L’ambition d’En Marche crée des frictions entre Paris et Berlin

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(Crédits : POOL)
À la veille d'un Conseil européen censé évoquer la relance stratégique du projet européen, la rivalité politique de plus en plus directe entre En Marche et la CDU rend l'échange entre France et Allemagne délicat.

« Que Juncker remercie son chef de cabinet, cela n'a rien d'anormal ». Début mars, le sujet Selmayr n'en était pas un pour cette source haut placée du gouvernement français, qui ajoutait que les « Français n'ont rien à faire de la nomination de Martin Selmayr, c'est vraiment une obsession de la bulle bruxelloise ».

Selmayr, une étape parmi d'autres

Après l'explosion de colère des eurodéputés, et le ralliement général de tous les élus français pour critiquer sévèrement la nomination en question, le ton a changé. Lors des questions au gouvernement, le 14 mars, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a souligné que la Commission européenne se devait d'être exemplaire et transparente dans son recrutement.

Les droites françaises et allemandes, les Verts, les socialistes, l'extrême-droite comme l'extrême-gauche, tous ont dénoncé à Strasbourg le coup de force, le coup d'État ou l'insulte faite à l'Europe dans cette nomination cavalière.

Alors que l'Élysée s'est embarqué dans un jeu de billard compliqué sur le futur des institutions européennes, l'arrivée brutale d' un membre de la CDU au poste de secrétaire général de la Commission européenne n'était au départ, pour Paris, qu'une étape parmi d'autres.

Car malgré les apparences de concorde soulignées par la venue d'Angela Merkel à Paris le 16 mars, le mouvement En Marche est à couteaux tirés avec la droite allemande. Laquelle lui reproche ses ambitions européennes tous azimuts.

« Les élections italiennes, échec de l'Europe gouvernée par le PPE »

Ce que Pieyre-Alexandre Anglade, député français En Marche en charge des alliances avec les autres partis européens, ne nie pas.

« Notre analyse, c'est qu'au sein de la droite, il y a un bloc monolithique qui ne veut rien bouger et rien changer : ils finiront sans doute par se rapprocher du parti des conservateurs et réformistes (CRE), qui va devoir faire face au départ des conservateurs britanniques. Mais il y a aussi une frange importante qui souhaite changer d'Europe : les élections italiennes sont un avertissement. L'UE a abandonné l'Italie face à la crise migratoire : c'est l'échec de l'Europe gouvernée par le PPE », tacle le jeune élu.

Côté français, le revers politique au sujet des listes transnationales est resté en travers de la gorge du président français.

Le 7 février, le Parlement européen avait en effet rejeté l'idée d'une liste transnationale portant sur 46 sièges de l'assemblée européenne. Au total, 368 eurodéputés avaient voté contre le projet, et 274 pour, en raison d'un rejet massif du premier parti de la chambre, le Parti populaire européen. Seuls 26 élus du parti de droite avaient alors opté pour les listes transnationales, dont trois Français, Tokia Saïfi, Jérôme Lavrilleux et Arnaud Danjean.

Le poids politique mis par l'Allemagne contre le projet avait tout particulièrement irrité côté français. Un agacement qui a accéléré l'ouverture de la bataille pour les élections européennes, matérialisée par des contacts tous azimuts au sein du PPE. Au point que le président du Parti de droite, le Français Joseph Daul, a tenté de mettre le holà en mettant en garde directement le président français : pas touche au PPE !

L'Allemagne soutient Christine Lagarde dont Macron ne veut pas

Du côté de la chancellerie allemande, l'inquiétude est aussi réelle sur le futur de la droite, chasse gardée d'Angela Merkel depuis des années. La chancelière tenterait d'amadouer Emmanuel Macron en soutenant une présidence française à la tête de la prochaine Commission européenne, à condition qu'il s'agisse de Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

« L'Allemagne veut choisir le prochain président français de droite de la Commission européenne », persiffle, agacée, une source bien informée des arcanes bruxellois.

La France n'envisage pas pour l'heure l'hypothèse Lagarde, même si l'idée d'une présidence française ne déplait pas à Paris. Quitte à devoir soutenir un secrétaire général de la Commission CDU et allemand alors que celui du Parlement européen est déjà un Allemand, Klaus Welle, lui-même originaire de la CDU et ancien secrétaire général du PPE.

Klaus Welle est aussi l'ex-collaborateur du président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, qui l'avait placé juste avant de partir, en mars 2009, comme l'ont souligné cette semaine les syndicats du Parlement européen.

