Le groupe KazAtomProm est devenu un partenaire incontournable de la filière nucléaire mondiale

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Les accords se multiplient avec des étrangers dont Areva, RosAtom et China Guandong Nuclear Power.

Malgré la catastrophe de Fukushima, certains pays ont trop d'intérêts en jeu dans le domaine nucléaire pour refréner leurs ambitions. Le Kazakhstan en fait partie. Doté des deuxièmes réserves mondiales d'uranium au monde (19 %), après le Canada, ce pays d'Asie centrale s'est hissé au rang des premiers producteurs mondiaux en 2009, avec 14.000 tonnes produites, puis 18.000 tonnes l'an dernier. Dans ce domaine, KazAtomProm, l'opérateur national dont 100 % des actions sont détenues par l'État via le fonds souverain Samruk-Kazyna, reste l'acteur clé sur lequel repose tout le développement de la filière nucléaire du pays : import-export d'uranium, de métaux rares, de combustibles nucléaires et d'équipements.

« Nous sommes conscients que, en raison de ce qui s'est passé au Japon, la demande n'augmentera pas forcément aussi vite que nous l'avions anticipée », explique Kairat Kelimbetov, le ministre du Développement économique. « Néanmoins, le nucléaire reste une énergie bon marché qui continue d'intéresser la Chine et d'autres pays émergents. Si la demande est là, nous produirons davantage », poursuit cet officiel. Pour l'heure, l'objectif reste d'atteindre une production de 25.000 tonnes par an dans quelques années.

Le Kazakhstan n'envisage cependant guère d'être cantonné à la fourniture de matières premières. « Le pays a deux exigences à l'égard des investisseurs étrangers : il faut qu'au moins 75 % de la production envisagée soit réalisée localement ; ensuite, les « deals » ne se concrétiseront qu'à la seule condition qu'il y ait des transferts de technologie », insiste un fin connaisseur du secteur. « Le gouvernement a d'ores et déjà promulgué un arsenal législatif à cette fin dans le domaine de l'énergie. Une autre loi sur le même mode est en cours d'élaboration pour l'industrie », prévient-il.

Négociations en cours

Dans le nucléaire, les conditions sont encore plus drastiques. KazAtomProm a signé des partenariats avec des sociétés internationales telles qu'Areva, China Guandong Nuclear Power, RosAtom, Toshiba et Sumitomo auxquelles elle fournit le minerai. Des négociations sont également en cours avec leurs homologues australien et belge. « Areva est le premier occidental à avoir créé une coentreprise avec KazAtomProm et le seul à détenir 51 % dans cette société commune, les autres ne détiennent que 40 %, contre 60 % pour le groupe kazakhe », explique un expert international. « Avec Areva, KazAtomProm s'est fixé un plafond d'exploitation de 4.000 tonnes par an qui devrait être atteint en 2012. »

Mais d'autres accords existent également avec les Français hors des exploitations minières. « Les Kazakhs sont associés à l'amont du site, notamment à la fabrication des pastilles d'uranium, et pourraient prendre part à la filière d'enrichissement en France, en investissant dans la centrale de Tricastin (Drôme). Les Kazakhs mènent également ce type de discussion en Russie. » Certains officiels confirment d'ailleurs la volonté de construire une nouvelle centrale nucléaire avant 2020. L'ancienne centrale d'Aktaou, située à l'ouest du pays, près de la mer Caspienne, devrait pour sa part rester définitivement fermée.

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