Le Crédit Agricole enregistre 3,8 milliards de pertes nettes au 4ème trimestre 2012

 |   |  790  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
La banque verte annonce qu'elle enregistre 2,7 milliards de dépréciations liés à des écarts d'acquisitions et 1,1 milliard de pertes dues à des évènements exceptionnels dont 850 millions liés à la réévaluation de la dette.

Le Crédit Agricole continue à faire le ménage dans ses comptes. Vingt jours avant la publication de ses résultats annuels le 20 février, le groupe bancaire avertit le marché que Crédit Agricole SA, sa structure cotée en Bourse, affichera des pertes nettes de 3,8 milliards d'euros au 4ème trimestre 2012. Sur ce montant 2,676 milliards proviennent de dépréciations d'actifs dans ses comptes liés à des écarts d'acquisition qui correspondent à la différence entre le montant payé pour acquérir une société et la valeur comptable de ce même actif.  De plus, Crédit Agricole SA enregistre 1,1 milliard d'euros de pertes lies à des évènement exceptionnels. 

Comment se décompose les dépréciations de 2,6 milliards ?

Les dépréciations pour écarts d'acqusitions (ou goodwill) concernent les activités de crédit à la consommation pour 923 millions d'euros, la banque de détail à l'international pour 921 millions ( dont 852 millions pour les activités en Italie et le reste en Egypte), la branche banque de financement et d'investissement pour 466 millions d'euros et enfin la filiale de courtage Newedge pour 366 millions d'euros soit la totalité du goodwill sur cette société. Crédit Agricole SA en détient la moitié conjointement avec la Société Générale qui a aussi annoncé mi-janvier devoir passer une provision pour goodwill sur Newedge pouvant aller jusqu'à 384 millions d'euros.  

Les deux banques ne donnent pas d'indication, pour l'instant, sur leur intention ou non de vendre Newedge. Mais l'élimination comptable de tous les goodwill d'une société constitue souvent les prémices à sa mise en vente. Pour autant, après ces dépréciations il reste encore à Crédit Agricole SA un stock de goodwill de 14 milliards d'euros qui ne semble pas inspirer de craintes particulières à la banque.

Le groupe précise dans un communiqué du 1er février que ces charges pour dépréciations "n'affectent ni sa solvabilité, ni sa liquidité En effet, les écarts d'acquisition sont intégralement déduits dans le calcul des ratios de solvabilité. Ces déprécaitions sont sans impact sur la trésorerie, celle-ci ayant été décaisséee lors de l'acqusitions des sociétés concernées".

D'où viennent les goodwill ?

Les écarts d'acquisition s'expliquent par la frénésie d'achats à laquelle s'était livré Crédit Agricole SA au cours des années 2000 à un moment où les prix étaient très élevés. Par ailleurs, alors que les goodwill étaient amortis chaque année dans la comptabilité, depuis 2006 l'amortissement n'est plus autorisé. La banque doit vérifier que la valeur réelle des actifs correspond à la valeur comptable des actifs. 

1,2 milliards de charges non récurrentes

En plus des dépréciations, Crédit Agricole SA annonce des pertes dues à des évènements non récurrents ou exceptionnels. Ce montant de 1,107 milliards aura quant à lui un effet sur la solvabilité du groupe.

La première charge exceptionnelle fait suite à la dépréciation de la valeur de la participation dans la banque portugaise BES à hauteur de 267 millions d'euros. A la quelle s'ajoute un impact négatif sur le résultat de 550 millions au titre de la réévaluaiton de la dette, "en raison de l'amélioration des conditions de refinancement constatées au cours du trimestre", explique le Crédit Agricole dans le communiqué. La taxe exceptionnelle de 7% sur la réserve de capitalisation des filiales d'assurance du groupe conduisent à une charge exceptionnelle de 130 millions  d'euros. Enfin, la dépréciation de la valeur des actions de la SAS Rue la Boétie -organe qui contrôle Crédit Agricole SA- emputera de 160 millions, la contribution des caisses régionales au bénéfice du groupe. 

L'ardoise est donc salée pour la banque verte. Reste à savoir comment cette alerte sur les résultats sera accueillie par les marchés. La veille, la baise de l'action ne s'élevait qu'à 1,5% alors des rumeurs bruissaient déjà sur l'imminence d'une déprécation pour goodwill.

La remise en ordre est-elle achevée ?

