Les députés réunis en commission des Finances ont reversé lundi des centaines de millions d'euros dans l'enveloppe « planification écologique » du budget de l'Agriculture. Un retour en arrière par rapport à la nette baisse prévue dans le projet de loi de finances 2025 du gouvernement.
Premier tour de chauffe de la commission des Finances réunie pour examiner la partie « dépenses » du budget de l'Etat. Les députés ont commencé par reverser lundi des fonds dans l'enveloppe « planification écologique » du budget de l'Agriculture, à ce stade en baisse dans le projet de loi de finances 2025 du gouvernement.
Dans le détail de ces fonds reversés, Mathilde Hignet (LFI) a fait abonder de 100 millions d'euros l'enveloppe pour réduire la dépendance de la France aux importations de protéines végétales, et fait adopter 100 millions pour la transition vers une restauration collective « 100% bio et locale ». L'écologiste Benoît Biteau a, lui, fait voter 100 millions pour des aides aux mesures agro-environnementales et climatiques (Maec), quand les socialistes ont fait voter 10 millions supplémentaires pour le budget de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail).
De son côté, le député EPR Charles Sitzenstuhl a fait flécher 10 millions d'euros vers un « conseil stratégique de transition » pour les agriculteurs, et Fabrice Brun (groupe DR, ex-LR), a fait voter 30 millions d'euros pour le stockage de carbone dans les forêts. Enfin, Vincent Trébuchet a lui-même fait adopter une hausse de 150 millions pour les indemnisations des éleveurs touchés par des épidémies, estimant que ces crédits devront de toute façon être versés à un moment dans l'année pour faire face aux futures infections.
Coupes budgétaires critiquées
« On sait tous qu'à priori, ça [les dépenses pour l'agriculture, NDLR] ne sera pas discuté en séance », a soutenu le président LFI de la commission Eric Coquerel pour justifier de prendre le temps du débat sur cette partie agriculture, et notamment son volet « planification écologique ». D'autant que cette partie a subi une nette baisse - d'environ 60% en autorisation d'engagement et 50% en crédits de paiement après une hausse en 2024 - à ce stade dans le projet de budget.
« Lors des différentes éditions que j'ai conduites, il ne m'a été donné aucune des raisons politiques et techniques qui ont mené à ces coupes budgétaires », a ajouté, de son côté, le rapporteur spécial Vincent Trébuchet (UDR, groupe d'Eric Ciotti). Il s'est cependant opposé à des hausses « irresponsables » des crédits sur la planification écologique, invoquant l'absence de retour sur les retombées des crédits des années précédentes, et le fait que la copie du gouvernement n'était pas achevée.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Les agriculteurs épargnés par le vent d'austérité
Lors de l'examen de la partie « recettes », les agriculteurs faisaient figure de rescapés du vent d'austérité qui souffle sur le budget 2025. C'est ainsi le seul secteur économique qui bénéficie d'allègements fiscaux, impliquant des « efforts financiers très importants », a admis le ministère de l'Agriculture.
Par rapport aux promesses déjà obtenues, le principal syndicat majoritaire, la FNSEA, ne se dit déçue que sur un point : selon le PLFSS 2025, la prise en compte de leurs 25 meilleures années de revenu dans le calcul de la retraite, « dans un objectif d'amélioration des droits à pension des exploitants agricoles et de convergence avec les régimes alignés », ne sera pleinement opérationnelle qu'en 2028, alors qu'ils demandaient qu'elle le soit dès 2026.
Globalement, le budget du ministère de l'Agriculture, de 6,60 milliards d'euros en crédits de paiement (avec l'enseignement agricole), baisse de 4% par rapport à 2024, année particulièrement faste, mais augmente de 12% par rapport à 2023.