La ministre de l'Agriculture Annie Genevard et Michel Barnier ont tous deux rendu visite aux éleveurs lors d'une de leurs grandes retrouvailles annuelles. Mais les annonces, notamment sur les réponses à la crise sanitaire, sont jugées insuffisantes. Faute d'argent, le gouvernement espère remonter le moral du secteur par la promesse de moins de normes.Après plusieurs mois d'incertitude sur le sort des promesses obtenues grâce au mouvement de colère agricole de cet hiver, les éleveurs sont en attente de réponses. Pour l'heure, ils ont eu la bonne surprise de recevoir la visite, à leur Sommet de l'élevage de Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme), non seulement de la toute nouvelle ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, mais aussi du nouveau Premier Ministre, Michel Barnier. Mais ces retrouvailles annuelles et incontournables du secteur, actuellement confronté à une grave crise sanitaire, se concluent ce 4 octobre avec un goût d'inachevé.
Les éleveurs espéraient au moins y obtenir des annonces de poids sur les mesures urgentes à adopter pour faire face aux trois épizooties qui frappent en même temps la France, et qui s'étendent à grande vitesse. La fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 -qui frappe également les bovins- a atteint 4.644 foyers le 3 octobre, dans les Ardennes, la Meuse, le Bas-Rhin, le Cher et le Saône-et-Loire, selon le dernier bilan du ministère de l'Agriculture. La fièvre catarrhale ovine de sérotype 8 (FCO8) fait des ravages dans les troupeaux de brebis du sud du pays. Et la maladie hémorragique épizootique (MHE), qui touche essentiellement les bovins, compte désormais 1.778 foyers.
Pas de réponse « globale » aux épizooties
Leurs attentes n'ont été partiellement satisfaites que pour la FCO3. Annie Genevard a en effet promis jeudi une extension de la vaccination gratuite des ovins, prise en charge par l'Etat, à toute la France, ainsi que la création d'« un fonds d'urgence qui permettra d'indemniser les éleveurs touchés par les pertes directes de ce virus ». Le montant de ce dernier a été révélé par le Premier Ministre vendredi: il s'élève à 75 millions d'euros -sans toutefois de précisions « quant aux délais et dispositifs choisis », ni de prise en compte des pertes indirectes de production, note la Confédération paysanne -syndicat agricole situé à gauche.