Ces derniers mois Crédit Agricole SA a beaucoup travaillé pour rendre son bilan présentable. Après le travail de redressement et de mise en vente d'Emporki sa filiale grecque dans la cession est en cours de finalisation, la banque a déployé un "plan d'adaptation" qui a notamment porté sur des ventes d'activités en banque de financement et d'investissement. des cessions de courtiers (notamment Cheuvreux), le traitement de participation dans d'autres banques en Europe comme Bankinter et Intesa. Mais il reste 14 milliards d'euros de goodwill essentiellement dans la gestion d'actifs (asset management), les activités d'assurance (Predica, Pacifica), la banque privée et LCL (ex-Crédit Lyonnais). Pour l'heure la banque ne semble pas prête à s'y attaquer.

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/02/2013 à 12:05 :
Que deviennent les rénumérations des décideurs du Crédit Agricole qui ont encouragé ces acquisitions qui se révèlent catastrophiques quelques années après? Aucune sanction pour ces erreurs stratégiques?
Les lois du marché ne s'appliquent pas à tous!
a écrit le 01/02/2013 à 22:21 :
MON CRÉDIT AGRICOLE ! MON CRÉDIT AGRICOLE !
POURQUOI M?AS TU ABANDONNÉ ?

Ne croyez-vous pas que dans les petites communes l?emprunteur cautionné par ses voisin sera toujours poursuivi par la pensée que s?il ne payait pas , les autres seraient obligés de payer pour lui : il ne voudra pas s?exposer à perdre l?estime générale par son manque de loyauté ».
Jules MÉLINE
Le 23 février 1885, Louis MILICENT, déposait les statuts de la première Caisse de crédit spécifiquement agricole. Son ambition est simple : « Les uns apportent leurs capitaux momentanément disponibles et leurs économies pour les mettre à la disposition de ceux qui en ont temporairement besoin. ». Il s?agit de la Caisse de SALINS dans le Jura.
Le modèle mis en place s?inspirant d?un modèle millénaire déjà connu à Babylone a conduit notre agriculture à l?une des premières places dans le monde.
Les agriculteurs sont à la fois propriétaires, gestionnaires et clients de la banque.
Le drame se produit en 2001, lorsque la Caisse Nationale devenue Crédit Agricole SA est introduite en bourse, cette banque devenue commerciale ne fonctionne absolument plus selon les principes coopératifs et mutualistes.
Cette disparition d?un outil essentiel pour l?agriculture, s?est accompagné depuis la fin des années 60 de la disparition et de notre agriculture et du modèle d?organisation coopérative en agriculture qui était essentiel pour sa survie.

a écrit le 01/02/2013 à 17:38 :
Le crédit agricole est une excellente banque de proximité et les résultats des Caisses régionales ont toujours
été bons ; de plus il a permis à des générations entières d'accéder à la propriété , de créer et développer leurs entreprises ; sa fondation encourage et soutient nombre de projets..
Maintenant un peu d'histoire -Au nez et à la barbe des grands banquiers , le crédit agricole , dans les années 1990 a acquis la banque d'affaires Indo-Suez - ce qui a fait dire à certains que le paysan avait acheté le
chateau...mais depuis l'eau a passé sous les ponts...le chateau est en déconfiture ..et les pertes s"accumulent -
alors revenons à nos racines :excellons sur nos métiers de base qui sont les dépots et les préts...
a écrit le 01/02/2013 à 16:58 :
Quant on vois le racisme que fait le crédit agricole de Guyane contre la race blanche ils ne vont pas s?enrichir .
a écrit le 01/02/2013 à 16:00 :
le crédit immobolier est déjà bien pourri, mais la bulle est encore là...la fin de la bulle cela sera un évènement exceptionnel pour le crédit agricole?
a écrit le 01/02/2013 à 14:39 :
emputera ou Imputera ?

Queue deux fôtes !
a écrit le 01/02/2013 à 14:36 :
Comment se décompose les dépréciations ou se décomposeNT ...
a écrit le 01/02/2013 à 12:12 :
Crédit agricole: la folie près de chez vous et croyez moi elle a de l'avenir!
Réponse de le 01/02/2013 à 13:52 :
Ils sont tombés sur la tête. J'ai une connaissance qui bosse la dedans, il diminue les guichetiers et les remplacent par des managers en tout genre, de tout et n'importe quoi. Quand on sais la différence de salaire entre ces deux postes, ils sont devenues fous... Et c'est du 1 pour 1 entre guichetier et manager. Après ils s'étonnent d'avoir des pertes...

