La Cinéfondation, vivier d'une nouvelle génération

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Créée en 1998 par Gilles Jacob, cette fondation unique et géniale donne leur chance aux grands cinéastes de demain en les aidant à écrire leur scénario ou à trouver des financements pour leur film.

Lundi prochain, elle montera les marches du palais du Festival de Cannes pour y présenter son dernier film, « Et maintenant, on va où ? » Ce jour-là, la réalisatrice libanaise Nadine Labaki (« Caramel ») se souviendra probablement avec émotion de son passage par la résidence de la Cinéfondation. « Sans cette expérience, je n'en serais certainement pas là », reconnaît-elle.

La Cinéfondation ? Une entité du festival unique au monde, des plus géniales, créée en 1998 par Gilles Jacob, le président de la célèbre manifestation cannoise. « Après le prix de la Caméra d'or décerné à un premier film, nous avons senti le besoin de remonter jusqu'aux films d'étudiants issus des écoles internationales de cinéma les plus réputées », confie ce dernier. Michel Gondry, président du jury du prix de la Cinéfondation 2011, devra donc départager les oeuvres de 16 apprentis cinéastes.

Depuis 1998, la Cinéfondation, dirigée par Georges Goldenstern, a élargi son champ d'action. Elle s'est dotée d'une résidence ? un appartement de 300 m2 dans le IXe arrondissement de Paris ? qui accueille chaque année une douzaine de réalisateurs du monde entier, telle Nadine Labaki, pour qu'ils puissent travailler sur le scénario de leur premier ou de leur deuxième film. « Leur projet doit nous surprendre, nous étonner, s'éloigner des courants habituels pour être retenus », explique Goldenstern.

 

Les heureux élus reçoivent 800 euros par mois et un Pass cinéma gratuit. Ils rencontrent des scénaristes et des réalisateurs confirmés, sont invités dans les plus grands festivals de septième art. « Le fait d'être à la résidence m'a permis de me consacrer totalement à mon scénario, sans avoir à me soucier de questions matérielles, se souvient Nadine Labaki. Et puis c'était la première fois que j'étais acceptée dans la famille du cinéma. »

En 2005, la Cinéfondation a lancé un « atelier » dont les portes ouvrent pendant le Festival de Cannes pour aider des réalisateurs à boucler le financement de leur film. Chacun se voit proposer une série de rendez-vous avec des producteurs ou des distributeurs.

Tout cela, bien sûr, a un coût : autour de 1 million d'euros par an dont 75 % proviennent du mécénat. Nestlé a été l'un des premiers avec L'Oréalcute;al, à s'engager. « Nous avons voulu contribuer à notre niveau à financer cette forme d'exception culturelle à la française qu'illustre le cinéma d'auteur encensé à Cannes. Un cinéma où l'art et l'imagination ne concèdent rien à l'ambition commerciale », dit Hubert Genieys, senior vice-président communication corporate et sponsoring de Nestlé Waters MT. Comme le rappelle Gilles Jacob, « la Cinéfondation est un geste de générosité de la France et du Festival de Cannes pour mettre le pied à l'étrier à de futurs cinéastes internationaux dont on espère qu'ils opéreront un ?retour sur investissement? ». Depuis sa création, « 90 % des projets accompagnés par la résidence sont en préproduction, ont été tournés ou sont distribués. Et 83 % des films soutenus par l'Atelier seront réalisés d'ici-là fin de l'année », rappelle Georges Goldenstern.

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