Rafale en Egypte : les Etats-Unis bloquent

Par Michel Cabirol  |   |  382  mots
La France se trouve actuellement dans l'impossibilité de livrer des missiles de croisière Scalp fabriqués par MBDA aux égyptiens en raison d'un composant... américain. (Crédits : Dassault Aviation)
Les négociations pour la vente de Rafale supplémentaires entre la France et l’Égypte sont freinées par les États-Unis. Washington refuse l'exportation d'un composant américain à bord du missile de croisière Scalp que Le Caire souhaite acquérir.

Ça coince sérieusement dans les négociations entre Paris et Le Caire pour la vente de Rafale supplémentaires (12 avions de combat) à l'armée de l'air égyptienne, selon des sources concordantes. Et ce n'est pas une question de financement comme par le passé. Selon ces mêmes sources, la France se trouve actuellement dans l'impossibilité de livrer des missiles de croisière Scalp fabriqués par MBDA aux égyptiens en raison d'un composant... américain. Contactés par La Tribune, Dassault Aviation et MBDA se sont refusés à tout commentaire.

Paris avait pourtant accordé le feu vert à l'exportation du missile Scalp à l'issue de son passage devant la commission interministérielle pour l'étude des exportations de matériels de guerre (CIEEMG), mais les États-Unis bloquent la vente. Washington applique la réglementation ITAR (International Traffic in Arms Regulations). De bonne guerre pour les américains. Mais cette situation irrite fortement aussi bien les Égyptiens, qui veulent absolument les missiles Scalp, que Dassault Aviation, qui ne veut pas rater une nouvelle vente de Rafale.

Vers un nouvel arrangement franco-américain?

Si la fourniture de Rafale n'est pas en danger, explique-t-on à La Tribune, cette opération est nettement freinée en dépit des allers et venues fréquentes entre Paris et Le Caire des négociateurs égyptiens et français ces dernières semaines. Et toute la pression pèse sur MBDA, qui est dans le viseur des autorités égyptiennes, très remontées contre le missilier. A tel point que Le Caire souhaite les Scalp... gratuitement. Ce que refuse MBDA. Pourtant, fin 2017, tout semblait être en place pour une signature entre Le Caire et Dassault Aviation en tout début de cette année au moment d'une visite d'Emmanuel Macron. C'est raté.

Soit MBDA change ce composant, soit la France et les États-Unis trouvent un arrangement à très haut niveau. A l'invitation de Donald Trump, Emmanuel Macron doit d'ailleurs se rendre aux États-Unis les 23 et 24 avril prochains. Il faut se souvenir que la visite de François Hollande aux États-Unis en février 2014 avait déjà permis de régler la vente de deux satellites espions aux Émirats Arabes Unis (EAU). Les États-Unis refusaient alors d'exporter certains des composants "made in USA" nécessaires à la fabrication de ces deux satellites.