Société Générale va regrouper en France ses 35 milliards d'euros d'actifs toxiques

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Société Générale se prépare à regrouper ses actifs toxiques en France dans une structure dédiée. Hors produits dérivés, ces instruments risqués et illiquides présentent une valeur comptable de 35 milliards.

Comme la Tribune l'a révélé jeudi soir sur son site Internet latribune.fr, Société Générale a confirmé se préparer à regrouper ses actifs toxiques en France dans une structure dédiée. Hors produits dérivés, ces actifs risqués et illiquides présentent, selon nos informations, une valeur nominale de 45 milliards d'euros, pour une valeur comptable, après provisions, de 35 milliards.

"Nos actifs illiquides sont gérés par une équipe unique depuis plusieurs trimestres afin de diminuer notre profil de risque, a indiqué ce jeudi une porte parole du groupe interrogée par La Tribune. Ils étaient enregistrés sur plusieurs localités. Nous procédons à une centralisation opérationnelle sur Paris de ces actifs au sein d'une structure juridique unique pour réduire notre risque opérationnel". Selon nos informations, l'opération permettra en outre une intégration fiscale totale, alors que certains de ces actifs sont aujourd'hui localisés à New-York, Londres et même Sydney. En clair, Société Générale pourra ainsi défalquer les pertes liées aux actifs toxiques de son résultat imposable en France.

Le projet, qui doit être présenté au comité central d'entreprise le 14 janvier, se déroulera en deux phases. Une filiale dénommée Inter Europe Conseil (IEC) sera d'abord vidée de ses activités, qui doivent être transférées à une autre structure, Génébanque, d'ici fin mars. IEC, choisie à cet effet car elle dispose déjà d'un agrément bancaire, récupèrera ensuite les actifs toxiques, aujourd'hui logés dans le bilan de SG CIB, et sera entièrement dédiée à leur gestion. Une opération qui pourrait prendre jusqu'à fin juillet, voire fin octobre. "De tels transferts exigent le renouvellement des contrats avec les contreparties, qui sont le plus souvent conclus de gré à gré", indique un spécialiste consulté par La Tribune.

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Commentaires
a écrit le 12/01/2010 à 20:56 :
A ordonez - les contribuables n'ont rien renfloué - l'Etat a avancé des fonds aux banques pour simplifier, ce qui a largement permis d'alimenter les rectte fsicales du budget de l'Etat. Merci de critiquer honnêtement
a écrit le 09/01/2010 à 4:28 :
La BNP a t elle le même niveau de risques.

Mais je croyais que tous les actifs toxiques avaient été nettoyés dans les banques françaises?
a écrit le 08/01/2010 à 19:45 :
De mieux en mieux, après Kerviel et les pertes fiscales attachées à cette sordide carence de "gestion", voilà que maintenant cette banque choisit un territoire de défaisance peuplé des contribuables qui l'ont renflouée..."Ils sont là pour nous aider", on est rassuré ......
a écrit le 08/01/2010 à 14:29 :
QUITTEZ VITE LE NAVIRE PENDANT QU IL EN EST ENCORE TEMPS.
a écrit le 08/01/2010 à 12:43 :
Un peu étonant comme analyse... Les actifs ne pourront être transférés dans une nouvelle structure qu'à leur prix de marché actuel (ou alors c'est un acte anormal de gestion qui est sanstionné par la loi) donc personne ne sait si l'évolution future dégaera un gain ou une perte. Si c'est une perte, effectivement, la SG pourra les imputer sur le profit de ses autres BU. Si c'est un gain, ils paieront des impôts en France.
a écrit le 08/01/2010 à 12:24 :
Après avoir équilibré ses bilans et spéculé en bourses avec l'argent des contribuables la banque va amortir ses pertes sur le dos des mêmes contribuables.
a écrit le 08/01/2010 à 10:49 :
Ne serait il pas judicieux de clore ses comptes à la sSociété Générale ?
a écrit le 08/01/2010 à 10:05 :
Comme l'indiquent JRE, et JIFANES, ci-dessous, c'est bien encore une entourloupe, qui consiste à engranger des revenus, dans les pays à faible imposition, et à rapatrier en France les pertes, pour les soustraire des impôts à verser à Bercy. Quelles réactions vont avoir nos gouvernants, Députés, et Sénateurs, à ce qui ressemble à une filouterie.? Il doit exister des moyens ( ou les créer) pour interdire ces pratiques, et les sanctionner lourdement, au niveau de "la triche".
a écrit le 08/01/2010 à 10:05 :
Scandaleux et ce sera au contribuable français de payer. D'autres pays qu font rentrer de l'argent, 100 miliards l'Italie, des actifs, chez nous c'est de la merde toxique. Bravo !!!!
a écrit le 08/01/2010 à 9:40 :
Est-ce que ces actifs toxiques ne vont pas se retrouver dispersés dans les différents FCP de la SG, sur le dos des clients ?
a écrit le 08/01/2010 à 9:25 :
Que peut faire Bercy pour éviter que les filiales soient rapatriées lorsqu'elles sont en déficit? Lorsqu'un régime est choisi on s'y tient pour 10 ans, on revoit les règles des filiales et des prix de transfert?? Le rôle de Bercy est bien de faire rentrer l'argent et les multinationales en brassent énormément. Ce que ne paie pas la SG est cependant reporté sur nos impôts...
a écrit le 08/01/2010 à 8:43 :
l'ardoise semble déjà astronomique (plus de 2 fois le célèbre Crédit Lyonnais !) mais que cache la phrase "hors produits dérivés" ???

Heureusement que les banques françaises étaient "saines" et que le grassement payé Mr Bouton, se présentait comme expert mondial du contrôle dse risques !
Que doivent cacher encore les bilans des "grandes banques mondiales" qui vont encore distribuer de colossaux bonus !
J'espère que les journalistes économiques sauront décrypter leurs bilans 2009 (sans passer sous le tapis, comme une poussière à cacher les "hors-bilan")
un citoyen, aujourd'hui retraité, au bord de la révolte
a écrit le 08/01/2010 à 7:59 :
Le post de Jifanes explique bien la réalité des choses, les opérations sont faites à partir d'entités localisés dans des pays aux regles fiscales plus interessantes et rappatriés en France pour déduire les pertes d'une taxation locale trop contraignante sur les bénéfices. L'Etat Français et le fisc devrait étudier de pres ce montage. Sans faire d'amalgame une chasse aux sorcieres concernant les évadés fiscaux particuliers permet il de cacher cette tolérance, incompétance ou pire complésance vis à vis des grands groupes nationaux ou au contraire la mettra elle en exergue ? A nos médias de réagir
a écrit le 07/01/2010 à 21:54 :
Certains pensent que la banque est une activité routinière, noyée dans la paperasse et les additions comptables. D'un ennui mortel ! Mais ils se trompent ! Grâce à la Société Générale, on sait que la banque est une activité pleine d'adrénaline où un salarié peut perdre plus de 4 milliards d'euros sans plus de surveillance qu'un mécanicien qui égare un boulon dans un garage. Grâce à la Société Générale (et à ses concurrentes américaines, anglaises, islandaises, etc.), on a appris qu'on peut jouer de l'argent qui n'est pas le sien. Grâce à la Société Générale, on comprend maintenant qu'on peut surfer sur les formalités comptables pour multiplier les profits, qu'on peut les délocaliser se soustraire aux impôts nationaux et qu'on peut relocaliser les pertes pour les déduire du résultat imposable.

La banque c'est une grande aventure. Il suffit de passer "de l'autre côté du miroir" pour le comprendre.

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