Rachat d'Opel : Magna compte rassurer Volkswagen... et couper les effectifs

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
L'équipementier automobile canadien Magna qui a racheté Opel à General Motors veut rassurer Volkswagen avec qui il travaille depuis longtemps. Mais il prévoirait parallèlement la suppression de près 11.000 postes sur 45.700.

L'équipementier automobile canadien Magna a déclaré mardi avoir l'intention de s'entretenir avec Volkswagen afin d'apaiser les inquiétudes du constructeur allemand, qui a menacé de réduire sa collaboration avec Magna si ce dernier investissait dans Opel. Donald Walker, co-directeur général de Magna , a par ailleurs dit ne pas être au courant de discussions avec le constructeur chinois Geely relatives à une éventuelle alliance autour d'Opel.
 

General Motors a accepté le mois dernier de vendre Opel à un consortium emmené par Magna International. Selon l'accord annoncé le 10 septembre, Magna et son partenaire russe Sberbank  détiendront chacun 27,5% d'Opel, GM conservant 35%.
Magna a ouvert des discussions avec ses clients pour leur assurer que les activités d'équipementier et de constructeur resteraient séparées une fois la transaction effectuée, empêchant ainsi l'usage de technologies de ses clients constructeurs dans des voitures de marques concurrentes.
 

"La plupart des clients à qui j'ai parlé personnellement veulent savoir à quoi ressemblera la séparation pour protéger la technologie et ils m'ont dit que cela leur convenait", a indiqué Donald Walker, lors d'un point de presse.
"Volkswagen (VW) en particulier a fait part de son inquiétude, donc nous devons finaliser les procédures internes et discuter davantage avec eux."
 

Detlef Wittig, directeur des ventes et du marketing de VW, a déclaré récemment que le constructeur allemand pourrait réduire sa collaboration avec Magna dans des activités faisant appel, dans le domaine du développement, au savoir-faire de VW. Martin Winterkorn, président du directoire de VW, a également exprimé son inquiétude à propos de la transaction.
 

Des analystes avaient indiqué que l'entrée de Magna sur le marché de la construction automobile constituait un risque pour son chiffre d'affaires de 23 milliards de dollars (15 milliards d'euros) avec des clients existants. General Motors, Ford Motor, Chrysler, Daimler  et BMWsont parmi les plus importants clients de Magna .
 

Le principal objectif pour Magna est d'obtenir un bon retour sur investissement avec Opel et pas d'entrer en compétition avec ses clients, a déclaré Donald Walker. "Il est très important de préciser que Magna ne prend pas le contrôle d'Opel. Magna restera un équipementier automobile."

Le débat fait rage également sur les transferts de technologie vers la Russie. Sberbank en fait son objectif principal. Les Etats-Unis et l'Allemagne ne cachent pas leurs réticences.

Mais sur le plan social, Magna ne va sans doute pas rassurer. Selon le grand journal allemand FAZ, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le repreneur va couper 10.952 postes sur 45.730 dont 4116 (3300 en usines, 800 dans l'administration) sur 24.700 en Allemagne - dont 2191 à Bochum avec des délocalisations vers l'Autriche - fermer l'usine belge d'Anvers qui emploie 2517 personnes, 2090 en Espagne, 1373 dans la filiale britannique Vauxhall (1830 selon Sky News) et 437 en Pologne.

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a écrit le 20/10/2009 à 15:58 :
Il faudrait arrêter de tirer sur le bambou!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bon, Magna est un teneur de bougie, on le sait, c'est à dire qu'il n'est pas là pour monter où reprendre un constructeur mais pour le démanteler.
La manipulation de la nationalisation de GM oblige ce dernier à concéder des compensations et la première est la sortie du marché européen pour une durée estimée à 10 ans. Personne n'a cru que les constructeurs français allaient laisser Allemands, US, et japonais faire leurs petits trafics sans broncher ? Oui ?
GM et ses 35 % va donc sortir dès que les premières opérations seront dénouées et que le canadien qui tente de sauver sa tête par la même occasion dans cette opération sera en mesure de payer.
Vauxhall va certainement passer dans le giron de Renault-Nissan qui construit déjà pour 50 % les camionnettes avec lui. Cette opération permettrait à Renault de fermer Luton et de regrouper les productions dans le centre et le nord à la frontière écossaise.
Même opération en Espagne, Renault veut fermer Madrid et pourrait regrouper sa production dans l'usine Opel de Saragosse près de la frontière française, à 50/50 au besoin.
Côté PSA la nouvelle usine du nord de la Hollande reprendrait la production d'Anvers sur le même modèle, une usine allemande de Bochum, site proche, pourrait être vendue à Valéo en soutient technique.
Toyota pourrait laisser ses 50% dans l'usine tchèque à PSA pour reprendre en totalité celle d'Opel dans le sud-sud de la Pologne. Avec la même logique l'établissement de St Petersbourg en Russie retrouverait une logique d'équipementier, la construction proprement dite étant confiée aux deux constructeurs présents: Toyota et VW.
Reste alors 3 usines allemandes, Magna en reprendra une et les deux autres le seront par .... l'alliance à venir Daimler/BMW !
Car il est de notoriété publique que ces deux constructeurs ne peuvent rester seuls et de logique allemande qu'ils ne puissent changer de nationalité.
La compensation pour les français sera alors Fiat (hors Ferrari) sur lequel ils auront carte blanche (disputée seulement pour la forme le moment venu).
Les deux s'installeront par le fait aux USA sous leur marque.
La question reste posée du sort de Ford, normalement le désormais premier constructeur US est sur une pente fortement glissante et devrait répéter le sort de son prédécesseur GM, à moins que des accords particuliers lui accordent un soutient quelque peu magique... ?
Pour être complet Volvo rejoindra certainement Volvo trucks qui devrait céder ses machines agricole à Claas (Renault) avant de rejoindre le Team à son tour par la suite.
VW annonce deux acquisitions qu'autorisent ces accords de partage : on parle de Suzuki qui serait une concession importante de Toyota puis probablement Jaguar repris à l'indien Tata pour tourner sur les plate-formes Bentley. La reprise de Man étant déjà enclenchée à plus du tiers dans les opérations Scania/Porsche.

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