Des société israéliennes épinglées pour avoir fait affaire avec l'Iran

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Plusieurs entreprises israéliennes, même publiques, contournent l'interdiction des États-Unis de commercer avec l'Iran.

L'affaire embarrasse Israël. Pour la première fois, un groupe israélien a été placé par les États-Unis sur la liste noire des entreprises commerçant avec l'Iran. Cette sanction vise Tanker Pacific, une compagnie de transports maritimes basée à Singapour, propriété des frères Ofer, une famille très influente en Israël, qui a vendu pour 8,65 millions de dollars un tanker à l'Iran via un intermédiaire de Dubai.

Le groupe incriminé a plaidé non coupable, avançant un « simple malentendu qui va être rapidement dissipé ». Côté officiel, les responsables à la Défense et aux Affaires étrangères affirment ne pas avoir été au courant. Le quotidien « Haaretz » a dénoncé « l'hypocrisie du gouvernement qui donne des leçons au monde entier sur l'Iran tout en restant les bras croisés face aux entreprises israéliennes qui continuent à faire affaire avec des groupes étrangers opérant en Iran ». Pire : ces « liaisons dangereuses » concernent non seulement des entreprises privées, mais aussi des groupes publics : la Compagnie d'Électricité a passé un contrat de 200 millions de dollars avec Haldor Topsoe, un groupe danois qui a construit deux raffineries en Iran, et l'administration de l'avion civile a commandé du matériel à Siemens, un des principaux partenaires commerciaux allemands de l'Iran.

Au total, 200 entreprises internationales actives en Israël ont maintenu des relations avec l'Iran, y compris dans l'énergie, le secteur qui finance la presque totalité des investissements dans le nucléaire. Israël exporte aussi, grâce à des sociétés écrans, des engrais, des systèmes d'arrosage, de la technologie agricole, tandis que l'Iran vend à Israël des pistaches et, surtout, du marbre pour le bâtiment, convoyé via la Turquie. Ces échanges tombent sous le coup d'une loi votée en 2008 interdisant toute relation directe avec l'Iran ainsi qu'avec les entreprises étrangères qui commercent avec ce pays. Ce texte est resté lettre morte jusqu'à présent, mais, comme le souligne un diplomate israélien, les « sanctions américaines ont provoqué une telle onde de choc que les choses devraient enfin bouger et être suivies d'effet ».

Pascal Lacorie, à Jérusalem

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