Qui va porter le chapeau? Un employé selectionné au hasard à la kerviel....

Stop au manager et retour aux gens qui bossent au contact client....
a écrit le 01/02/2013 à 11:13 :
"la baise de l'action" effectivement faute de frappe ou lapsus !!!!
a écrit le 01/02/2013 à 9:40 :
Arretez de dire n'importe quoi, ces chiffres ne sont que comptable, de plus ils concernent CASA, votre petit argent lui dort dans les caisses regionales, qui elles ne font pas de finance a haut riques. Tout ça n'est que du theorique et va surtout jouer sur le titre coté en bourse plutot que sur vos economies.
Réponse de le 01/02/2013 à 9:50 :
Oui, oui mais vous comptez atterrir quand ?
Réponse de le 01/02/2013 à 15:44 :
pas d'accord, ce n'est justement plus comptable... Les banques sont jugées avec les actifs réelle à leur valeur du moment (nouvelles normes IFRS) et non plus à la valeur d'acquisition, c'est justement par ce que leur investissement ont perdus de la valeur qu'ils accusent une perte latente de 3.8 milliards... et c'est pour cela que cette perte ne joue pas sur leur solvabilité.
a écrit le 01/02/2013 à 9:40 :
Et dire que ce cher Mr Pauget est invité partout aujourd'hui comme Expert ....

