Le pionnier français de l’hydrolien séduit BPI France et regarde vers l'Asie

Par Dominique Pialot  |   |  447  mots
Hydrolienne D10 de Sabella (Crédits : Sabella)
Seule startup de l’hydrolien hexagonal aux côtés de General Electric et DCNS, Sabella se donne les moyens de déployer sa technologie à l’étranger.

Face aux consortiums formés par les géants DCNS/Openhydro avec EDF Energies Nouvelles et General Electric (ex. Alstom) avec Engie, Sabella fait figure de Petit Poucet dans le monde de l'hydrolien français, cette énergie marine qui consiste à transformer en électricité les courants sous-marins..

Mais la startup, qui a vu le jour à Quimper en 2008, poursuit son chemin. Grâce à la levée de fonds de 8 millions d'euros qu'il vient de boucler, son fondateur Jean-François Daviau va pouvoir déployer son hydrolienne D10 (de 10 mètres de diamètre) à l'international.

Venue remplacer la D03, premier spécimen immergé par Sabella en 2008 au large de Bénodet, la D10 a été installée fin juin 2015 en mer d'Iroise dans le passage du Fromveur, par 55 mètres de fond. Elle a ainsi fourni à l'île d'Ouessant une petite partie de sa consommation électrique, soit 70 MWh. Malgré une contribution plus faible que prévu (5% au lieu de 15%) en raison d'une avarie sur un câble, ce test a permis de valider l'intégration de la machine à un réseau indépendant du réseau national. Sortie de l'eau en juillet, l'hydrolienne aurait dû y être replongée en cette fin novembre après avoir été améliorée. Mais le navire indispensable à ces travaux est immobilisé par la mise à l'eau de quatre machines MeyGen dans le nord de l'Ecosse.

Bientôt des fermes pilotes dans le Raz Blanchard

Cela n'a pas dissuadé les investisseurs de miser sur sa technologie, issue d'un savoir-faire acquis dans l'offshore pétrolier. Outre ses actionnaires historiques Emertec, Go Capital, Farinia et le groupe IWF, Sabella a séduit le fonds Ecotechnologies, géré par Bpifrance dans le cadre des actions du Programme d'Investissements d'Avenir (PIA), Force 29 et Litto Invest.

Les huit millions d'euros levés vont permettre à l'entreprise de renforcer significativement ses effectifs en 2017 pour accélérer ses efforts de développement commercial et de R&D, et de réaliser plusieurs projets à l'international dont un en Asie.

En France, deux machines de DCNS/Openhydro ont également été mises à l'eau en janvier puis fin mai à Paimpol-Bréhat. Le Raz Blanchard doit abriter les premières fermes pilotes françaises des consortiums GE/Engie et DCNS/EDF EN.

Sabella mise sur l'appel d'offres lancé par l'Etat pour la création d'une ferme marine de quatre hydroliennes dans la même zone maritime du Fromveur, dont les résultats devraient être annoncés au premier trimestre 2017. Pour ce projet, la startup est désormais associée au producteur Akuo Energy, venu remplacer Engie. Le potentiel du marché mondial, qui devrait s'accélérer d'ici à 2020, est évalué entre 75 et 100 GW, dont 3 à 6 GW en France.