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Les affaires d’expatriation fiscale ternissent l’image des banques privées

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 27 mars 2014 à 16:59 - Mis à jour le 27 mars 2014 à 18:05

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Pas moins de 42% des Français interrogés par OpinionWay pour SwissLife Banque Privée estiment que les banques privées incitent davantage à la fuite de capitaux à l’étranger qu’au rapatriement en France de fonds délocalisés sous des cieux fiscaux plus cléments.

Voilà une enquête qui devrait intéresser les banques françaises, nombreuses à vouloir pousser leurs feux dans la banque privée, à savoir la gestion du patrimoine de personnes aisées. La société française SwissLife Banque Privée - détenue à 60% par l'assureur SwissLife et par la société d'intermédiation financière Viel & Cie (40%) - a publié ce jeudi 27 mars son premier observatoire de la banque privée.

Un sondage réalisé par l'institut OpinionWay, auprès de 310 ménages français disposant de plus de 72.000 euros de revenus nets annuels, déjà clients ou non de banques privées. L'objectif de cette étude : "Evaluer la perception de la banque privée en France, afin d'anticiper les tendances de ce métier dans l'Hexagone", explique SwissLife Banque Privée.

La moitié des ménages interrogés pensent pouvoir devenir clients de banques privées

Que BNP Paribas, la Société générale et autres aspirants au développement de leur métier de banque privée se rassurent, celui-ci présente effectivement un véritable potentiel : les Français disposant de plus d'un million d'euros d'actifs financiers ont vu leur patrimoine progresser de 3,5% par an de 2007 à 2011 (dernières données disponibles), à 389 milliards d'euros au total, selon un rapport du BCG (Boston Consulting Group).

Et, d'après le sondage conduit par OpinionWay pour SwissLife Banque Privée, la moitié des ménages interrogés estiment pouvoir devenir un jour clients de banques privées, sur la base d'un ticket d'entrée qu'ils évaluent - assez correctement - à un peu moins de 500.000 euros d'actifs financiers.

42% des sondés estiment que les banques privées incitent à la fuite de capitaux

Voici pour la bonne nouvelle. Là où le bât blesse, c'est que l'image des banques privées demeure entachée par de récents - et retentissants - scandales d'évasion fiscale. "Des personnalités ont été prises la main dans le sac, ce qui a mis en exergue les noms de certaines banques privées", regrette Tanguy Polet, directeur général de SwissLife Banque Privée.

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De fait, l'an dernier, la fameuse affaire Cahuzac - du nom de l'ex-ministre français du Budget inculpé pour blanchiment de fraude fiscale - avait jeté une lumière crue sur les banques genevoises UBS et Reyl & Cie. Aussi 42% des Français sondés par OpinionWay estiment-ils que les banques privées "incitent plutôt à la fuite des capitaux à l'étranger" qu'au rapatriement en France des fonds partis sous des cieux fiscaux plus cléments.

Des banques qui conseillent à leurs clients de déclarer leurs actifs à l'étranger

 "La banque privée pâtit encore de cette image, même sur sa clientèle cible", déplore Tanguy Polet. Pourtant, se défend le directeur général de SwissLife Banque Privée, "les banques privées, comme les notaires et les avocats, doivent déclarer (au fisc) tout soupçon de blanchiment de capitaux. Sinon, leurs dirigeants risquent de faire l'objet de sanctions pénales très fortes." "Lorsqu'un client possède des actifs à l'étranger, nous lui recommandons de les déclarer au fisc français", insiste Tanguy Polet. Et de les rapatrier dans l'Hexagone ?

"La seule hypothèse dans laquelle nous conseillons aux clients de laisser leur capitaux à l'étranger - tout en les déclarant à Bercy -, c'est lorsqu'ils ont besoin d'une gestion financière très spécifique, comme l'inclusion d'actions de leur propre entreprise dans des contrats d'assurance-vie, ce que ne permet pas la réglementation française, contrairement à celles en vigueur en Suisse et au Luxembourg",

explique le dirigeant de SwissLife Banque Privée. Qui juge en revanche que, dans le cadre d'une gestion de bon père de famille, la délocalisation des capitaux dans ces deux paradis fiscaux présente « un intérêt assez faible, les taux français étant supérieurs à ceux de la Suisse et du Luxembourg. »

Moins des deux tiers des sondés qualifient de « forte » la relation avec leur banque privée

Autre résultat de l'étude auquel SwissLife Banque Privée ne s'attendait pas vraiment, un peu moins des deux tiers des sondés qualifient de "forte" ou "solide" leur relation avec leur banque privée. Une proportion apparemment élevée, mais "un bon score tourne habituellement autour de 70%", souligne Charles-Henri d'Auvigny, directeur général chez OpinionWay. Pis, près d'un tiers des personnes interrogées estiment que leur relation avec leur banque privée n'est pas meilleure, voire de moins bonne qualité, que celle entretenue avec une banque de détail classique.

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 "C'est un étonnement et un véritable enseignement, pour moi. Ces perceptions ne font pas du bien au secteur", reconnaît Tanguy Polet. Pour qui il existe dans chaque établissement "une zone grise de clients pas assez rentables pour se voir offrir tous les services de la banque privée, mais cependant suffisamment rentables pour être conservés." Chez SwissLife Banque Privée, il s'agit des personnes disposant de "tout juste" 250.000 euros de patrimoine financier, le minimum requis pour prétendre devenir client de la banque. Pour cette clientèle-là, "une offre adaptée doit être construite", admet Tanguy Polet.

Christine Lejoux

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