Brian Druker a "montré qu'on pouvait transformer le cancer en maladie chronique gérable"

Jean-Yves Paillé, à Chicago

Jean-Yves Paillé, à Chicago
Une récompense de plus pour Brian Druker. Ce chercheur en oncologie et directeur de l'Oregon Health & Science University avait reçu le Warren Alpert Prize d'Havard en 2016 et le Japan Prize dans la santé en 2012 -plusieurs scientifiques ont obtenu cette récompense avant de remporter un prix Nobel. Dimanche 4 juin, Brian Druker a obtenu le prix 2017 de la "science of oncology" (qui récompense les avancées décisives dans le cancer) décerné par l'American society of clinical oncology (Asco), lors du congrès annuel de Chicago. Brian Druker, pionnier de la médecine de précision, est une nouvelle fois primé pour sa découverte de la molécule imatinib dans les années 1990, devenue aujourd'hui l'un des anticancéreux les plus vendus.
Pour le chercheur, cette consécration semble sonner comme une revanche et une récompense à son obstination:
Il réussit à faire mentir ses détracteurs. L'imatinib utilisée d'abord contre la leucémie myéloïde chronique, puis contre d'autres cancers, tombe dans l'escarcelle de Novartis à la fin des années 1990. Le laboratoire lui donne pour nom de marque Gleevec. L'imatinib est une percée thérapeutique en raison de sa façon de traiter le cancer, selon la revue scientifique Nature en 2008. Lancée en 2007 aux Etat-Unis, cette molécule est devenue le premier médicament commercialisé s'attaquant à un défaut moléculaire d'un cancer, tout en épargnant les cellules saines. Pour Novartis c'est le jackpot. Cela fait des années que le Gleevec rapporte plusieurs milliards de dollars par an au laboratoire (3,3 milliards en 2016, malgré la perte de l'exclusivité du brevet).
La molécule enregistre des résultats rares pour un cancer, avec des taux de survie de 89,4% après 66 mois de traitement contre la leucémie myéloïde chronique, selon des chiffres exposés par le chercheur en cancérologie. Pour Julie Vose, oncologue et ancienne président de l'Asco, chargée d'annoncer le prix, Brian Druker a montré "qu''on pouvait transformer le cancer en maladie chronique gérable".
À lire également
Désormais, Brian Druker a un nouveau combat: démocratiser les diagnostics précoces, la priorité pour soigner les cancers, juge-t-il lors de son intervention au congrès. Pour lui, il faut utiliser toutes les connaissances acquises autour des mécanismes du cancer, et recourir aux technologies permettant de détecter très tôt une maladie qui deviendrait mortelle: les traceurs d'imagerie moléculaire, les nanoparticules pour détecter des cellules potentiellement cancéreuses avant qu'elles se développent, ou encore les diagnostics basés sur les acides nucléiques afin de détecter l'ADN propre aux organismes infectés.
Jean-Yves Paillé, à Chicago
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération
Industrie, mobilités, logements, géothermie : la nouvelle offensive verte de l’Occitanie