Munich Re délaissé après des résultats trimestriels décevants

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Le réassureur allemand Munich Re a fait état d'un bénéfice net au deuxième trimestre en léger retrait sur un an, en ayant dû rembourser plus de 501 millions d'euros.
Le réassureur allemand Munich Re a fait état d'un bénéfice net au deuxième trimestre en léger retrait sur un an, en ayant dû rembourser plus de 501 millions d'euros. (Crédits : Michaela Rehle)
Le géant allemand de la réassurance a présenté ce mercredi 8 août un bénéfice net quasiment atone pour le deuxième trimestre, après prise en compte des minoritaires. Le groupe se montre confiant pour réaliser son objectif d’un bénéfice net 2018, compris entre 2,1 et 2,5 milliards d’euros.

Munich Re est en perte de vitesse au deuxième trimestre. Le concurrent de Scor a enregistré un bénéfice net en repli de 0,6% à 728 millions d'euros. Ce résultat est nettement supérieur au consensus Reuters, qui tablait sur 687 millions d'euros, mais il est en léger retrait sur un an, en raison d'importantes catastrophes d'origine humaine. Son résultat opérationnel a lui aussi baissé de 13,7% à 997 millions d'euros, pour un revenu des primes (l'équivalent du chiffre d'affaires dans le secteur de l'assurance) en repli de 5,2%, à un peu moins de 11,2 milliards d'euros sur le trimestre écoulé. Hors impact des changes, la baisse est ramenée à 1,2%. Munich Re a, en effet, pâti d'effets de change défavorables et du non-renouvellement de gros contrats dans la réassurance, sa principale division.

Néanmoins, au vu de ses résultats semestriels, le réassureur bavarois, dont le cœur de métier consiste à accompagner les assureurs contre les risques qu'ils encourent, se dit confiant pour la suite et a confirmé son objectif de bénéfice net de 2018.

« Avec un profit de 1,6 milliard d'euros au premier semestre, nous sommes quasiment certains d'être en bonne voie pour atteindre notre fourchette cible de 2,1 - 2,5 milliards d'euros pour l'ensemble de l'année. Nous avons également progressé dans la mise en œuvre de notre stratégie. Munich Re devient alors plus rentable, plus numérique et plus fort » a déclaré Joachim Wenning, PDG du groupe, cité dans un communiqué.

Suite à l'annonce de ces résultats trimestriels jugés décevants, Munich Re perd environ 3,3% à 181,60 euros à Francfort.

Remboursements conséquents liés aux catastrophes d'origine humaine

Munich Re doit ces résultats en baisse surtout aux indemnisations pour des faits engageant la responsabilité individuelle, qui ont atteint 501 millions d'euros, une somme supérieure aux prévisions. Les remboursements sont principalement liés à des avaries sur le chantier de construction de la centrale hydroélectrique d'Hidroituango, en Colombie. À trimestre comparable l'an dernier, les remboursements ne s'élevaient qu'à 187 millions d'euros. De plus, Munich Re, comme le secteur de l'assurance en général, se remet tout juste d'une série d'ouragans, d'incendies et de tremblements de terre majeurs en Amérique du Nord en 2017, année la plus coûteuse  - à ce jour...- pour les assureurs.

D'ailleurs, les catastrophes naturelles ont moins pesé sur les comptes de ce deuxième trimestre, avec 104 millions d'euros de remboursements, principalement en raison de gros orages aux États-Unis au mois de juin. Munich Re a ainsi réussi à dégager environ 200 millions de réserves de réassurance IARD (incendie, accidents et risques divers) au cours du deuxième trimestre.

« Pour le premier semestre, Munich Re a dégagé des réserves de l'ordre de 380 millions d'euros, soit 4,3% des primes nettes acquises » a ajouté le réassureur munichois dans un communiqué.

Désengagement des activités dans le charbon

Les décisions récentes du réassureur allemand pourraient avoir un impact sur la suite. Munich Re a annoncé, ce lundi 6 août, ne plus assurer les centrales à charbon, que ce soit en matière d'assurance ou d'investissements sur les marchés de capitaux. Le groupe allemand a justifié cette décision par la transition énergétique en cours pour limiter le réchauffement climatique, mais n'a pas encore donné de précision sur le calendrier de ce retrait.

« Nous allons cesser d'assurer les centrales au charbon ou les mines de charbon individuelles dans les pays industrialisés », a écrit Joachim Wenning, dans une tribune publiée ce lundi par la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Cette décision va souffrir d'exceptions « chez les clients actifs ou dans les pays émergents », où la situation sera examinée au cas par cas, selon le patron du groupe. Le réassureur allemand, en tant qu'investisseur sur les marchés financiers, compte aussi cesser de placer ses liquidités dans des actions ou obligations d'entreprises réalisant plus de 30% de leur chiffre d'affaires dans le charbon. Ce désengagement pourrait également avoir un grand impact en Allemagne, où près de 40% de l'électricité provient du charbon.

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