Dans un rapport paru la semaine dernière, le Haut conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie (HCAAM) préconise 3 scénarios afin d'enrayer la hausse des dépassements d'honoraires des médecins. Parmi les mesures, seule la suppression totale des dépassements d'honoraires aurait un véritable impact à long terme. Une mesure radicale qui sera coûteuse pour l'Assurance maladie et difficile à faire passer chez les professionnels de santé.C'est une mélodie qui revient de plus en plus : les dépassements d'honoraires deviennent incontrôlables. Dans un rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie (HCAAM) publié la semaine dernière, ces derniers atteignaient 4,7 milliards d'euros en 2025, en progression de 5 % par an depuis 2019, et grimperaient à 10 milliards d'euros à l'horizon 2040. Chez les médecins spécialistes, le secteur 2 – qui permet aux professionnels de fixer librement les dépassements d'honoraires – est choisi par 75 % d'entre eux en première installation, contre 58 % en 2010, et pourrait ainsi concerner 90 % des spécialistes libéraux à l'horizon 2040.
« L’Option pratique tarifaire maîtrisée (Optam), qui constitue le principal dispositif de régulation des pratiques tarifaires, atteint aujourd’hui ses limites », constate le HCAAM. « Le dispositif est optionnel, ce qui écarte toute possibilité de maîtrise des dépassements les plus élevés et permet aux médecins d’en sortir à tout moment, exposant ainsi la collectivité à un risque de sortie à terme du dispositif de ses adhérents ».
Face à ce constat, l'instance dresse trois scénarios pour freiner la hausse de ces dépassements d'honoraires. Le scénario 2 se base sur une plus grande sélectivité et obligerait les professionnels de santé à exercer plusieurs années avant d'accéder aux dépassements d'honoraires, quand le scénario 3 s'oriente plutôt vers une plus faible sélectivité, mais davantage de régulation de ces dépassements.