Défense : DCNS se lance à l'abordage de l'Afrique

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DCNS table en moyenne sur des marchés de 200 millions d'euros maximum dans les pays africains ciblés, soit deux à trois patrouilleurs Adroit (ici sur la photo)
DCNS table en moyenne sur des marchés de "200 millions d'euros maximum" dans les pays africains ciblés, soit deux à trois patrouilleurs Adroit (ici sur la photo)
Le groupe naval nourrit quelques ambitions en Afrique au moment où s’ouvre à Paris un sommet pour la Paix et la Sécurité sur le continent africain. Objectif de DCNS : vendre des bâtiments pour lutter contre la piraterie.

DCNS a en ce moment les yeux de Chimène pour le marché africain d'où il était jusqu'ici complètement absent. Et plus particulièrement pour les pays producteurs de pétrole off-shore, qui ont besoin de renforcer leur marine afin de protéger leurs plates-formes et leurs bateaux contre la piraterie. Le groupe naval, qui propose quatre modèles de bâtiments différents à partir du patrouilleur "L'Adroit" pour des missions de surveillance et de police, a donc mis le cap vers ces pays en bâtissant une stratégie pour pénétrer ces marchés. DCNS est également prêt à fournir des systèmes de communications C3I ou C4I

DCNS table en moyenne sur des marchés de "200 millions d'euros maximum" dans les pays ciblés, soit deux à trois patrouilleurs Adroit, explique-t-on à "La Tribune". A l'exception du Nigéria, qui souhaite renforcer fortement sa marine (800 à 900 millions d'euros). Les offres de DCNS prévoient en général une charge de travail locale.

Piriou et le sud-africain Paramount pour gagner en Afrique

Le groupe naval va s'appuyer sur deux partenariats, l'un avec le chantier Piriou à travers la société Kership (55 % Piriou et 45 % DCNS),  l'autre avec le sud-africain Paramount, propriétaire depuis peu du chantier naval Nautic Africa. Kership a pour mission de s'adresser à l'Afrique plutôt francophone (mais pas que) et, plus précisément aux pays du Golfe de Guinée : Gabon, qui veut des OPV (Offshore Patrol Vessels), Congo Brazzaville, Guinée équatoriale et Cameroun.

"Ces pays font un énorme effort pour moderniser leur marine", précise-t-on à "La Tribune". Kership est également en première ligne au Nigéria intéressé par des patrouilleurs de type Adroit, qui seront fabriqué en France.

De son côté, Paramount vise a priori les pays anglophones. DCNS est notamment allié depuis de longues années à Nautic Africa, bien avant son rachat par Paramount, pour remporter le programme Biro de la marine sud-africaine. Les Sud-Africains veulent acquérir huit navires, quatre OPV de 85 mètres et quatre IPV (Inshore Patrol Vessels) de 60 mètres. Outre l'Afrique du sud, Paramount, qui a obtenu une licence de production, prospecte au Ghana, Tanzanie, Namibie, Angola, Mozambique et… Sénégal.

Les Chinois bien positionnés en Afrique

Pour DCNS, la partie sera loin d'être facile en Afrique :  peu de pays ont une planification d'acquisitions à l'occidentale et la concurrence fait très souvent du low cost. C'est le cas des Chinois, qui sont par exemple très bien implantés au Nigéria. Ils y ont déjà vendu des OPV. Les Israéliens sont également au Nigeria pour des raisons commerciales - ils ont vendu des patrouilleurs Shaldag - mais aussi pour surveiller les islamistes locaux. Sans oublier la concurrence coréenne et brésilienne. Brasilia a récemment envoyé des OPV faire le tour de l'Afrique.

Outre la concurrence féroce, les banques sont également assez réticentes à financer les opérations en Afrique. Enfin, "les marchés africains peuvent être parfois compliqués", rappelle-t-on. Sous-entendu, la corruption y est endémique.

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Commentaires
a écrit le 06/12/2013 à 7:57 :
Oui. J'espère tout de même que si des contrats se concrétisent, ils se dérouleront mieux que la vente de la FREMM marocaine, coincée à Brest pour des problèmes de paiement...
a écrit le 05/12/2013 à 10:46 :
Je souhaite bonne chance à DCNS. C'est probablement un défi pour eux, de s'attaquer avec leur "culture" haut de gamme à un marché où les moyens financiers dédiés aux armées sont très réduits.
Réponse de le 05/12/2013 à 23:01 :
On réussira bien à en placer un ou deux - Ils seront payés à DCNS avec les aides qui auront été versées par la France.
a écrit le 05/12/2013 à 8:56 :
j'espère que l'on sera tout de même capables de tirer notre épingle du jeu, à fortiori si notre présence militaire est à chaque fois sollicitée, alors que la plupart des pays positionnés sur ces marchés sont aux abonnés absents quant il s'agit d'intervenir militairement!!

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