Sans compter les têtes d'affiche du Parlement européen : les groupes parlementaires actuels ont à leur tête de nombreux Allemands, à commencer par le Parti populaire européen, avec Manfred Weber, mais aussi le parti des sociaux-démocrates, qui devrait mettre Udo Bullman à sa tête d'ici la fin mars, en passant par les Verts, dont la présidence est co-détenue par Ska Keller, jusqu'à la gauche radicale, dirigée par Gabi Zimmer.

Des frictions sur les questions de régulation bancaire

« Ce serait quand même logique de tenter de rétablir l'équilibre politique ! Ce n'est pas parce que l'Allemagne a la première délégation d'élus qu'ils doivent gouverner l'Europe », s'agace un eurodéputé, qui déplore une communication de moins en moins facile avec l'Allemagne sur différents sujets, notamment économiques où la compétition Paris / Francfort après le Brexit a tendu les positions.

La discrète obtention, par Paris, de l'Autorité bancaire qui déménage de Londres à Paris alimente la rancoeur entre les deux pays. Alors que Paris envisage de loger la nouvelle autorité dans les mêmes locaux que l'Esma, l'autorité des marchés financiers déjà présente à Paris, Berlin craint qu'un pôle de régulation ne se forme en France.

Ce qui nuirait à l'influence de la place de Francfort. Des préoccupations qui se traduisent par une certaine frilosité allemande dans les négociations en cours au Parlement européen sur la régulation de l'autorité bancaire après sa relocalisation. Le texte en discussion insiste sur la séparation des trois autorités de régulation (Esma, Eba et Eiopa pour l'assurance) et regrette aussi que le Parlement n'ait pas été consulté sur le sujet de la relocalisation de l'autorité en question, chasse gardée du Conseil européen.

Les discussions vives entre les deux pays sont certes courantes, mais la réforme de la zone euro promise de longue date, sur laquelle Merkel et Macron se sont de nouveau engagés mi-mars, risque de pâtir de cet état de fait.

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a écrit le 21/03/2018 à 14:08 :
"Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage"
a écrit le 20/03/2018 à 7:24 :
Ce jeu de chaise musicale à la tête d'un organe technocratique non élu qui n'a aucune liaison avec les nations représente bien toute l'ineptie de cette construction dont les fondateurs n'ont pas voulu : un édifice techno-financier ultra libéral et fédéraliste avec le tandem Macron/Merckel en tête des dévoyés.
Je n'ai absolument aucun doute, l'UE est sur son déclin et vit sans doute les dernières heures de son dévoiement tant les peuples n'en veulent plus et la rejette.

Voici ce que j'en dis depuis longtemps.

Alors que beaucoup de petits pays ont survécu sans profonde modification, la quasi-totalité des grands empires a disparu ou ils se sont modifié au point de ne plus ressembler du tout à l'état de leur apogée. Même s'ils ont marqué l'humanité en laissant un héritage deci-delà, aucun n'a réussi à tenir dans le temps.
Sans que la liste soit exhaustive, ne serait ce que touchant une partie seulement de l'Europe, les plus importants sont les suivants :
- Le royaume de Macédoine et l'hellénisme d'Alexandre le Grand
- l'empire achéménide de la Perse antique
- l'empire romain de la Britannie à la Mésopotamie
- le califat des Omeyyades de l'Espagne à la Turquie
- le saint empire romain germanique succédant à l'empire carolingien
- l'empire ottoman d'Aden à Budapest
- l'empire britannique – le plus grand empire colonial de tous les temps
- le premier empire français de Napoléon Bonaparte
- l'URSS succédant à l'empire russe et précédant la fédération de Russie.

Alors qu'ils ont été éphémères, on voudrait nous faire croire aujourd'hui que l'Union européenne assemblée en union fédérale techno-libérale cimenterait un empire destiné à durer.

Je n'en crois absolument rien.

Les politiques qui nous mènent vers cette destinée ont tous oublié que les empires finissent tous par se démanteler pour ne pas avoir rejoint les attentes des populations attachées à leur identité, leur indépendance, leur culture, leurs racines et passé millénaires.
Quand ni Charlemagne, ni Charles Quint ni Napoléon Bonaparte n'ont réussi à fédérer les nations et territoires d'Europe de l'Ouest, ce ne sont pas des marchands ultra-libéraux qui réussiront là où des hommes dont le profit mercantile n'était pas le moteur ont échoué.

