L'agrégateur de données financières Refinitiv a enregistré 1.300 milliards de dollars de fusions-acquisitions annoncées sur les trois premiers mois de l'année -un niveau proche de ceux de 2007 et le deuxième meilleur trimestre depuis le début de leurs...
STEPHANE MAHE
Rapprochement entre PSA et Fiat Chrysler, rachat de Bombardier par Alstom..., les fusions-acquisitions explosent depuis fin 2020 et atteignent des niveaux historiques. En trois mois ces opérations ont mobilisé plus de 1.000 milliards de dollars.
Plus de 1.000 milliards de dollars en trois mois: les fusions-acquisitions explosent depuis fin 2020 et atteignent des niveaux historiques. Au-delà du rattrapage des opérations avortées ou mises en pause, la crise liée au Covid-19 a paradoxalement dynamisé le marché mondial.
Mariages de géants dans l'automobile entre PSA et Fiat Chrysler, dans le ferroviaire avec Alstom et Bombardier et aussi nombre d'opérations plus petites... "Les acquéreurs sont de retour sur le marché", assure Antoine Piednoël, analyste en cessions-acquisitions au cabinet de conseil Cedexio, spécialisé dans les petites entreprises.
L'agrégateur de données financières Refinitiv a enregistré 1.300 milliards de dollars de fusions-acquisitions annoncées sur les trois premiers mois de l'année -un niveau proche de ceux de 2007 et le deuxième meilleur trimestre depuis le début de leurs pointages. Mars bat même un record avec 548 milliards de dollars de transactions.
Le rebond, après le creux d'une année 2020 où l'irruption de la pandémie avait fait chuter les opérations à partir d'avril-mai, a commencé en septembre, mais c'est "plus qu'un effet rattrapage", selon Bruno Bousquié, associé chez EY Parthenon.
Paradoxalement, "la crise a dynamisé le marché des fusions-acquisitions avec un effet de retard, car elle a amené les grandes entreprises et les fonds d'investissement à revoir leurs portefeuilles d'activités", explique-t-il.
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Attaquer ou se renforcer
Pour Jean-Philippe Grosmaitre, associé au sein de Deloitte Finance, les opérations suivent deux logiques.
La première est défensive: on va "céder une activité qui n'est plus le centre de métier" pour être plus performant ou bien "consolider un marché", en rachetant des fournisseurs en difficultés, des partenaires afin de faire front commun, détaille-t-il.
Le rapprochement en cours entre les géants français de l'eau et des déchets Suez et Veolia entre dans cette catégorie. Ou encore la cession par General Electric, en plein recentrage sur son cœur de métier industriel, de sa filiale de location d'avions GECAS à l'irlandais AerCap.