plus ferme de la Fed. Vers 21H30 GMT, le dollar cédait 0,31% à 1,1294 dollar pour un euro.

Le variant Omicron, cependant, qui se propage rapidement et a poussé certains pays à réimposer des restrictions, est un risque pour la reprise, a reconnu Jerome Powell. Le patron de la Fed a ainsi insisté sur la nécessité de faire preuve d'adaptabilité, compte tenu des nombreuses incertitudes.

(Avec Agences)

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Commentaire 1
à écrit le 16/12/2021 à 8:52
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Espérons que les mégas riches n'auront pas planqué toutes ces liquidités dans leurs paradis fiscaux et en feront profiter un minimum l'économie réelle sinon ces centaines de milliards n'auront servi encore une fois qu'à subventionner la crise économi...

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