Tupolev pris dans les turbulences gouvernementales

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La ville d'Oulianovsk, où doit se créer un cluster industriel aéronautique, retenait son souffle dans l'attente d'une commande en leasing sans précédent de 44 appareils Tupolev 204 (Tu-204) par la compagnie moscovite Red Wings à l'usine AviaStar (voir ci-contre). Des espoirs douchés lorsque, en fin de semaine dernière, le propriétaire de Red Wings, le banquier milliardaire Alexandre Lebedev, a menacé de renoncer à l'achat. « Trois mois ont été perdus à cause des fonctionnaires de [la banque d'État] VEB », a regretté l'homme d'affaires. En dépit de ses réticences vis-à-vis de cet appareil, Alexandre Lebedev était pourtant prêt à signer ce contrat d'une valeur de 2 milliards de dollars (soit un prix de 45,5 millions par appareil). Si le milliardaire juge cet avion « 40 % plus cher à l'exploitation qu'un Airbus A320 », il avait été notamment convaincu par les garanties financières accordées par la VEB. Ce qui ne serait plus suffisant. « Alexandre Lebedev tente de sortir du projet car il sait que l'État ne peut pas laisser tomber AviaStar : des milliers d'emplois sont en jeu. Les avions seront directement achetés par VEB-leasing », prédit un homme d'affaires proche des négociations. Le gouvernement russe a cependant menacé de jeter l'éponge. Le responsable de l'aviation au ministère de l'Industrie, Iouri Slioussar, a prévenu que « sans cette commande, il faudra abandonner le programme Tu-204 ». Le directeur technique d'AviaStar, Viktor Koulakov, révélait vendredi à « La Tribune » que le groupe cassait les prix : « Entre 30 et 35 millions de dollars, selon les versions ». Mais même à ce prix-là, il est clair que l'État devra mettre la main à la poche pour motiver les compagnies. E. G, à Oulianovsk

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