Les compagnies "low cost" se livrent une guerre sans merci dans le ciel d'Asie

La malaisienne AirAsia veut devenir la plus grosse low-cost au monde. Mais la singapourienne Tiger Airways se développe dans toute la région.

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Copyright Reuters (Crédits : BLOOMBERG NEWS)

Tony Fernandes n'a pas eu la patience d'attendre le Salon du Bourget pour dévoiler ses nouvelles ambitions. L'Asie ne suffit plus au directeur général et fondateur de la compagnie malaisienne AirAsia, la première low-cost de la région.

Après avoir ouvert des lignes à Paris, Tokyo, Séoul, Téhéran, Delhi et Mumbai grâce à sa filiale long-courrier AirAsia X, le groupe entend étoffer sa flotte en passant une commande de l'ordre de 200 A320 Neo auprès d'Airbus, filiale d'EADS.

Une telle commande d'une valeur de 11,3 milliards d'euros au prix catalogue constituerait l'une des plus grandes jamais passées au monde. Mais le responsable voit déjà plus loin : « Nous avons réalisé une étude démontrant qu'AirAsia a le potentiel nécessaire pour posséder 500 avions, ce qui nous conférerait la taille de Southwest Airlines », la compagnie texane devenue la plus grande low-cost au monde, a déclaré Tony Fernandes à l'agence Reuters, en marge du Grand Prix de Barcelone ce week-end. « Si un accord doit intervenir, il est imminent, je pense », a-t-il ajouté, alors qu'une annonce officielle pourrait être faite avant le 20 juin.

« Le marché est grand et continue de croître. Nous bénéficions d'un fantastique terrain de jeu, l'Asie-Pacifique », a encore déclaré le responsable. Mais ce terrain est aussi le théâtre d'une terrible bataille entre compagnies régionales à bas coûts. Filiale low-cost de Singapore Airlines, Tiger Airways se développe à vive allure pour profiter de l'essor du transport aérien à travers l'Asie du Sud-Est. Et pour ne pas abandonner le terrain au profit d'AirAsia, la singapourienne multiplie les participations dans des compagnies régionales.

Stratégie coûteuse

La semaine dernière, elle a annoncé l'acquisition de 33 % du capital de l'indonésienne PT Mandala Airlines. En février, c'est de la compagnie à bas coûts philippine SEAir que Tiger Airways avait pris 32,5 %. En Thaïlande, où AirAsia dispose d'une filiale, la compétition promet aussi d'être rude : la singapourienne y a formé une coentreprise avec Thai Airways visant à créer une nouvelle compagnie low-cost basée à Bangkok.

Cette stratégie peut s'avérer coûteuse. Au trimestre dernier, le bénéfice de Tiger Airways a chuté de 94 %, à 1 million de dollars, en raison de problèmes fiscaux de sa filiale australienne. Celle-ci est par ailleurs en perte de vitesse dans la bataille qui l'oppose à une autre compagnie basée à Singapour, Jetstar, la filiale low-cost de l'australienne Qantas, ainsi qu'à Virgin Australia. « L'expansion de Tiger dans les pays en voie de développement devrait lui permettre de réduire ses coûts car les charges opérationnelles y sont inférieures », estime Rigan Wong, analyste chez Citigroup, qui recommande l'achat de l'action Tiger. Si la compagnie philippinne Cebu Pacific et l'indonésienne Lion Air semblent pour l'instant se contenter de leur marché domestique, Jetstar entend, à l'instar d'AirAsia et de Tiger Airways, élargir ses horizons et prévoit d'ouvrir des destinations vers Pékin, Shanghai, Rome et Athènes.

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