Chez Mélenchon, insoumission face à Le Pen-Macron

Par Sasha Mitchell  |   |  383  mots
"C'est à vous de reprendre le flambeau", lâche Mélenchon, qui a annoncé ne pas avoir reçu de mandat des militants pour donner une consigne de vote. Ce sera à eux de se prononcer dans les jours à venir. (Crédits : REUTERS/Stephane Mahe.)
Réunis dans le 10e arrondissement de Paris, Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens ont accueilli les résultats avec déception et amertume. Officiellement, le candidat de la France Insoumise n'a pas encore reconnu les résultats, jugés imprécis.

"Vous êtes un matin tout neuf qui commence à percer."

Il est un peu plus de 22 heures lorsque Jean-Luc Mélenchon, le visage grave, visiblement très ému, termine son intervention. A Paris, dans l'arrière-salle du bar Belushi's, coincé entre la Gare du Nord et la Gare de l'Est, les militants se lèvent pour applaudir à tout rompre. Au cours de son bref discours, le candidat de la France Insoumise vient, à demi-mot, de concéder la défaite. Sa non-présence au second tour. Il dit, tout de même, vouloir attendre les résultats officiels, à minuit, pour s'y soumettre. Le précédent de 2012, lorsque Le Pen avait été surévaluée, en tête.

Surtout, Mélenchon annonce ne pas avoir reçu de mandat des militants pour donner une consigne de vote. Ce sera à eux de se prononcer dans les jours à venir. De choisir, ou non, entre Macron et Le Pen.

Chez les militants, un sentiment d'inachevé

Pour les soutiens, la non-qualification pour le deuxième tour laisse un goût (très) amer. Un sentiment d'inachevé. La dynamique qu'a connue leur candidat ces dernières semaines l'a emmené aux portes du deuxième tour. Huit points, selon les estimations, au-dessus de son score de 2012. "Un beau score", relativise une militante, entourée d'Insoumis au visage défait. Tout un symbole. Une insatisfaction, mélangée à l'immense tristesse de laisser le strapontin pour le second tour à l'ennemie jurée, Marine Le Pen.

Cap sur les législatives

Les militants présents au Belushi's et la foule massée dehors y ont pourtant cru jusqu'au bout. Persuadés, ou presque, que les estimations - annoncées comme "serrées" avant 20 heures - tourneraient en leur faveur. Mais la garde rapprochée, elle, composée d'Alexis Corbière, de Raquel Garrido, rapidement envoyés sur les plateaux télé, et d'Eric Coquerel, ne laissait rien transparaître. Finalement, malgré leur imprécision, les estimations auront sans doute raison. Alors désormais, pour la France Insoumise, cap sur les législatives. Avec l'ambition, à terme de pérenniser le mouvement.

"C'est à vous de reprendre le flambeau", lâche Mélenchon, perché sur une chaise devant la foule, encore imposante. Il est 22 heures 30 passées, le candidat disparaît par une porte dérobée.