Pékin s'engage à soutenir une industrie du cinéma en quête de financements

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Le marché chinois du film explose. Pour le soutenir, le gouvernement encourage les coproductions internationales et facilite l'essor des multiplexes.

Les producteurs d'Hollywood sont prévenus. Pour le gouvernement chinois, l'industrie du spectacle et du divertissement est stratégique. « Nous allons consolider les industries culturelles car c'est un secteur qui contribue désormais à la croissance de notre économie », vient d'avertir Sun Zhijun, le directeur général du Bureau du groupe de réforme des systèmes culturels. Objectif : plus que doubler la valeur de ce marché à 460 milliards de dollars (329,2 milliards d'euros) d'ici à 2016.

Pékin a prévenu que ses efforts seraient multiformes et porteraient notamment sur le développement des jeux vidéo et des livres numériques. Mais le cinéma constituera l'une des priorités des autorités car ce secteur a besoin d'énormes investissements pour satisfaire une demande exponentielle et permettra « d'accroître l'influence de la culture chinoise ».

En 2010, année où 526 films ont été produits en Chine, les revenus de l'industrie chinoise du cinéma ont dépassé pour la première fois la barre des 10 milliards de yuans, pour s'inscrire à 10,17 milliards (1,5 milliard de dollars), en hausse de 64 % sur 2009. Selon le cabinet EntGroup, il devrait passer à 3 milliards de dollars en 2012. Au cours des dix dernières années, le marché chinois du cinéma a grimpé en moyenne de 30 % par an. L'entrée de l'ex-empire du Milieu dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001 a contraint Pékin à doubler le quota de films étrangers autorisés à être projetés en salle, le portant à 20 titres. Un nombre limité mais auquel tient toujours le gouvernement en raison du succès des films américains. Autre conséquence de l'entrée à l'OMC, le gouvernement a mis fin au monopole du China Film Group Corp (CFGC) et a autorisé l'investissement privé dans les productions indépendantes.

Dix ans plus tard, CFGC reste le premier producteur chinois, mais n'occupe qu'une part de marché de 10 %, talonné par Huayi Brothers, qui a financé le plus grand succès du cinéma chinois, « Aftershock ». Selon le cabinet Research & Markets, « les quatre plus gros producteurs occupent seulement 26 % du « box-office » alors que le secteur de la distribution est plus concentré, « CFGC, Huaxia, Poly Bona et Xiying Huayi occupant à eux quatre une part de marché de 75,7 % ». Afin d'augmenter leurs marges, de plus en plus de producteurs se lancent dans la distribution. Le pays compte 1,3 milliard d'habitants mais seulement 8.000 écrans qui, selon le « Quotidien du peuple », passeront à 13.000 en 2013. Pour soutenir cette industrie, Pékin facilite l'accès des producteurs au crédit bancaire, au marché obligataire et les encourage à entrer en Bourse. Une recommandation suivie par Huayi Brothers et Poly Bona, respectivement cotés à Shenzhen et sur le Nasdaq.

Ces sociétés sont aussi incitées à réaliser des coproductions avec des étrangers. Un arrangement « gagnant-gagnant » pour les producteurs chinois pouvant plus facilement s'internationaliser et pour les étrangers qui peuvent prospérer en Chine malgré la politique de quotas. En 2010, 12 des 15 plus grands succès du « box-office » chinois ont été des productions binationales. Parmi elles, le « remake » de « Karate Kid », coproduit par Columbia Pictures et CFGC, a réalisé une recette de plus de 360 millions de dollars.

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