On nous prends vraiment pour des ....
Réponse de le 01/02/2013 à 11:37 :
Il est étonnant que sieur Pauget ne soit pas invité en prison !! décidément les voyous de la finance ont le bras long !!! l'impunité insupportable des voyous de la finance qui agissent en bandes organisées mérite que le peuple se révolte.
a écrit le 01/02/2013 à 9:23 :
Ces chiffres ne sont rien en comparaison des survaleurs qu'il y a dans les bilans de EdF, GdF Suez et France Télécom...
a écrit le 01/02/2013 à 9:11 :
les banques annoncent pour d'la vraie cette fois ! que les produits toxiques s'étalent sur x années mais qu'en 2008 il n'était pas possible de mentir autant et que leurs problèmes vont durer . c'est donc sans surprise .......et dans le même temps le pillage par les dirigeant ( vite ! vite ! vite ! ) continue preuve que le désastre est proche .
Réponse de le 01/02/2013 à 10:11 :
Votre commentaire est effectivement merdicole et vous ne comprenez surement rien a tout cela, ca vous depasse. Il ne faut pas en avoir honte, c'est complique, mais ne pas non plus se croire autorise a accuser, insulter et tout melanger. On vous pardonne, ignorance n'est pas betise, mais faites un effort.
Réponse de le 01/02/2013 à 11:24 :
Mettez quelques précisions dans vos critiques aigries. Vous n'avez pas l'air de comprndre grand chose à la banque, ni à la finance. Renseignez vous un peu avant et revenez après.
a écrit le 01/02/2013 à 9:09 :
c'est bien connu avec l'argent des autres on fait n'importe quoi.
a écrit le 01/02/2013 à 9:02 :
Comme il est dit plus bas dans la Tribune : les banques françaises premières de la classe.
Je me marre.
a écrit le 01/02/2013 à 8:27 :
Mes chers trésors, à vous de préparer vos chéquiers pour renflouer vos banques. Sans quoi, je m'occuperai de vos poches ! Moi, votre très cher Trésor ! :)
Réponse de le 01/02/2013 à 10:15 :
Y a riena renflouer ! Ca va vous decevoir car vous ne pourrez pas vous defouler a bon compte, mais c'est un fait. Vous melangez encore tout. On peut tres bien enregistrer une perte et etre en bonne sante financiere, c'est en general ce qui permet de supporter ce genre d'exercice sans dommage de fond. Mais c'est peut etre un peu trop complique a comprendre pour vous.
Réponse de le 01/02/2013 à 11:18 :
Excusez moi de na pas détenir votre science, cher Monsieur. Permettez moi également de vous vénérez pour votre immense intelligence, et veuillez accepter, Messire, mes excuses pour mon immense débilité.
Réponse de le 01/02/2013 à 11:29 :
Votre ironie qui se veut révolutionnaire, n'excuse pas ignorance, mais bien que n'étant pas Mao, je ne vous enverrai pas en camp de travail et je ne vous guillotinerai pas. Mais profitez en pour parcourir le web à le recherche d'information sur le sujet. Ce ser ala punition pour votre immense débilité.
Réponse de le 01/02/2013 à 11:50 :
Certes, mais si les pertes sont peut être compensées en ce moment par des provisions antérieures, elles risquent de ne plus suffire à elles mêmes si les pertes perdurent, et là, vous aurez de mes louables services ! :)
a écrit le 01/02/2013 à 8:24 :
il est temps d'abandonner les IFRS et de revenir aux anciens principes comptables;
Les écarts d'acquisition ou goodwill c' est du vent, il convient de les amortir le plus rapidement possible. Il faut arrêter de comptabiliser des profits imaginaires tant qu'aucune vente n'a eu lieu.
Réponse de le 01/02/2013 à 9:38 :
Merci de ce commentaire éclairé qui souligne la procyclicité des normes IFRS qui sont en partie responsables de la crise notamment car en haut de cycle elles ont rendu les bilans vertueux incitant à une escalade d'acquisitions et d'opérations risquées. Désormais en bas de cycle on ne peut que constater l'amplification des dépréciations comptables qu'elles occasionnent. Au final et paradoxalement avec la transposition da la norme IAS 39 sur la fair value dans les IFRS nous ne sommes jamais dans la vérité des prix. A méditer.
Réponse de le 01/02/2013 à 9:55 :
+1, les effets procycliques des IFRS est désatreux
Réponse de le 01/02/2013 à 10:18 :
Efefctivement, la technocratie comptable a cree beaucoup une distorsion forte entre les objectifs de gestion avec la comptabilisation des actifs qui en font l'objet.
Réponse de le 01/02/2013 à 10:20 :
Eh oui, mais ces changements font le bonheur des intermédiaires, experts et financiers. Le lobby des MA par exemple a influencé fortement cette rédaction, pour le plus grand bonheur de certains dirigeants complices de fait dont les rémunérations sont boostées par la signature de ces deals. Au final, c'est surtout l'incompétence crasse de nos édiles qui ne sont pas capables de comprendre ce qu'ils signent et le pouvoir qu'ils remettent ou transfèrent lors de la transposition ou rédaction de textes législatifs qui est en cause. Ceux-ci sont du coup le fruit du travail d'un cénacle d'experts et de hauts fonctionnaires de l'administration (pas seulement en France, c'est la même chose aux US et ailleurs) qui bénéficient éhontément du système de "revolving door" et se font rémunérer leur travail par un passage avantageux dans le privé. C'est également ainsi que les organes de contrôle ne poursuivent jamais personne si ce ne sont quelques lampistes. La seule solution est que nos élus ne signent plus de lois qu'il ne comprennent pas (ce qui ne serait après tout que justice pour nous). On y perdrait en sophistication, mais ce qu'on y gagnerait en énergie libérée et transparence serait gigantesque.
Réponse de le 01/02/2013 à 11:38 :
Tout à fait d'accord. De plus, la machine est bien rodée, on pointe du doigt un aspect du problème, on y travaille pendant 3 ans, on pond une réglementation qui se met en place pendant 5 ans, puis on fait mine d'être surpris par le résultat, et on recommence avec un autre point. Quand j'écris "on" je me réfère aux mêmes personnages que vous. Les politiciens n'ont pas le temps d'y comprendre grand chose, vu leurs préoccupations à court terme, et les journalistes lisent les compte rendus des "économistes" qui sont instruits pas les "experts" passant d'un côté à l'autre, de la finance aux organismes de régulation, et éventuellement aux postes exécutifs. Les procyclicités des normes comptables ou de Bâle 2 avaient été pointées dès le départ. Et les non prises en comptes de produits et de marchés par le système qui se met en place laisse ouverts des trous béants qui n'attendent que leurs utilisateurs en masse.
Réponse de le 01/02/2013 à 12:50 :
Entièrement d'accord avec Simple Citoyen : tout çà est fabriqué par des crânes d'oeuf qui bouffent sur la complexité de règles qui ne servent à rien. On savait de plus dés le début que les IFRS étaient fabriquées aussi pour entretenir la volatilité des marchés, et donc faire prospérer le business du grand casino financier, et les politiciens n'ont rien vu, rien compris, et rien fait. Bref : il y a des coups au pied au c... qui se perdent.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :