Ma petite banque d'affaires ne connaît pas la crise
Christine Lejoux
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Lorsqu?on parle de banques d?affaires, à qui songe-t-on immédiatement ? À Goldman Sachs, à JPMorgan, à Morgan Stanley, bien sûr, ces géantes américaines qui conseillent les multinationales du monde entier sur leurs opérations de fusions et acquisitions. Vient également à l?esprit le nom de la vénérable Rothschild, incontournable sur les dossiers impliquant des entreprises françaises stratégiques pour l?État, ou encore celui de Lazard, codirigée en France par le médiatique Matthieu Pigasse, également patron du magazine Les Inrockuptibles et actionnaire du quotidien Le Monde. En revanche, les noms de MK Finance, DC Advisory Partners, Financière Cambon, Bucéphale Finance, Leonardo, Aforge Finance sont autrement moins familiers. Évidemment, conseiller le fabricant de poussettes Babyzen, basé à Venelles (Bouches-du-Rhône), dans le cadre de l?entrée du fonds d?investissement Turenne dans son capital, comme l?a fait DC Advisory en mai, c?est moins glamour que de plancher sur le rachat d?Arcelor par Mittal ou la fusion entre Air France et KLM!
Dans la même veine, l?acquisition en septembre, par le groupe Vétoquinol du laboratoire vétérinaire Orsco, installé dans la région lyonnaise et conseillé par Aforge Finance, n?a pas fait les gros titres de la presse. Pas plus que le rapprochement, en septembre toujours, du fabricant montpelliérain d?échafaudages Altrad avec la société Jalmat, une opération sur laquelle a travaillé la banque Leonardo. Pourtant, ces petites banques d?affaires ? ces « boutiques », comme on dit dans le jargon des fusions et acquisitions ? méritent qu?on s?attarde sur elles. Pour la simple raison qu?elles opèrent sur le segment des M&A (mergers and acquisitions) qui résiste le mieux à la crise financière et économique. Autrement dit, le segment des fusions et acquisitions de PME. Le marché français de ces opérations pour des « small caps » ? dont les valorisations n?excèdent pas 50 millions de dollars ? a fléchi de 21,9% « seulement », au cours des neuf premiers mois de 2012, à 2,8 milliards de dollars, selon les données de Thomson Reuters. Et, si celui des « mid caps », dont les valeurs d?entreprise s?étalent entre 50 et 500 millions de dollars, a reculé de 30,7%, cette chute reste bien inférieure à celle de 56% accusée par l?ensemble du marché français des fusions et acquisitions, sur les trois premiers trimestres.
Christine Lejoux
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