Brexit : les banques lancent leurs pronostics sur un "no deal"

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Selon les calculs de Rabobank, un hard Brexit coûterait quelque 400 milliards de livres (18% de croissance du PIB) au Royaume-Uni d'ici à 2030, soit 11.500 livres (12.900 euros) par habitant.
Selon les calculs de Rabobank, un "hard Brexit" coûterait quelque 400 milliards de livres (18% de croissance du PIB) au Royaume-Uni d'ici à 2030, soit 11.500 livres (12.900 euros) par habitant. (Crédits : Reuters)
L'incertitude générée par la lenteur des négociations pousse plusieurs banques implantées à Londres à relocaliser leurs activités sur le continent. Certaines, à l'image de Rabobank et de JP Morgan tentent d'imaginer l'issue des négociations ainsi que le coût du Brexit pour l'économie britannique.

Cinq sessions de discussions plus tard, Britanniques et Européens demeurent dans l'impasse. Vendredi, à l'occasion d'une deuxième partie de sommet européen sans le Royaume-Uni, à Bruxelles, les 27 devraient ajourner leur évaluation des progrès réalisés depuis l'ouverture des négociations, en juin. Et repousser l'ouverture de la deuxième phase des discussions, relative à la future relation entre les deux rives de la Manche, que les plus optimistes n'envisagent désormais pas avant décembre. Dans le même temps, le gouvernement britannique assure que le pays se prépare à quitter, s'il le faut, l'Union européenne sans accord.

Face à cette incertitude, plusieurs banques implantées à Londres ont d'ores et déjà annoncé la relocalisation de leurs services sur le continent. Certaines s'essaient d'ailleurs au "jeu" des pronostics, à l'image de JP Morgan. "La possibilité d'un 'no deal' ayant pris une part active du débat politique britannique ces deux dernières semaines, notre confiance (...) a été un peu ébranlée", explique Malcolm Barr, économiste de la banque américaine, dans une note à ses clients citée par l'agence Reuters. Résultat, alors que les négociations portent toujours sur les termes du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, l'établissement bancaire estime la probabilité d'une absence d'accord à 25%, contre 15% auparavant.

"Trois mécanismes suggèrent cependant des limites à l'hypothèse que le Royaume-Uni emprunterait le chemin du 'no deal', tempère la note, publiée lundi.Tout d'abord les actions des entreprises, dans la manière dont elles anticipent un 'no deal'. Ensuite, la prise de conscience publique des implications d'un 'no deal', au moment où cette possibilité est de plus en plus discutée. Enfin, l'attitude des députés britanniques, étant donné qu'une majorité tend à adopter une approche pragmatique plutôt qu'idéologique face au Brexit."

Pour Rabobank, un "hard Brexit" coûterait 12.900 euros par habitant

De son côté, Rabobank a tenté, dans un rapport, d'anticiper l'impact des différents scénarios sur l'économie britannique. Selon les calculs de l'établissement néerlandais, un "hard Brexit" coûterait quelque 400 milliards de livres (18% de croissance du PIB) au Royaume-Uni d'ici à 2030, soit 11.500 livres (12.900 euros) par habitant. Un handicap dû en partie à des volumes d'exportations en baisse de 30% et à un capital de recherche et développement en diminution de 12%, affirme la banque. Les autres scénarios déboucheraient sur une perte de croissance de 12,5% du PIB (9.500 livres par habitant) dans le cas d'une signature d'accord de libre-échange d'ici au 29 mars 2019 et de 10% du PIB (7.500 livres) dans l'hypothèse d'un "soft Brexit", où le pays quitterait l'union douanière mais resterait dans le marché unique.

Pour l'heure, le gouvernement britannique a totalement exclu la troisième option, qui l'empêcherait de limiter la libre circulation des personnes et donc de réduire l'immigration.

