Carrefour s'impose un nouveau plan de relance en France

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La Tribune Infographie
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L'été a été meurtrier pour l'enseigne dans l'Hexagone. Son PDG a annoncé ce mercredi qu'il renonce à ses objectifs de résultats 2011.

La posture de Carrefour n'était pas tenable. Mercredi, lors de la présentation de ses résultats du premier semestre 2011, le groupe a officiellement renoncé aux objectifs de résultats que son PDG, Lars Olofsson, s'était fixé pour 2011. Il a aussi détaillé son plan de relance élaboré cet été, en grand secret, par Noël Prioux, directeur exécutif de Carrefour en France depuis juin.

Les analystes financiers doutaient déjà que Carrefour fasse « croître ses ventes et son résultat opérationnel courant en 2011 ». Mi-juin, Lars Olofsson avait maintenu cet objectif malgré « des résultats inférieurs à ses attentes en France ». Carrefour anticipait alors une chute de 23 % de son résultat opérationnel au premier semestre 2011. Depuis, il laissait entendre qu'il redresserait la barre au second. « Les marchés ne le croient plus », note un analyste.

La France, où le groupe génère 43 % de son résultat opérationnel pour un chiffre d'affaires total de 101 milliards d'euros, demeure son problème majeur : l'enseigne ne parvient pas à y enrayer la chute de ses ventes. L'été a été particulièrement mauvais dans l'Hexagone. Selon Kantar Worldpanel, ses hypermarchés et supermarchés ont respectivement cédé 0,5 et 0,1 point de part de marché sur la période courant du 11 juillet au 7 août 2011, par rapport à 2010. « Ce recul est plus marqué que celui constaté depuis début 2011 », note Gaëlle Le Floch, directrice des études chez Kantar Worldpanel. Leclerc lui taille des croupières.

Le groupement breton recrute des clients Carrefour notamment grâce à ses E.Leclerc Drive. L'enseigne propose désormais ce service de vente en ligne et de livraison sur parking dans une centaine de villes pour la plupart choisies parmi les zones de chalandise de Carrefour... La méthode a fait mouche : au premier semestre, Leclerc en a tiré un tiers de sa croissance d'activité. Carrefour, lui, ne propose ce service que dans trois... villes de France. « Le groupe a loupé le coche », juge Gaëlle Le Floch.

Le distributeur avait déjà raté son début d'année 2011. Ses clients avaient boudé l'enseigne qui, dès mars, avait répercuté les hausses de tarifs de ses fournisseurs induites par la flambée du coût des matières premières. Son « image prix », qu'elle avait pourtant redorée grâce à sa marque Carrefour Discount lancée en 2009, en a été écornée. Conséquence, les analystes révisent aujourd'hui leurs prévisions : Arnaud Joly, qui suit la valeur chez Cheuvreux, table sur un résultat opérationnel en repli de 11 à 15 % en 2011.

Urgence

Lars Olofsson qui, voilà un an, promettait un big-bang avec le nouveau concept d'hypermarché Carrefour Planet, doit donc revoir sa copie. Noël Prioux vient de lui soumettre un plan d'urgence. « Ce Carrefourien pur jus fera dans le simple, avec des prix bas et moins de promotions compliquées », rapporte un proche du groupe. Son objectif premier est de réduire les stocks et lutter contre le fléau des ruptures d'approvisionnement qui font rater des ventes. À cette fin, il vient de débaucher chez Coca-Cola Claude Amice, prévisionniste, pour mieux anticiper ses ventes.

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