Ainsi tout ce que je peux penser et dire est de ne pas chercher à bâtir un conglomérat contre la volonté des peuples.
Sans même préjuger de leur réaction, ces derniers finiront par reprendre leur destin en main et règleront leurs comptes avec ceux qui les auront trompé. A de rares exceptions, l'Histoire a démontré que ces ruptures s'exerçaient dans des violences inouïes.
Je ne cesserai jamais de rappeler qu'un homme, un seul, avait vu juste et savait qu'un empire européen ne peut pas être viable. Il s'agit bien sûr de Charles De Gaulle qui réfutait toutes formes fédérales de l'Europe chères à Jean Monnet, ce liquidateur de la souveraineté et de l'indépendance française. Voici ce que De Gaulle disait à ce propos :

- Ce qu'il disait en 1953 :
« La réalité est que l'Europe se compose de nations. C'est à partir de ces nations qu'il faut organiser l'Europe.
Sur la base de cette alliance, il faut bâtir une Confédération, c'est à dire un organisme commun auquel les divers Etats, sans perdre leur corps, leur âme, leur figure, délèguent une part de leur souveraineté en matière stratégique, économique, culturelle. »

- Il complétait en 1963 avec ceci :
« Tout système qui consisterait à transmettre notre souveraineté à des aréopages internationaux serait incompatible avec les droits et les devoirs de la République française. Mais aussi, un pareil système se trouverait, à coup sûr, impuissant à entraîner et à diriger les peuples et, pour commencer, le nôtre, dans des domaines où leur âme et leur chair sont en cause. Cette abdication des Etats européens, en particulier de la France, aboutirait inévitablement à une sujétion extérieure. C'est, d'ailleurs, pour éviter une telle inconsistance et, de ce fait, une telle dépendance, que nous tenons à voir l'union de l'Europe constituée par des nations qui puissent et veuillent réellement lui appartenir. »

Quant à nous, citoyens moyens anonymes rendus muets par nos dirigeants qui nous jugent incapables de choisir comme les monarques de droit divin d'antan jugeaient leurs sujets, demandons nous si cette classe de nouveaux nobliaux nous a bien demandé notre avis sur la direction qu'ils nous imposent. Demandons nous s'ils ont bien respecté les préceptes de la constitution de 1958, à savoir le gouvernement du peuple, par le peuple pour le peuple, et la souveraineté représentative des élus nationaux égale à celle du peuple par le référendum ?

Pour ma part, la réponse est NON !

Le traité de Maastricht a été une vaste tromperie passée de justesse avec un peu plus de 50 % de voix favorable sous Mitterrand.
Le projet de constitution européenne a été rejeté sous Chirac.
Le traité de Lisbonne a été ratifié sans aucun accord de la nation par Sarkozy.
L'intégration d'un 101° département (Mayotte) dans la République a été décidée par le seul quidam Sarkozy sans les français.
La casse de tous les services publics et leur ouverture à la concurrence sous les ordres de Caïus Julius Bruxellus se passe sans nous pour le plus grand profit des copains à la tête de l'UE.
Les grands accords internationaux ne nous sont pas soumis.
Le Président Macron, mal élu par moins du tiers des français et par rejet des autres candidats, partisan du fédéralisme de l'UE, nous y engage sans nous demander le moindre avis.

Depuis la disparition de De Gaulle, vivons nous une vraie démocratie ? Elle n'est ni athénienne ni helvétique. Quel est son nom au juste ? La monarchie des apparatchiks ! La tyrannie des financiers internationaux et des techno-ultra-libéraux mondialistes.