A noter par ailleurs que les conclusions de Rabobank sont beaucoup plus pessimistes que celles rendues par le think tank du Parlement européen, lundi. Après avoir établi une moyenne des résultats d'études menées par plusieurs organismes et institutions, dont l'OCDE qui appelle ce mardi à l'annulation du processus pour "sauver l'économie", le rapport conclut qu'un "soft Brexit" coûterait 33,8 milliard d'euros (1,3% du PIB) au Royaume-Uni d'ici à 2030 contre 108,6 milliards d'euros (4,21% du PIB) en cas de "hard Brexit". Le Trésor britannique, lui, se situe entre les deux. A en croire les estimations communiquées, une sortie sans accord coûterait 193 milliards d'euros (7,5% du PIB) au pays.

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a écrit le 18/10/2017 à 10:00 :
La pression des oligarchies continuent de s'accentuer sur May alors que jamais l’Angleterre na connue yn dirigeante qui se préoccupait autant des intérêt de l'ensemble de ses citoyens.

En UE on ne veut que le dogme néolibéral et qu'aucune tête dépasse.

A noter tout de même que dans l'ALENA est prévu une sortie d'un des trois membres, en UE nous étions 27 et aucune sortie prévue. Preuve de l'arrogance de notre oligarchie et du coup de son incompétence et compromission.

Vite un frexit
a écrit le 17/10/2017 à 22:49 :
Tout ce que l'on peut lire dans des sources crédibles, non idéologiques, montre que l'Union Européenne souffrira un peu du Brexit, et le Royaume-Uni énormément (même en cas de "soft Brexit").

Cela montre aussi que l'UE n'a aucun intérêt à chercher à conserver en son sein un
pays devenu un boulet.
a écrit le 17/10/2017 à 20:06 :
un scenario qui va arrver c'est que l'accord n'arrange pas les britons qui finalement ne vont pas sortir......... ce qui est triste car la perte d'influence sera colossale et durable, et peut etre qu'il faudra faire une croix sur les rabais!
a écrit le 17/10/2017 à 19:44 :
J'avoue que je suis surtout intéressé par des estimations du coût d'une absence d'accord pour les pays de l'union européenne. Imaginer que ça ne va coûter qu'aux Angloys n'est pas réaliste. Tout ce qu'ils achètent, ils l'achètent à quelqu'un.

Le coût global m'intéresse, mais aussi le coût pour l'Allemagne et le coût pour la France, vu que je pense que si le coût pour ces deux pays reste relativement faible, les probabilités d'une absence d'accord sont plutôt fortes. Prétendre que les chances d'une absence d'accord ne sont conditionnées que par l'Angleterre n'est pas plus réaliste que prétendre que le Brexit n'aura de conséquences que pour cette même Angleterre.
Réponse de le 17/10/2017 à 21:39 :
Ce qu'ils achètent, ils l'achètent parce qu'ils ne le produisent pas (et non l'inverse), ils devront continuer à le faire, simplement ça leur coûtera plus cher. En attendant je constate que c'est au RU chez Vauxhall que PSA a commencé à licencier pour ramener Opel/Vauxhall à la rentabilité.
Réponse de le 18/10/2017 à 13:11 :
Bien sûr qu'ils achètent ce qu'ils ne produisent pas, mais l'idée c'est que si ça nous rapporte qu'ils ne produisent rien, c'est que c'est à nous qu'ils achètent ce qu'ils consomment. Si demain le Brexit fait que nos prix deviennent trop élevés, les Anglais iront dépenser ce qui leur restera d'argent ailleurs (au hasard, aux Etats-Unis ou en Catalogne, avec les autres populiste ultra-nationalistes, mais qu'importe tant que c'est ailleurs).

Je maintiens donc que penser que ce ne sera négatif que pour les Britons est une farce.
Réponse de le 19/10/2017 à 13:50 :
Les exportations vers l'UE représentent 50% des exportations de biens et services britanniques (et 8 voitures sur 10 produites au RU sont exportées). Même pour la France et l'Allemagne le RU ne représentent qu'un bon 10% de leurs exportations (elles ne tomberont de toutes façons pas à 0 même en cas de sortie sans accord). Autrement dit économiquement parlant, le RU a beaucoup plus à perdre que le reste de l'UE au brexit. D'autant plus que même étant dans l'UE, rien n'aurait empêché le Royaume-Uni de chercher d'autres débouchés que l'UE...

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