Les assureurs pourraient bouder les obligations bancaires dans l'avenir

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Les nouvelles règlementations Bâle III et Solvabilité II pourraient brider l'appétit des groupes d'assurance pour souscrire des obligations émises par les banques, selon l'Institut de la finance internationale (IIF). Cet important lobby du secteur bancaire sonne l'alarme dans un rapport publié mercredi 17 août.

 Le renforcement des exigences en capital pour les assureurs pourrait les dissuader d'investir dans la dette bancaire,  a averti mercredi 17 août le principal lobby de la finance internationale, l?IIF (Institute of International Finance) dans un nouveau rapport.

Or  les assureurs détiennent environ 60% de la dette des banques. "Des règles plus strictes en capital pourrait les dissuader d?en détenir davantage ce qui pourrait aggraver les difficultés des banques, à la recherche de quelque 750 milliards de dollars pour répondre aux nouvelles exigences de capitaux propres", indique l?IIF.

Pour Axel Lehmann, directeur gestion des risques de l?assureur Zurich Financial Services et membre du groupe de travail de l?IIF, la volonté et la capacité du secteur de l?assurance à s?adapter aux nouvelles conditions de marché pourraient être limitées.

L'avertissement du IIF fait écho à un rapport publié le mois dernier par la Banque des règlements internationaux (BRI) indiquant que les nouvelles normes Solvabilité II  pourraient freiner l'appétit du secteur de l'assurance pour les obligations émises par des banques et d?autres entreprises.

L'IIF a également relevé que ces nouvelles règles pourraient obliger les banques et les assureurs à investir massivement dans des obligations souveraines en dépit des doutes croissants quant à la solvabilité des Etats dans le contexte actuel de crise de la dette dans la zone euro.

"Certaines dettes d'entreprise sont certainement plus solides que celles de quelques Etats", a déclaré Walter Kielholz, président du réassureur Swiss Re et membre du conseil d'administration de l?IIF. "Auparavant la dette souveraine représentait la norme, ce n'est plus d?actualité dans la zone euro."

Le régime européen de solvabilité II pour les assureurs, qui entrera en vigueur en janvier 2013, n'impose pas de charge supplémentaire en capital pour la dette émise par les Etats européens, ce qui la rend plus attrayante pour les assureurs.

" Les règles imposent également des frais plus élevés sur les dettes à long terme des entreprises, poussant les assureurs  à détenir des obligations de plus courte échéance", a précisé l?IIF.

 

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Commentaires
a écrit le 18/08/2011 à 14:06 :
Je pense que c'est exactement le contraire. La Google Bank (terme générique) va modifier considérablement la relation au client final ainsi que les métiers. Les assureurs seront impliqués dans la survivance du système actuel pour sa manoeuvre de reconversion. A moins de faire à leur tour le métier des banques. En réalité on voit que l'idée du Glass-Steagall Act nouvelle manière est tout simplement sans objet pertinent. Les banques vont fusionner entre elles et les assurances pour ne former qu'un seul métier. La relation client ou front office sera probablement gérée par d'autres acteurs.
a écrit le 17/08/2011 à 21:28 :
Je ne suis pas banquier, donc je peux m'en réjouir. En particulier, je pense que cela pourrait pousser les banques à prendre moins de risques sur les marchés, donc à être plus fiables et plus solides, et cela a du bon pour notre économie. Si les banques prennent trop de risques, elles ne doivent pas s'étonner si moins de gens acceptent de leur prêter. De toutes façons elles doivent diminuer leur effet de levier, bien trop élevé, ce qui est une des causes de la crise de 2007-etc.

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