Comment PSA déploie ses premiers services de nouvelles mobilités

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Les Citroën C-Zéro sont des voitures 100% électriques. Le parc emov de Madrid sera constitué de 1.000 voitures à terme.
Les Citroën C-Zéro sont des voitures 100% électriques. Le parc emov de Madrid sera constitué de 1.000 voitures à terme. (Crédits : PSA)
Free2Move, la marque nouvelles mobilités de PSA, débarque à Madrid avec un ambitieux projet de voitures partagées. Après avoir mulitplié les acquisitions, PSA va multiplier les initiatives et les implantations partout dans le monde. L'offensive de PSA en la matière est un des pilier du plan stratégique de Carlos Tavares pour les quatre prochaines années...

Moins de quatre mois après son lancement, Free2Move est d'ores et déjà en phase d'exécution opérationnelle. C'est à Madrid que la nouvelle marque du groupe PSA, spécialisée dans les nouvelles mobilités, exploitera sa première offre d'auto-partage. Il s'agira d'un réseau de 500 voitures électriques Citroën C-Zéro.

Un bon démarrage à Madrid

PSA indique avoir déjà enregistré plus de 16.000 inscriptions depuis l'annonce de l'ouverture du service le 12 décembre dernier. "Notre objectif est de porter notre parc à plus de 1.000 voitures à Madrid, mais nous agissons par étape", précise Brigitte Courtehoux, directrice de la business unit véhicules et services connectés du Groupe PSA.

Le groupe français a créé une coentreprise appelée Emov avec la société Eysa, numéro un espagnol des parkings. "Avec ce partenariat, nous allons nous déployer sur l'ensemble de la péninsule ibérique", nous indique Brigitte Courtehoux.

Ainsi, cette coentreprise permettra à Free2Move d'ouvrir des réseaux dans d'autres agglomérations espagnoles et portugaises. Cette offre qui est une inauguration importante pour PSA, rappelle à s'y méprendre Autolib, l'offre de voiture partagée du groupe Bolloré. Mais pour PSA, le concept Emov est très différent de celui proposé par Autolib. Pour Brigitte Courtehoux, les deux offres sont mêmes complémentaires.

Dans le cas de Bolloré, il y a des stations de recharge installées avec une stratégie de capillarité de l'agglomération. Emov, lui, est une flotte de voitures partagées mais avec une infrastructure beaucoup plus légère. Il n'empêche que les deux acteurs pourraient, au final, cibler la même clientèle, et devenir, de fait, des concurrents. Pourtant les deux se considèrent comme des partenaires. Ils ont d'ailleurs remporté ensemble l'appel d'offre consistant à installer un réseau de voitures électriques à Los Angeles.

Un écosystème de mobilités alternatives

Mais contrairement à Bolloré, Free2Move ne veut pas se contenter de proposer des solutions d'autopartage. La société veut mettre au point un écosystème de solutions de mobilités qui soit accessible à tous. "Nous imaginons qu'un particulier pourra, en fonction de ses besoins, choisir une solution de mobilité bien spécifique à travers une application, notre but est d'apporter de la simplicité dans les trajets de nos clients", souligne Brigitte Courtehoux.

Jusqu'ici, Free2Move avait multiplié les acquisitions, notamment de start-up spécialisées dans les nouvelles mobilités : Koolicar, Communauto, TravelCar... "Nous passons à une phase de développement et d'exécution de notre projet avec des offres concrètes", explique Brigitte Courtehoux.

PSA va aussi faire jouer les synergies commerciales avec les autres marques du groupe. Ainsi, Citroën a annoncé le 8 décembre une offre "de voiture à 0 euro". Il s'agit en fait de la possibilité d'acheter une voiture C1 de 68 chevaux en finition entrée de gamme, que le propriétaire "partagerait" au moins 20 jours dans le mois. Cette offre est possible avec l'ensemble de la gamme, mais ce modèle de C1 est le seul dont le revenu garanti par TravelCar permet de financer la voiture, à savoir 149 euros par mois.

"La deuxième jambe" de PSA

Pour Carlos Tavares, les nouvelles mobilités doivent constituer ce qu'il appelle "la deuxième jambe" du groupe. Dans le plan Push to Pass présenté en avril dernier, le PDG de PSA avait présenté plusieurs pistes de diversifications de son activité historique de constructeur automobile, notamment dans la pièce détachée ou le véhicule d'occasion... Mais également dans les nouvelles mobilités. Le groupe vise un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros d'ici à 2021. Mais il ne pourrait s'agir que d'une première étape puisque les nouvelles mobilités pourraient prendre leur véritable envol après 2025 avec l'arrivée en masse de voitures autonomes...

Les voitures autonomes devraient effectivement accélérer le détournement des clients de la propriété automobile pour ne s'intéresser qu'aux usages. Le phénomène est considéré comme une véritable menace pour les constructeurs automobiles mais il pourrait surtout être circonscrit à la sphère urbaine.

La stratégie de Free2Move sera donc de proposer des offres agglomérations par agglomérations. Il n'y aura donc pas de déploiement d'offres à l'échelle nationale. "Les agglomérations ne sont pas structurées de la même manière, elles n'ont pas toutes la même densité de parking, ou de transports en commun... Il faudra donc à chaque fois bien calibrer notre offre en fonction des besoins spécifiques de l'agglomération", explique Brigitte Courtehoux.

A la conquête du monde

Si le partenariat avec Eysa doit permettre de s'implanter rapidement dans le reste de la péninsule ibérique, Free2Move cherche des partenaires pour s'implanter ailleurs. Il semblerait que les discussions avancent rapidement puisque PSA pourrait faire des annonces dans d'autres villes en Europe de l'Est, en Amérique Latine et en Amérique du Nord, comme à Los Angeles, mais également au Canada avec le rachat de Communauto. Une implantation en Chine est également annoncée pour la fin de l'année prochaine. Free2Move qui annonce une dizaine d'implantations dans des agglomérations par an, ne cache pas son ambition de devenir un acteur de premier plan au niveau mondial.

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