Lundi, jour de tous les dangers dans les transports d'Ile-de-France

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(Crédits : REUTERS/Jacky Naegalen)
Le déconfinement s'annonce critique lundi dans les transports publics d'Ile-de-France, où le respect des règles de distanciation va réduire drastiquement la capacité.

Après avoir fonctionné au ralenti pendant sept semaines, les transports en commun ne repartiront pas à plein régime lundi: la RATP compte assurer 75% du service --avec 60 stations de métro fermées sur 302-- et la SNCF entre 50 et 60% pour ses trains de banlieue.

Beaucoup d'inconnues

Or, le gouvernement a décidé que la distanciation sociale s'appliquerait également à bord, pour limiter la propagation du coronavirus. Obliger les voyageurs à rester à au moins un mètre les uns des autres réduit leur nombre de 80%. Du coup, la "capacité d'emport" va être limitée à environ 15% de la normale, calcule la PDG de la RATP Catherine Guillouard.

"La grande inconnue du 11 mai, c'est les flux entrants dans nos réseaux", reconnaît-elle. On ne sait pas combien de Franciliens reprendront le RER, le métro, le tram ou le bus avec le déconfinement, parmi les 96% qui les ont désertés.

La ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne et son secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari les ont estimés cette semaine de 15 à 30%.

"Il y a un problème", résume un responsable du secteur, qui tablerait plutôt sur 40 à 45%, avec de fortes disparités suivant les endroits.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, s'est voulue rassurante lors d'une conférence de presse vendredi soir: "Les retours ne se feront pas dès lundi, les écoles n'ont pas encore rouvert, il y a beaucoup de personnes qui vont regarder comment ça va se passer. (...) Lundi, ça devrait se passer correctement."

Mais l'affluence devrait croître les jours suivants, a-t-elle prévenu.

D'où tout un train de mesures pour limiter la fréquentation, avec un recours toujours massif au télétravail quand c'est possible et un étalement des horaires dans les entreprises, pour que les heures de pointe soient moins marquées.

L'accès aux transports en commun en Ile-de-France sera en outre réservé aux heures de pointe aux personnes détenant une attestation de leur employeur ou ayant "un motif impérieux" pour se déplacer.

Cette attestation --qui ne sera pas disponible avant dimanche-- sera contrôlée entre 06H30 et 09H30 puis entre 16H00 et 19H00, du lundi au vendredi, a précisé Valérie Pécresse.

Brigades mobiles

Les autorités promettent une "tolérance pour les premiers jours". Mais sans cette attestation, les usagers risqueront ensuite 135 euros d'amende, de même s'ils ne portent pas de masque --obligatoire dans les transports publics à partir de lundi pour toute personne âgée de plus de 11 ans.

Les forces de l'ordre et les agents de sécurité de la RATP et la SNCF vont filtrer les voyageurs à l'entrée des gares et stations les plus importantes, tandis que Mme Pécresse a évoqué des "brigades mobiles" pour les trams et les bus.

La RATP et la SNCF ont installé des "PC Crise" pour surveiller les flux. "Nous allons chaque jour faire le point et adapter l'offre de trafic", cependant que l'offre de transport devrait augmenter progressivement, a noté Jean-Baptiste Djebbari.

"Nous craignons très fortement que l'affluence soit très supérieure à nos capacités (...). Cela pourrait conduire au refoulement de nombreux usagers, ce qui pourrait provoquer de fortes tensions", s'est inquiété le secrétaire général de la CGT Cheminots, Laurent Brun, dont les troupes circuleront sur les lignes pour recenser d'éventuels problèmes.

"Si les mesures sanitaires ne sont pas suffisamment respectées, nous n'hésiterons pas à fermer telle gare, telle station ou alors des lignes de train, de bus ou de métro", a mis en garde M. Djebbari.

Les voyageurs devraient pouvoir récupérer un masque lundi à l'entrée des principales gares et stations et des distributeurs de gel hydroalcoolique vont être progressivement installés sur le réseau.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé vendredi que l'Etat mettrait à partir de lundi "10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport pour qu'ils les distribuent à leurs usagers", sur ce total, "4,4 millions de masques" seront destinés à l'Ile-de-France. Valérie Pécresse a indiqué que la région et Ile-de-France Mobilités distribueraient "4 millions de masques, dont 2 millions dès la semaine prochaine ,(...) pour permettre d'amorcer la pompe jusqu'à ce que les Franciliens puissent les acheter eux-mêmes".

Ceux qui ont peur de la foule devraient pouvoir se rabattre sur les trottinettes électriques en libre-service, profiter des nouvelles pistes cyclables dessinées pour le déconfinement ou... prendre leur voiture, s'ils en ont une et s'ils ne craignent pas les embouteillages.

