Ventiler un bâtiment comme une termitière, fluidifier la circulation à la manière des protéines... Pour bâtir et organiser la cité, architectes et urbanistes prennent désormais exemple sur la nature.
Le sujet ne fait plus débat. De la rétention des eaux de pluie à la lutte contre l'effet îlot de chaleur en passant par l'absorption de dioxyde de carbone ou la reconstitution de trames de biodiversité, la liste des bienfaits de la nature en ville ne cesse de s'allonger. Plus récemment, ses impacts sur le bien-être et la santé humaine eux-mêmes ont été démontrés.
Le mouvement est lancé dans de nombreuses collectivités. Depuis 2015, tout Parisien désireux de cultiver un site de son choix, qu'il s'agisse d'une jardinière au coin de sa rue, de plantes grimpantes sur un mur ou d'un potelet transformé en installation végétale peut demander un « permis de végétaliser ».
L'équipe d'Anne Hidalgo, qui revendique la végétalisation de près de 40 hectares depuis le début de la mandature, souhaite accélérer cette dynamique pour atteindre son objectif de 100 hectares, avec la création, dès 2020, de forêts urbaines sur les sites de l'Hôtel de Ville, les abords de l'Opéra Garnier, le parvis de la gare de Lyon et une voie des berges de Seine rive droite. Ces projets s'inscrivent dans le plan de « débitumisation » entamé il y a un an, qui comprend notamment la transformation d'une centaine de cours d'écoles en jardins urbains - et autant d'îlots de fraîcheur ouverts au public - plusieurs promenades plantées, le retour à la terre de certaines parties de rues, le réaménagement de sept places parisiennes...
Dès sa première édition lancée en novembre 2014, « Réinventer Paris », appel à projets urbains innovants sur 23 sites parisiens appartenant à la Ville de Paris ou à ses partenaires, faisait la part belle à la nature.
« Ses détracteurs le surnommaient "le concours des salades sur les toits" », se désole Marion Waller, directrice de cabinet adjointe de Jean-Louis Missika et philosophe de l'environnement qui en avait la charge. Mais les mentalités ont évolué depuis. « C'est l'avènement d'une nouvelle esthétique, de nouveaux standards architecturaux, pour une ville que certains qualifient de minérale », se réjouit-elle. Et Paris n'est pas seule dans cette aventure. Avec son Plan Canopée, Lyon entend faire passer les espaces ombragés de 12,5 % à 22 % de sa superficie, et Lille expérimente la végétalisation verticale.
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