Londres : les investisseurs misent (prudemment) sur une reprise des introductions en Bourse
Guillaume Renouard, à Londres.
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Guillaume Renouard, à Londres.
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Avec ses hautes tours de verre et ses canaux artificiels, le quartier de Canary Wharf a de faux airs de Singapour, l'écrasante chaleur tropicale en moins. Ce quartier d'affaires moderne, situé à l'est de Londres, a été construit au début des années 2000 pour accueillir des bureaux d'entreprises. À l'ère de la pandémie et du télétravail généralisé, beaucoup ont annoncé sa mort imminente. Mais le quartier a tenu bon et connaît aujourd'hui un vent de dynamisme, porté à la fois par un retour en force du travail au bureau et une diversification au profit de logements, restaurants, salles de sport et bars qui restent ouverts en dehors des heures de travail.
Beaucoup espèrent désormais que la Bourse de Londres, fortement ébranlée par le choc post-pandémie, renaisse à son tour de ses cendres. La chute a été rude : de son pic historique de 125 entrées en bourse en 2025, la Bourse de Londres est tombée à 17 l'an dernier. Pis ! En 2024, pas moins de 88 entreprises ont quitté l'index londonien ou déplacé leur cotation principale vers une autre place boursière, en particulier New York.
Plusieurs éléments permettent toutefois d'être raisonnablement optimiste. Depuis le début d'année, les fonds d'investissement britanniques ont recommencé à recevoir des flux nets de capitaux après trois ans de déclin. Plusieurs entreprises de premier plan envisagent en outre de s'introduire à Londres dans les prochains mois, dont le spécialiste du logiciel norvégien Visma, la néobanque Monzo et le géant chinois de la mode éphémère Shein. La néobanque Revolut hésite pour sa part entre Londres et New York.
Une embellie qu'entrevoient également plusieurs experts sur le terrain. C'est le cas de Christopher Clark, directeur de Definitum Search, un chasseur de têtes londonien qui travaille notamment avec des cabinets d'avocats cherchant à recruter des talents en prévision d'une fusion-acquisition ou d'une entrée en bourse. Un comité d'audit, de rémunération, des risques, est en effet autant d'éléments qu'une société détenue de manière privée ne possède généralement pas, et dont elle doit se doter si elle souhaite devenir publique, ce qui implique de recruter les bonnes personnes.
Guillaume Renouard, à Londres.