Rien, rien à voir avec les peuples.
a écrit le 19/03/2018 à 19:05 :
La France et l'Allemagne doivent agir ensemble pour concevoir une fiscalité commune pour les entreprises. Sinon, la France disparaît.
Réponse de le 19/03/2018 à 23:16 :
Croyez-vous vraiment à cela? Je n'y crois plus du tout. L'Allemagne a joué selon son intérêt depuis 17 ans. Il existe des différences de situation qui mettrons 20 à 30 ans pour etre rapprochées. Je ne crois pas qu'un alignement de fiscalité ai un sens, alors que seul une inflation importante redonnerai du pouvoir d'innovation pour la population française jeune et dynamique. Nous restons avec des boulets de dettes "à l'allemande" qui n'avantagent que ceux qui ont besoin d'une économie de rente. Les problèmes démographiques majeurs qu'affrontent les allemands mettront 20 à 30 ans à se résorber. Le pb de dettes auquel est confronté la France mettra aussi longtemps à se régler... Un alignement de fiscalité n'y changerai pas grand chose ou alors très lentement. Nos vies n'aurons servies à rien, à part à gérer les pb créés par Chirac et Mitterand (évasion fiscale géante, dettes souveraines, paupérisation des classes moyennes, déclassement industriel). C'est terriblement nul! Et on nous propose encore et toujours de continuer avec les mêmes gens, en faisant les mêmes choses et en servant les mêmes rentiers. C'est... absurde!?
a écrit le 19/03/2018 à 17:41 :
Macron va vite rentrer dans le rang et obéir comme ses prédécesseurs à la kaiserin...
a écrit le 19/03/2018 à 17:38 :
Encore une fois on mélange allègrement l'Europe qui est un ensemble culturel et géographique multi-millénaire et ... une aberration technocratique construite en dépit du bon sens, avec chaque pays qui pense vivre au dépend des autres.
Le député LREM ne semble pas avoir compris que l'Italie ne souffre pas que des problèmes de migration mais de problèmes économiques majeurs qui sont antérieurs.
Si vous regardez les statistiques de l'industrie italienne avant l'introduction de l'Euro vous vous rendrez compte que l'Italie était devant l'Allemagne ... oui, vous avez bien lu.
Est-ce qu'ils étaient meilleurs ? pas sûr ... mais ils dévaluaient la lire quand ils avaient un problème... avec l'Euro on a fait un cadeau monumental à l'Allemagne avec une monnaie trop faible par rapport à son Deutche Mark, du coup l'Allemagne a siphonné les autres industries: France, Espagne, Italie ... plus des réformes Shroder dures.
L'EU est condamnée STRUCTURELLEMENT parce que des politiques ont monté un monstre bureaucratique sans tenir compte des lois économiques empiriques.
Réponse de le 19/03/2018 à 19:25 :
Excellente analyse, merci beaucoup de la partager avec nous.
a écrit le 19/03/2018 à 17:38 :
On remet une pièce dans le machin... C'est plutôt amusant à voir. L'Europe, c'est marrant, mais c'est aussi bien bloqué et verrouillé. Les Allemands n'accepteront rien. Ce qui est amusant, c'est que chaque nouvel élu président Français remet une pièce dans la machine et donne un bidule aux allemands avant de se résigner à leur programme de rentiers. Ce coup-ci, c'était Alstom, que Sarkozy avait au moins essayé de garder. Hollande et Macron l'ont laissé aux américains et aux allemands. Bref... (Et eux, qu'est-ce qu'ils nous ont donné en échange?!? Attention, top secret! RIEN)
Macron va essayer de bricoler un truc a coup de libéralisme en bridant un peu fonctionnaires et retraités afin que les investisseurs reviennent. On verra bien ce que ça donne vraiment. Selon la presse, c'est top et ça fonctionne du tonnerre! Le coup de foudre de BlackRock! +10 usines, sisisi!!! J'attends de voir du côté des stocks d'IDE...
Au bout du compte, j'espère que ces gens vont enfin se poser les bonnes questions, au lieu de compter sur des partenariats chimériques: "Mettre la France en bon ordre et ne compter que sur nos forces pour nous redresser" puis nous rejoindrons ceux qui le souhaiterons, mais à nos termes ou en des termes qui nous satisfont. Pour l'instant, jouer avec les allemands, qui n'ont que l'idée d'un coq à plumer quand ils nous regardent, me paraît profondément absurde. Achetons en Chine ou en Inde les machines outils ou les robots qui nous manquent, surtaxons sous des prétextes écologiques ou autres tous les biens provenant d'Allemagne, continuons à développer un partenariat militaire avec les Anglais et les Indiens. Ca a du sens. Il faut que les Allemands ne se sentent plus en pays conquis ici et... On en est loin!
Avec les Allemands, on ne peut rien faire, car ils nous prennent de haut. Tant qu'ils ne changent pas de regard à notre égard, toute poursuite des discussions pour refonder le machin dit "Europe" est vaine. L'Europe rêvée par les citoyens français est morte, emportée par les délocalisateurs et les libres échangistes qui l'ont détournée à leur profit, isolant les citoyens par tous les moyens afin de gagner toujours plus en se souciant toujours moins du bien commun.
Mais bon, à chaque fois on se retrouve avec les mêmes élus souscrivant à une forme de la pensée magique: "Avec moi, ce sera différent! Les Allemands vont collaborer!" Tout cela n'est pas sérieux. Les Allemands ne collaboreront jamais avec nous. Ils nous prennent d'abord pour des imbéciles, pour un peuple décadent, mais... Avec le sourire!
Réponse de le 19/03/2018 à 19:27 :
Exactement et comme on l'a vu lors de la crise grecque les dirigeants des pays du nord ont tendance à observer les peuples du sud avec mépris, rien que ça prouve que cette UE n'est qu'une sinistre farce financière.
a écrit le 19/03/2018 à 17:35 :
"c'est l'échec de l'Europe gouvernée par le PPE », tacle le jeune élu".

