Présidentielle américaine : 50 économistes de renom soutiennent Clinton

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En bonne position dans les sondages, Hillary Clinton devrait encore accroître sa popularité auprès des classes moyennes et inférieures américaines à la suite de ce soutien des économistes.
En bonne position dans les sondages, Hillary Clinton devrait encore accroître sa popularité auprès des classes moyennes et inférieures américaines à la suite de ce soutien des économistes. (Crédits : Statista)
Plus de 50 économistes et experts ont apporté publiquement leurs soutiens à Hillary Clinton. L'objectif est de rassembler tous les courants du parti Démocrate à quelques heures du dernier débat télévisé qui doit opposer les deux candidats à la Maison Blanche.

Fini les divisions politiques, chez les économistes proches du parti démocrate. Un groupe d'universitaires américains influents a publié une lettre (voir en bas de l'article) dans laquelle ils apportent leur soutien à Hillary Clinton et appellent tous les électeurs progressistes à voter pour la candidate démocrate. Cette démarche s'adresse également au représentant de l'aile gauche du parti démocrate, Bernie Sanders, en l'invitant à faire de même.

Dans la missive rendue publique, le groupe d'experts ne soutient pas uniquement la candidature de Clinton pour battre Donald Trump, mais ils le font également pour faire avancer les idées économiques et sociales qu'ils promeuvent sur le plan politique. Les auteurs de la lettre font avant tout une mise en garde :

"Nous sommes une nation qui fait face à un problème majeur qui menace notre démocratie. L'augmentation drastique des inégalités de revenus a créé un profond malaise parmi des Américains qui sont de plus en plus exclus de la promesse d'un futur meilleur."

Des propositions proches de celles de Clinton

Pour répondre à ce défi majeur, les experts offrent un aperçu de leurs propositions, qui rejoignent celles d'Hillary Clinton sur certains points comme l'augmentation du salaire minimum à 15 dollars de l'heure et les investissements dans les infrastructures comme les routes, le ferroviaire et le secteur de l'énergie "qui pourraient créer des dizaines de milliers d'emplois bien payés pour les classes moyennes."  Parmi les propositions présentées dans la lettre, figure également l'idée du développement d'une stratégie nationale pour combattre la pauvreté, comprenant davantage d'aides au niveau fédéral pour les communautés délaissées.

En revanche, les idées avancées par les économistes ne vont pas toujours dans le même sens que certaines positions de la candidate démocrate, sur le plan énergétique notamment. Le collège d'experts prône par exemple le développement d'une stratégie énergétique réduisant de manière drastique les émissions de CO2 du pays. Ils espèrent faire des Etats-Unis le leader mondial des énergies renouvelables alors que le pays est le deuxième émetteur de dioxyde de carbone au monde selon les données du Global Carbon Project. Mais d'après un article du site d'information américain Vox s'appuyant sur les mails d'Hillary Clinton mis au jour par Wikileaks, la candidate démocrate ne soutiendrait pas officiellement la mise en place d'une taxe carbone, pourtant défendue par Bernie Sanders et ses alliés.

Des économistes en faveur d'un rassemblement

L'un des buts exprimés sur le Huffington Post par Martin Carnoy, économiste à Stanford qui a aidé à rassembler les signatures, est de rassurer les "progressistes sur le fait que Clinton est bien engagée sur les propositions que nous avons listées". Pour ce faire, des noms prestigieux outre-Atlantique tels que Robert Reich, professeur à l'université de Berkeley en Californie, et Derek Shearer, ancien ambassadeur en Finlande et professeur à l'Occidental College, ont apporté leur soutien à Martin Carnoy pour rédiger cette lettre.

Reich et Shearer ont créé des liens avec Bill Clinton dès les années 60 lorsqu'ils l'ont rencontré pour la première fois à l'université d'Oxford.  Robert Reich est également connu pour avoir eu des débats intenses avec les conseillers les plus conservateurs de l'administration Clinton dans les années 90 lorsqu'il était secrétaire d'Etat au Département du travail. Et plus récemment, il a appelé à soutenir Bernie Sanders au moment de la primaire démocrate.

emmanuel saez

L'économiste français et professeur à Berckeley Emmanuel Saez fait partie de la liste des signataires. Crédits : John D. and Catherine T. MacArthur Foundation/Wikimédia commons/CC

De nombreux observateurs ont souligné également la signature de Stephanie Kelton, économiste à l'université du Missouri et principale conseillère de Sanders. Parmi les autres économistes, on peut citer l'universitaire français Emmanuel Saez, professeur à Berkeley et l'un des plus grands spécialistes des inégalités, reconnu pour ses recherches sur ce sujet aux Etats-Unis. Il avait reçu le prix du meilleur jeune économiste de France en 2010 pour ses travaux sur la redistribution.

La liste comprend également des experts qui sont déjà passés par la Maison Blanche récemment. Betsey Stevenson de l'université du Michigan a été économiste en chef du Département du travail entre 2010 et 2011 et est connue pour son travail sur le rôle des familles dans l'économie américaine.

L'un des initiateurs de la lettre, Robert Reich, a tenu à rappeler que la plupart des noms qui figurent sur la liste font partie "de l'aile progressiste du parti démocrate et sont profondément attachés aux problèmes des inégalités et de justice sociale".

Si Robert Reich semble convaincu par le programme défini par Hillary Clinton et son équipe, de nombreux doutes subsistent sur la politique économique qu'elle appliquera si elle est élue. Mais cette missive devrait néanmoins appuyer la candidature de Clinton à quelques semaines du scrutin.

 

*Un article de notre partenaire Statista

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Commentaires
a écrit le 12/02/2018 à 23:31 :
Rétrospectivement, on se marre quand même bien. Heureusement les entreprises ne sont pas dirigées par ces "professeurs d'économie" dans les "prestigieuses universités américaines" comme Berkeley, toujours à la pointe du gauchisme et de la bienpensance.

En attendant, Trump, lui, a fait ce qu'aucun démocrate n'a fait depuis longtemps, et surtout pas Obama et sa clique : réussir à faire augmenter le salaire de base aux USA.
a écrit le 20/10/2016 à 20:19 :
On croit rêver! Des économistes "progressistes" qui soutiennent une femme ayant déclaré qu'elle croyait à l'autorégulation de la finance!

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