Safran : d'incroyables résultats au prix de drastiques mesures d'austérité

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(Crédits : REGIS DUVIGNAU)
Malgré la pandémie et la crise historique du secteur aérien, Safran a réussi à dégager un bénéfice net de 352 millions d'euros en 2020. Le motoriste et équipementier aéronautique a vu son chiffre d'affaires ajusté se contracter de 33% sur l'année, à 16,5 milliards d'euros, mais a maintenu sa rentabilité au prix de drastiques mesures d'austérité, selon un communiqué.

Safran est parvenu à rester bénéficiaire en 2020, publiant jeudi un bénéfice net de 352 millions d'euros, malgré la crise historique du secteur aérien due à la pandémie de Covid-19.

Le motoriste et équipementier aéronautique a vu son chiffre d'affaires ajusté se contracter de 33% sur l'année, à 16,5 milliards d'euros, mais a maintenu sa rentabilité au prix de drastiques mesures d'austérité, selon un communiqué.

Déjà affecté par les déboires du Boeing 737 MAX dont il produit tous les moteurs, Safran, comme tout le secteur aéronautique, "a été confronté à la plus grande crise de son histoire avec un effondrement du trafic aérien dû aux confinements et aux restrictions de voyages imposés dans toutes les régions du monde", rappelle-t-il.

Baisse des cadences de production

La chute du chiffre d'affaires tient notamment aux baisses de cadences de production adoptées par les avionneurs, de l'ordre de 40% pour Airbus, et de l'atonie du trafic aérien: les avions volant moins, les compagnies ont moins besoin de pièces de rechange et de services, activités rémunératrices pour Safran.

Le groupe s'attend à un début d'année compliqué, notant un "récent ralentissement de la reprise du trafic aérien dans plusieurs régions du monde" sous l'effet de l'émergence de variants du virus et du renforcement des mesures de restrictions sanitaires aux voyages internationaux.

Réduction des coûts

Le groupe a toutefois dégagé un bénéfice opérationnel courant de 1,69 milliard d'euros en 2020 (-55,9%) et atteint ses objectifs de l'année grâce à une marge opérationnelle de 10,2% et un flux de trésorerie disponible de 1,073 milliard.

Pour y parvenir, il a taillé dans les coûts. Quatre sites de production ont été fermés, les dépenses de sous-traitance et engagements d'investissement sabrés, les dépenses de recherche-développement réduites de 35% en 2020.

Réductions d'effectifs: les sites français épargnés

Les effectifs mondiaux sont passés de 95.000 à 79.000. La France, avec 44.000 salariés, a été épargnée à la faveur d'un plan d'adaptation d'activité comprenant notamment un dispositif d'activité partielle de longue durée (APLD).

"Malgré les incertitudes et les difficultés qui persistent, notamment au premier semestre 2021, je demeure déterminé et optimiste", affirme toutefois son directeur général Olivier Andriès, cité dans le communiqué.

Le groupe prévoit pour 2021 un chiffre d'affaires ajusté en baisse "de 2% à 4%" hors effets de changes et de périmètres et table sur un "profil d'activité et de profitabilité plus fort en fin d'année".

Safran prévoit de verser en 2021 un dividende, après avoir annulé en avril le versement de son dividende 2019.

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Commentaires
a écrit le 25/02/2021 à 19:47 :
À l'opposé des commentaires attristants que l'on peut lire ici, je suis impressionné par cette entreprise. Une R&D intensive qui permet d'être leader dans son domaine et en forte croissance (hors covid), une forte présence en France, une forte profitabilité qui lui permet une indépendance et une croissance soutenue, une capacité d'adaptation qui lui permet de survivre à la pandémie, ou au renouvellement technologique dans son domaine. Alors oui, les 15 000 personnes virées ne pensent pas comme moi, mais ces usines fermées ne le seront pas éternellement, et la faillite de Safran pour sauver tout le monde n'aurait finalement sauvé personne. Seule critique, les dividendes de 2021 qui auraient du être investis en R&D. Safran est en bien meilleure posture que P&W ou RR, et sera mieux placé à la reprise (s'il y en a une).
a écrit le 25/02/2021 à 17:20 :
Bien gérer, ce n'est pas uniquement maintenir la profitabilité financière, mais aussi de savoir prévoir les nouvelles tendances des marchés à exploiter, et de savoir développer et de proposer les nouveaux produits que l'on pourra vendre dans le futur, avec lesquels non seulement la profitabilité financière peut être maintenue mais aussi garantir et assurer la solidité et les développements futurs de l'entreprise.

On a déjà vu comment cela pouvait se passer chez Renault ou encore chez Alcatel chez Pechiney ou encore chez Alstom, quand on ne cherchait pas même à faire preuve de créativité pragmatique et d'envisager les nouvelles solutions réalistes possibles, sous prétexte que cela n'aurait pas été conforme avec les dogmes de bonne gestion d'un passé révolu, où on aurait tendance à confondre, rente de situation financière "éternelle" avec dynamique technico-commerciale . Il ne faudra donc pas s'étonner si notre industrie continuera à s'étioler et notre balance commerciale continuer à sombrer.

Y aurait-il par hasard autre chose qu'un énorme problème de communication et de compétence technologique et marketing derrière tour cela?
a écrit le 25/02/2021 à 12:19 :
C'est chouette la financiarisation mondialisée.
Avec la suppression du dividende 2020 au titre de 2019, année de forte activité et rentabilité, les actionnaires en manque vont certainement toucher pour 2021 au titre de 2020, un dividende qui risque de dépasser le petit bénef de 2020...les 16 000 salariés virés apprécieront

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