Et si Dassault rentrait dans le rang ?
Michel Cabirol
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L'échec de la fusion entre EADS et BAE Systems - cette opération torpillée par Berlin pour des raisons d'égoïsme national - a eu au moins un mérite : ouvrir tous les champs du possible pour les industriels du secteur en Europe.
En France, cet énorme flop n'a fait que conforter le gouvernement dans sa volonté de recomposer l'industrie de la défense tricolore. Paris a même retrouvé du temps pour accélérer ses réflexions en vue de l'organiser. Le gouvernement en affiche, en tout cas, la volonté. « Une seule initiative a été prise au cours des cinq dernières années : la constitution du groupe Safran. Nous devons en prendre d'autres, sous peine de marginalisation », a expliqué cet été le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui endosserait bien le costume d'architecte de cette nouvelle construction. Et d'expliquer, lui le petit-fils de docker qui a vécu à une centaine de mètres du chantier naval de DCNS, à Lorient, que « c'est un sujet central pour notre souveraineté, pour l'emploi, pour la recherche et l'innovation, tant civile que militaire, dans la mesure où il s'agit de technologies duales ».Mieux, aux yeux du ministre de la Défense, il y va même de la survie de l'industrie. « Si nous ne parvenons pas, explique volontiers Jean-Yves Le Drian, à valoriser notre potentiel industriel de défense par des partenariats intelligents et structurants à moyen terme, si nous ne prenons pas les initiatives qui s'imposent, nous risquons de perdre notre ingénierie et notre savoir-faire. Dans le contexte de réduction des budgets de défense, y compris du budget américain qui diminue de 497 milliards de dollars, notre industrie de défense risque même de disparaître. Je serai donc extrêmement vigilant. »Par ailleurs, Paris a également tous les outils pour man?uvrer. Comme le rappelait en octobre aux députés de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, le délégué général pour l'Armement, Laurent Collet-Billon, « l'État, actionnaire ou non, doit avoir la capacité d'intervenir au sein des sociétés de défense sur les orientations et les ventes d'avoirs stratégiques. Cette capacité entre dans le cadre des actions spécifiques, dont certaines ont été mises en place lors des privatisations de sociétés de défense - c'est le cas de Thales. La France possède également une action spécifique au sein d'EADS. C'est l'outil absolu, alors que l'État actionnaire est trop souvent un État qui met trop de temps à prendre ses décisions ».Nécessité impérieuse, volonté politique outils à disposition... Les ingrédients indispensables sont désormais réunis pour un big bang de l'industrie tricolore de la défense. Mais quels sont les scénarios d'une telle redistribution des cartes? Quels sont les groupes qui détiennent les atouts maîtres de cette recomposition?
Michel Cabirol
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