France Confection fait de la résistance

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L'un des derniers façonniers français affronte avec succès la concurrence chinoise.

Basé à Limoges (Haute-Vienne), France Confection a été créé en 1996 par 34 anciens salariés de l'entreprise textile Limco. En plaçant leurs indemnités de licenciement dans cette nouvelle société, ils ont sauvé leurs emplois. Quinze ans après, le pari est gagné avec un effectif de 85 employés. Une seconde entité France Pantalons (25 salariés) a même vu le jour en 1999. Spécialisée dans le montage de pantalons et jupes, elle complète la fabrication de vestes hommes et femmes en petites séries et demi-mesure (vêtements personnalisés). Aujourd'hui, 75 % de la production est constituée de prêt-à-porter classique haut de gamme et 25 % de vêtements événementiels.

Réactivité

Le président de la PME, Serge Bonnefont, un autodidacte, a connu tous les postes de l'entreprise - y compris, autrefois, celui de délégué syndical - et vécu trois liquidations judiciaires. « Nous sommes des résistants !, clame-t-il. Pour rester concurrentiels face aux Chinois, nous comptons sur notre savoir-faire. Le personnel constitue notre richesse. Nos produits sont réputés pour la qualité de montage des pièces et les matières premières utilisées. Les tissus, fournis par nos donneurs d'ordres, viennent d'Italie et d'Angleterre, deux références. Et la proximité de la clientèle, majoritairement parisienne, favorise le circuit court avec des livraisons sous trois à quatre semaines que ne peuvent tenir la Chine ou les pays de l'Est. » Des atouts vitaux pour contrer un classique point faible : quand le façonnier sort un costume à 90 euros, un prix tout juste rentable, les Roumains en proposent à 25 ou 30 euros...

La réactivité du personnel a donc largement contribué au développement de l'entreprise qui compte une trentaine de clients français. France Confection assure la fabrication d'après le modèle donné par ses clients et quelques créations grâce à son bureau d'études. Avec son principal client, son voisin le costumier Smuggler, elle partage des liens capitalistiques et une boutique à Limoges depuis un an. « Nous essayons de coller à la réalité du marché qui change tous les deux ans, précise Serge Bonnefont. Notre raison d'être est de durer. Depuis mai, l'activité repart et, avec un carnet de commandes de trois mois, nous retrouvons un rythme d'avant crise. »

Le chiffre d'affaires, qui d'ordinaire s'élève à 3,8 millions d'euros, a plongé de 1 million d'euros en 2009. Avec des économies à tous les niveaux et du chômage partiel, l'entreprise a réussi à dégager un résultat net de 5.000 euros.

 

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