Ce jeune élu LREM se réjouit pourtant d'appliquer ici la loi travail ou la réforme de la SNCF qui vient de cette Europe gouvernée par le PPE.
a écrit le 19/03/2018 à 17:33 :
Modus vivendi (toujours) en cours chez les singes:...Pour chaque singe une branche!...,et, chaque singe dans sa branche!...
a écrit le 19/03/2018 à 15:19 :
Il y a une place à prendre. La CDU et ses partis vassaux du Parti Populaire Européen (le PP de Rajoy, le parti de Berlusconi...) sont sur tous sur le déclin. Le PPE gouverne l'Europe depuis 20 ans et contrôle sa bureaucratie, tout en multipliant les conflits d'intérêt. Ce parti se complaît dans l'immobilisme. Si En Marche se dégotte quelques alliés (par ex. Ciudadanos ou une coalition M5S Parti Démocrate en Italie), il y a là de quoi jouer la carte du dégagisme comme en France l'année dernière.
Réponse de le 20/03/2018 à 0:20 :
Le dégagisme comme seul projet politique, ca fait lège; surtout quand la grande ambition de Macron et de son parti croupion se résume à appliquer à la lettre les GOPE de la commission.
a écrit le 19/03/2018 à 13:11 :
Macron vit dans l'illusion.

Quand son prédécesseur avait été élu sur fond de crise aigüe de l'€, il avait aussi en projet de réformer l'Europe avec l'appui des pays du Sud, afin de rééquilibrer les priorités européennes en matière de social et de financier. l'Allemagne avait tout de suite fait dynamiter le projet et Hollande avait dû faire avec tout en travaillant à la résorption du déficit français (ce qu'il a plutôt bien réussi).

Macron lui vit dans l'illusion qu'il lui suffira de rentrer dans les 3% de déficit pour devenir le caïd de l'Europe à cause de sa com tapageuse et son langage fleuri... C'est un énorme péché d'arrogance et mal connaître les allemands.
Ils l'ont entendu discourir au Reichstag et s'en sont fait une idée: creux et vaniteux.

Les réformes Macron n'auraient eu une petite chance de réussir qu'avec une confiance totale de l'Allemagne et des partenaires europhiles. On en est très loin. Angela se défie de Macron et il y a une douzaine de gouvernements euro-sceptiques à la commission qui vont tout bloquer.
Réponse de le 19/03/2018 à 14:36 :
@Il n'y aura pas de réformes 19/03/2018 13:11
Assez d'accord avec vous. De toute façon, tant que la France n'aura pas fait les efforts budgétaires nécessaires, ce qui signifie pour moi budget à l'équilibre, et nous en sommes très très loin, elle restera inaudible sur le plan économique.
Cordialement
a écrit le 19/03/2018 à 13:08 :
Comme d'habitude, tout va bien en UE... Merci pour cet article rare et qui donc restera référant longtemps sur la toile, c'est l'avantage de toutes les fakes news sur internet, les articles intelligents et argumentés de la sorte sont une véritable bouffée d’air frais de grande qualité.

Entre la vieille droite allemande conservatrice et réactionnaire qui a prit l'europe en otage pour les seuls intérêts de l'allemagne et la droite de macron pro-marchés financiers, à savoir pro finance et pro rentes, difficile de faire un choix hein, avec aucun des deux on ne peut aller quelque part.

Nos dirigeants européens ne sont que de simples serviteurs et cela se voit de plus en plus, ils se resserrent chacun sur les intérêts de leur réseau et au final l'europe n'est plus qu'un champ de bataille entre réseaux épuisant chaque jour un peu plus ses ressources.

Vite un frexit, on peut encore je pense demander une union avec le RU et les USA.

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