Crash de l'A320 d'EgyptAir  : course contre la montre pour retrouver les boîtes noires

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La France a dépêché un patrouilleur de haute mer, qui doit arriver ce lundi après-midi pour participer aux recherches sous-marines de la carlingue, des corps et des débris.
La France a dépêché un patrouilleur de haute mer, qui doit arriver ce lundi après-midi pour participer aux recherches sous-marines de la carlingue, des corps et des débris. (Crédits : HANDOUT)
Quatre jours après le crash du vol MS804, les recherches s'intensifient pour tenter de localiser les boîtes noires. Celles-ci émettent un son pendant 4 à 5 semaines. L'Egypte a envoyé un sous-marin. Un patrouilleur français, l'"Enseigne de vaisseau Jacoubet", doit arriver ce lundi.

Quatre jours après le crash du vol MS804 Paris-Le Caire d'EgyptAir qui a fait 66 victimes, les recherches s'intensifient pour tenter de localiser les boîtes noires qui permettraient de lever le voile sur cet accident. Pour rappel, les boîtes noires émettent un signal sonore pendant 4 ou 5 semaines. Samedi, une chaîne américaine, CBC News affirmait qu'elles avaient été localisées. Ce qui n'est pas le cas.

Un sous-marin capable de descendre à 3.000 mètres

L'Egypte a annoncé dimanche l'envoi "d'un sous-marin capable de descendre à 3.000 mètres", selon le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Dimanche, les navires et avions des armées égyptienne et française scrutaient la mer entre la Crête et la côte nord de l'Egypte, cherchant à localiser l'épave de l'Airbus A320 et ses deux enregistreurs de vol.

L'armée égyptienne avait repêché vendredi les premiers débris de l'appareil, un membre humain et des effets personnels des passagers et a publié samedi quelques photos : un petit morceau de carlingue complètement déchiqueté, des revêtements de sièges lacérés et un gilet de sauvetage intact mais déplié.

Un bâtiment français équipé de radars et d'un sonar

La France a dépêché un patrouilleur de haute mer, l'"Enseigne de vaisseau Jacoubet", qui doit arriver ce lundi après-midi pour participer aux recherches sous-marines de la carlingue, des corps et des débris. Spécialisé dans la lutte anti-sous-marine et la surveillance maritime, le bâtiment est notamment équipé de trois radars et d'un sonar qui peut identifier les sons émis par les boîtes noires.

Jusqu'à vendredi soir, le gouvernement égyptien mais aussi la grande majorité des experts interrogés par les médias penchaient pour la thèse de l'attentat, six mois après l'explosion d'une bombe à bord d'un avion de la compagnie russe Metrojet qui venait de décoller de Sharm-Al-Cheikh. Cet attentat qui a tué les 224 occupants de l'appareil avait été revendiqué quelques heures seulement après par la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI).

Or, il n'y a eu aucune revendication. "L'Etat Islamique (EI) ne revendique en général pas des choses qu'il n'a pas faites", explique un expert en sûreté.

Un message audio diffusé samedi soir du porte-parole de l'EI n'a pas mentionné le drame. Les experts ne s'y attendaient toutefois pas : ces messages sont enregistrés des jours, voire des semaines avant leur diffusion. Al-Furqan, le média de l'EI qui l'a diffusé, ne relaie pas de revendications d'attentat, qui sont habituellement faites sur ses comptes Twitter ou Telegram.

Fumée dans le cockpit

Mais davantage que cela, c'est la révélation samedi que le système automatisé de l'appareil a émis, près de trois minutes durant, des alertes signalant de la fumée notamment à l'avant de l'appareil, sous le plancher du cockpit, et des défaillances des systèmes électroniques gérant les commandes de vol, qui a réhabilité la thèse de l'incident technique. Même si rien n'exclut, selon les spécialistes, que la fumée soit la conséquence d'un incendie volontaire.

Lire ici : L'A320 d'EgyptAir parle : de la fumée détectée à bord avant le crash

L'hypothèse de l'explosion d'une bombe, même si elle reste théoriquement valide, a perdu du crédit : le 31 octobre dernier, la petite charge qui avait explosé à bord du charter russe avait provoqué la désintégration instantanée de l'appareil en raison de son altitude, à près de 11 km, à cause de la très brutale dépressurisation que la brèche dans le fuselage avait provoquée. Or l'Airbus d'EgyptAir volait jeudi sensiblement à la même altitude lorsque les radars ont perdu sa trace, quelques minutes après les alertes automatisées.

"Il est beaucoup trop tôt pour interpréter et comprendre les causes de l'accident tant que nous n'avons retrouvé ni l'épave, ni les enregistreurs de vol", a répété samedi à Paris le porte-parole du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), qui a dépêché en Egypte trois enquêteurs, aux côtés d'un expert d'Airbus.

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