Les bières fortes et aromatisées pourraient être taxées davantage. En revanche, pas de hausse de taxes sur le tabac en vue. (photo d'illustration)
Reuters
Les députés ont validé des amendements en faveur d'une hausse des taxes sur les bières aromatisées ainsi que sur les produits avec une forte teneur en sucre. Reste à savoir si ces amendements vont être adoptés, alors que la pression des industriels s'intensifie.
Et si le gouvernement faisait fausse route ? « Nous ne voyons pas les non dépenses dans le Projet de loi de financement de la sécurité sociale, nous ne voyons que les rentrées d'argent », dénonce Catherine Simonin, présidente de la commission politique de santé pour la Ligue contre le cancer. Et pour cause, la ministre de la Santé a annoncé 4,9 milliards d'euros d'économies pour 2025 dans le volet de l'Assurance maladie, principalement orientées vers la hausse de la prise en charge par les mutuelles des consultations médicales ainsi que des économies sur le prix des médicaments. Mais quid de la prévention ?
Si de nombreux facteurs aggravants à l'origine de maladies de longues durées sont encore inconnus, ce n'est plus le cas du tabac, de l'alcool ainsi que du sucre. Ces derniers ont fait l'objet de plusieurs études montrant leurs liens avec l'apparition de cancers, car ils accélèrent l'inflammation des tissus, à l'origine des tumeurs.
Le sujet de les taxer davantage est donc revenu sur la table cette semaine en commission des Affaires sociales, et pourrait être de nouveau discuté la semaine prochaine, lors de l'ouverture des débats devant l'Assemblée nationale.
Pour rappel, le nombre de cancers a doublé depuis 1990 en France. Les maladies cardio-vasculaires et les cancers sont les principales pathologies qui coûtent le plus à la Sécurité sociale, après les maladies psychiatriques. Lutter contre les trois facteurs aggravants que sont le tabac, l'alcool et le sucre est donc l'un des leviers les plus efficients pour réduire les dépenses.
Concrètement, la commission a validé plusieurs nouvelles taxes, notamment sur les bières aromatisées et sucrées, les bières à « fort degré alcoolique » ou encoreune extension à tous les alcools de la « cotisation sécurité sociale ». Les esprits se sont également échauffés autour de l'idée - finalement rejetée - d'indexer sur l'inflation la taxation sur l'alcool, aujourd'hui plafonnée. La gauche a défendu une mesure de « santé publique » contre un « produit dangereux », lorsque d'autres élus comme Nicolas Turquois (MoDem) ont refusé d'aggraver les difficultés des viticulteurs, éprouvés par une « année climatique catastrophique ». Un argument balayé par Catherine Simonin :
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