Emmanuel Chiva (DGA) : « Je décaisse entre 50 et 70 millions par jour »
Natasha Laporte
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Où sont les commandes ? Vont-elles arriver ? Ces derniers mois, c'est une petite musique râleuse qui monte dans l'industrie de l'armement française mise pourtant à l'heure de l'économie de guerre. « Bien sûr qu'il y a un problème. Censurer le gouvernement ne peut pas être gratuit. Quand on n'a pas un budget au 1er janvier, et qu'on l'a deux-trois mois après, évidemment il y a des conséquences », admet Emmanuel Chiva, délégué général pour l'armement au ministère des Armées. Mais le patron de la DGA rassure : « C'est en voie de résolution », dit-il.
Certes, un premier dégel, de 650 millions d'euros, « nous a amené à devoir prioriser. Il y a de gros systèmes, de gros objets qu'on doit passer en priorité », développe Emmanuel Chiva. La situation « s'améliore ». Et en réalité, « 3,2 milliards d'euros de nouvelles commandes ont été passés depuis le 1er janvier », pas loin des 4 milliards d'euros de l'année dernière. De même, « 10 milliards correspondant aux commandes qui avaient déjà effectuées, de paiements, sont passés depuis le début de l'année », appuie-t-il. « Et aujourd'hui, je décaisse entre 50 et 70 millions d'euros par jour ouvré », indique-t-il, confiant de revenir à un fonctionnement « normal » dans une période « anormale ».
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Autre interrogation, celle de l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) et sa promesse des marches d'augmentation. « C'est une loi, donc elle sera respectée », assure Emmanuel Chiva. « Entre le moment où nous avons voté la LPM et aujourd'hui, la situation a changé », entre le Proche-Orient et d'autres événements qui n'étaient pas prévus au départ, note-t-il. « Nous devons nous adapter à la manière dont les missions changent ». Ce que permet en effet l'Ajustement annuel de la programmation militaire (A2PM) pour faire face aux nouveaux besoins. Comment ? « Les surmarches, moitiés de surmarches, dégels, ressources extra-budgétaires, c'est une équation extrêmement complexe sur laquelle nous travaillons aujourd'hui », estime-t-il, en affirmant la volonté de « satisfaire les besoins opérationnels des armées ».
Natasha Laporte
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