Huit noms en shortlist pour désigner la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

Béatrice Girard

Béatrice Girard
Hauts-de-France, Normandie, Centre-Val-de Loire, Grand Est... Un à un, les noms des nouvelles régions de France sont dévoilés.
En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, il faudra encore patienter quelques semaines, mais le processus est en marche.
À ce stade, Languedoc, Languedoc-Pyrénées, Midi, Occitanie, Occitanie-Roussillon, Pays d'Oc, Pyrénées-Méditerranée et Terres d'Oc sont en lice.
Cette première liste a été établie hier par les membres du comité du nom réunis à Carcassonne.
C'est cette liste définitive qui sera soumise au vote électronique des citoyens (très vraisemblablement entre le 2 mai et le 2 juin 2016) pour un choix arrêté le 24 juin prochain.
Dans ce contexte, les rédactions de La Tribune Toulouse et Objectif-Languedoc-Roussillon organisent le 24 mai prochain au Théâtre Scène Nationale de Narbonne, les 2e Rencontres de la Nouvelle Région.
Une journée d'échanges et de débats qui invitera justement décideurs et chefs d'entreprise à venir exprimer leurs attentes par rapport à l'identité de la nouvelle région.
Point d'orgue de ces rencontres : les cinq noms présélectionnés par la Région seront soumis au vote du public en présence de Carole Delga.
Bénédicte Laurent, docteure en sciences du langage et spécialisée dans la création des noms de marques et de produits, aidera à décrypter le phénomène du choix d'un nom pour une région.
Pourquoi cette question cristallise-t-elle autant de tensions et en quoi ce nom peut-il contribuer à construire l'avenir d'un territoire ? Faut-il d'ailleurs absolument faire référence à notre passé ? Quelles sont les attentes des décideurs sur cette question ?
À la tête de Naméa Concept, cette montpelliéraine a mis au point, avec le laboratoire d'informatique et robotique de Montpellier (LIRM) et l'INPI, un logiciel qui facilite le processus de création de nom.
"Ce logiciel n'est pas un outil magique, mais un accélérateur, un outil support qui facilite la création et surtout permet de dépasser le j'aime/j'aime pas", estime-t-elle.
Quoi qu'il en soit, si le choix d'un nom pour une marque, un logo, une entreprise, est difficile, dans le cas d'une région, le processus est encore plus compliqué et, selon la spécialiste, le contexte de départ en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées n'y est pas pour rien.
Par le passé, des personnes, des communautés et des groupes ont déjà pu se sentir un peu lésés et ceci explique qu'aujourd'hui certains veuillent reprendre un peu de place et de visibilité. "Un nom c'est l'histoire d'un drapeau planté en haut d'une montagne, un enjeu de pouvoir qui n'a rien d'anodin", assure la linguiste.
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Dans le processus de choix, on oscille alors entre choix d'un toponyme sérieux et enjeu de marque. Il y a dichotomie entre patrimoine et culture d'un côté et business de l'autre.
Ainsi la proposition "Sud de France" faite il y a plusieurs mois par Damien Alary, alors président de la Région Languedoc-Roussillon, n'a pas fait l'unanimité.
Pour trouver un nouveau nom à la région, les élus de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées ont fait le choix d'un processus de consultation. "Une méthodologie de très bonne intention et qui, au regard de ce qui s'est fait un peu partout en France, fait partie des meilleurs process", estime Bénédicte Laurent.
Un process que la Région a choisi de mener seule.
Pour arrêter leur choix, les membres du comité du nom ont cependant suivi un cahier des charges très précis, demandant d'être fédérateur, d'éviter les acronymes, de représenter une identité commune...
Une démarche indispensable, car "le nom de la nouvelle région sera au final le lieu de rencontre et de cristallisation de l'ensemble des citoyens", rappelle Bénédicte Laurent.
Les rédactions de La Tribune Toulouse et Objectif Languedoc organisent les 2e Rencontres de la Nouvelle Région, au Théâtre Scène Nationale de Narbonne de 9h30 à 16h. Plusieurs chefs d'entreprises viendront pitcher pour exprimer leur vision sur l'identité régionale et l'attractivité.
Deux tables rondes seront ensuite consacrées aux filières "pépites" qui portent déjà la région à l'international et aux secteurs qu'il conviendra de conforter demain pour se distinguer sur le marché mondial. Un débat interactif et une consultation autour du nom viendra conclure la journée. Plus de 400 acteurs de la vie économique et politique sont attendus.
Inscriptions ici
Béatrice Girard