Essai auto : Skoda Yeti 4x2, sympa et économique
Alain-Gabriel Verdevoye
Alain-Gabriel Verdevoye
Avec sa nouvelle version simplifiée à roues avant motrices et un petit diesel de 110 chevaux, ce modèle familial n'est plus, techniquement, un... 4x4. Et ses performances limitées n'inciteront guère à un comportement agressif au volant. On peut d'ailleurs voir le Yeti 4x2 comme une solution alternative au monospace compact ou au ludospace type Kangoo. Un modèle politiquement correct, pas du tout arrogant. De quoi désarmer les ant-4x4 de tout poil, même si dans leur totalitarisme ceux-là ne font généralement pas de différence entre un énorme Hummer consommant 20 litres aux cent et un Toyota Rav4 compact pas plus soiffard qu'un Scénic !
Sa bouille bonhomme a été préservée. Ses gros antibrouillards ronds lui donnent un air sympathique. Trapu, courtaud, haut sur pattes, bien protégé par des pare-chocs en plastique noir et des bandes latérales assez épaisses, le petit engin tchèque arbore un air de baroudeur. Mais sans se prendre au sérieux. Une carrosserie réussie. Ses aptitudes hors bitume sont en revanche archi-limitées. Forcément. Simple traction avant, le Yeti 4x2 profitera certes de sa garde au sol un peu plus haute que sur une berline, mais ne sera pas plus à l'aise qu'elle dans la boue ou la neige.
L'intérieur est moins original. On retrouve l'habitacle rigoureux, plutôt solide, sérieusement assemblé en apparence, sans chichis, de toutes les voitures du groupe Volkswagen, auquel la marque tchèque appartient. Mais, malheureusement, sur notre modèle d'essai, nous avons noté des crissements de planche de bord et des grincements en provenance du coffre, d'autant plus étonnants que nous n'en avions pas noté de semblables sur le Yeti 4x4 testé il y a quelques mois. C'est d'ailleurs plutôt rare sur un véhicule du groupe allemand. Mauvais numéro ? Relâchement des contrôles qualité ? Quelles qu'en soient les raisons, c'est inacceptable sur un véhicule de ce prix affichant 7.500 kilomètres à peine au compteur. De plus, les portières étaient difficiles à fermer. Il fallait les claquer.
Sinon, l'habitabilité est très correcte. L'accessibilité à bord se trouve facilitée par les formes géométriques. On a une bonne impression d'espace. Le coffre n'est pas très grand. Mais, on peut le moduler. Moins que sur un monospace, toutefois. Les sièges arrière s'avancent, se reculent et se replient, sauf celui du milieu, moins mobile et du coup un peu encombrant. Il n'y a pas de roue de secours. Un choix effectué par l'importateur pour agrandir le coffre. Peu rassurant, le kit de réparation rapide étant généralement insuffisant. Le toit ouvrant panoramique (optionnel à 1.100 euros) est extrêmement agréable.
Développé sur une plate-forme de Skoda Octavia, c'est-à-dire de Volkswagen Golf, le Yeti adopte les mêmes moteurs. Notre TDi de deux litres de cylindrée et 110 chevaux accélérait convenablement. Mais, rugueux, il manque de moelleux, de rondeur. Et il se révèle assez creux en bas du compte-tours, comme tous les TDI à quatre cylindres. Heureusement, nous n'avons pas eu à déplorer le trou béant au démarrage du petit moteur 1,6 de l'Audi A3 testée la semaine précédente. Et notre Yeti 4x2 faisait preuve de plus de souplesse que la version 4x4, plus lourde. L'embrayage nous a paru aussi moins sec et la boîte de vitesses plus fluide que sur cette dernière. La sobriété est, elle, au rendez-vous avec une consommation de 6,4 litres aux cent kilomètres sur route. Très bien.
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Ces critiques n'empêchent pas le Yeti d'être globalement réussi, plaisant et facile à conduire en toutes circonstances. Ses dimensions contenues le rendent aussi tout à fait apte à une circulation citadine. Le comportement routier apparaît sain, mais les suspensions manquent de douceur. Pourtant, nous avions des pneus à flancs assez hauts. Les sièges ne sont pas non plus douillets.
A 22.690 euros en version de base, "notre" Skoda Yeti a vu ses tarifs chuter sérieusement par rapport à la version 4x4. Elle coûte 3.300 euros de moins qu'elle ! Du coup, les tarifs sont fort compétitifs.
Modèle d'essai : Skoda Yeti TDi 110 4x2 Active: 22.690 euros
Puissance du moteur : 110 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,22 mètres (long) x 1,79 (large) x 1,69 (haut)
Qualités : esthétique sympathique, accessibilité et habitabilité, carrosserie bien protégée, comportement routier, sobriété
Défauts : moteur rugueux, bruits de mobilier intérieur, suspensions et sièges fermes
Concurrents : Suzuki SX4 1,9 DDIS 120 GLX : 19.490 euros ; Nissan Qashqai 1,5 dCi Visia : 21.900 euros ; Peugeot 3008 HDi 110 Confort Pack : 23.900 euros
Note : 13,5 sur 20
Alain-Gabriel Verdevoye
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