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Commentaires
a écrit le 10/05/2020 à 13:13 :
Le paysan vous dit: : Les Parisiens, il va y avoir de la bagarre...................
a écrit le 09/05/2020 à 17:40 :
Le paysan vous dit: : Les Parisiens, il va y avoir de la bagarre...................
a écrit le 09/05/2020 à 15:20 :
Ce gouvernement multiplie les incohérences: obliger le port du masque après avoir claironné qu'il ne servait à rien et pourquoi uniquement dans les transports? Annoncer par la voie des ondes que le mal disparait le plus souvent après quelques jours de repos et bloquer la France en appelant à la mobilisation générale pour faire la guerre au virus. Décréter la "distanciation sociale" alors que le monde médical prétend que la solution serait la "vaccination" naturelle quand la majorité de la population aurait été touchée. Ce maudit virus serait-il pire que celui de la variole, avec lequel nous avons cohabité depuis près de 10000 ans AVANT de le confiner dans des bocaux?
a écrit le 09/05/2020 à 15:19 :
Ce gouvernement multiplie les incohérences: obliger le port du masque après avoir claironné qu'il ne servait à rien et pourquoi uniquement dans les transports? Annoncer par la voie des ondes que le mal disparait le plus souvent après quelques jours de repos et bloquer la France en appelant à la mobilisation générale pour faire la guerre au virus. Décréter la "distanciation sociale" alors que le monde médical prétend que la solution serait la "vaccination" naturelle quand la majorité de la population aurait été touchée. Ce maudit virus serait-il pire que celui de la variole, avec lequel nous avons cohabité depuis près de 10000 ans AVANT de le confiner dans des bocaux?
a écrit le 09/05/2020 à 13:51 :
Dans le métro et les trains, il sera impossible de tout contrôler. Pire, cette situation va générer des tensions entre les différents contrôleurs, usagers et usagers entre eux. Largement de quoi alimenter des émeutes.
Pour la bonne cause (ou pas...), l'Etat se conduit bien comme un État policier. Quelques actes de résistances, de désobéissance civile seront certainement nécessaires pour montrer les limites à ne pas dépasser.
Personnellement, je ne prendrai pas les transports en commun, et hors de question de m'affubler d'un masque en toute autre circonstances, parceque s'il doit y avoir une deuxième vague, rien ne dit qu'il n'y en aura pas une 3 ème...une 4 ème. Toute cette "agitation mediatico sanitaire" n'a aucun sens. En attendant l'immunité collective, on prévoit des lits et des moyens de réanimation en quantité suffisante dans les hôpitaux, on donne tous les moyens de protection aux personnels soignants...et on arrête d'interviewer à longueur de BfM, France info, et autres médias les "experts" en toute science médicale dont la présence serait beaucoup plus utile dans leur labos que sur les plateaux de télévision.
a écrit le 09/05/2020 à 13:04 :
Il n'y a pas assez de transports en commun, qui, en plus, tombent en panne tout le temps, ce qui va entraîner une forte concentration de population. Et s'il y a une forte concentration, on va fermer des stations, ce qui va entraîner encore plus de concentration de personnes.
Cherchez l'erreur ! C'est sûr qu'ils sont En marche !! Et ils sont pas tous seuls dans leur tête. Spéciale dédicace à l'inénarrable et très opportuniste Djebarri pour l'ensemble de son oeuvre, et qui n'aurait jamais dû descendre de l'avion.
Sinon, sncf et pc de crise, ça colle pas ensemble. Dès qu'on associe les deux, faut se méfier.
a écrit le 09/05/2020 à 11:44 :
Ce doit être l'objectif du gouvernement, sinon c'est incompréhensible.

Quand on conjugue obligation de retour au travail, pénurie organisée de transports en communs, peur de la maladie et restriction des voies de circulation automobiles, on obtient: tout le monde en voiture (et personne en co-voiturage...) et Le bouchon du siècle.
a écrit le 09/05/2020 à 11:40 :
On sait très bien que ce sera impossible de maintenir un mètre entre les personnes dans les RER et metros, on devrait se contenter de 50 cm en condamnant une voiture sur deux dans les rames, comme ça au global on serait encore bons.

J'aurais pas fait lapin, j'aurai pu faire ministre des transports moi aussi. Oui Monsieur
a écrit le 09/05/2020 à 11:37 :
Pour le moment, l'attestation à fournir n'existe même pas : donc on ne peut pas se la procurer, et encore moins nous la demander. Quant à fermer 60 stations de métro (y compris des correspondances importantes...), c'est aussi génial qu'avoir interdit le jogging de 10H à 19H à Paris et en proche banlieue... On concentre simplement les flux de personnes, tout en gênant considérablement les personnes à mobilité réduite qui vont souffrir de devoir faire les changements en surface entre stations éloignées au lieu d'avoir leurs couloirs de correspondance normaux dans une même station. Donc, tous ceux qui pourront prendre leur voiture le feront...
a écrit le 09/05/2020 à 11:32 :
Parlons un peu du scandale des coupons d'accès aux TER. Vous n'avez pas accès à Internet, vous n'avez pas d'imprimante : les trajets aux heures de pointe vous sont interdits.
a écrit le 09/05/2020 à 11:32 :
60 stations de métro fermées, même pas la moitié des trains sera en circulation avec seulement 1/3 des places utilisables. Donc en gros 15% de la capacité maximale sera disponible alors qu'en temps normal le dispositif d'IDF est déjà saturé.

Rajoutons des menaces de verbalisation outrancières, des documents supplémentaires à produire.

Le message est clair.... le gouvernement ne veut pas déconfiner et laisser les gens être libres de décider eux-mêmes de la marge de risque qu'ils sont disposés à prendre.
Il est vrai que l'état s'est déjà pris une gifle publiquement avec les masques.

Le macronisme en marche c'est Staline.... en plus ruineux.

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