Le bonheur d’entreprendre vient-il de l’espace ?

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Le "monde nouveau" de l'entreprise, Charles Heinz connaît.
Il dirige une société spécialisé dans la gestion informatique, la société bordelaise Défis, qui évolue dans un secteur en profonde mutation lié aux technologies et services du Cloud, à l'intelligence artificielle, à de nouveaux indicateurs de performance... bref à des services qui découlent, quand ils ne provoquent pas, des transformations en profondeur des entreprises qui se digitalisent à la vitesse grand V.
Le bonheur d'entreprendre, Charles Heinz a souhaité l'aborder en regroupant des décideuses et décideurs français autour de l'aventurier de l'espace et de l'économie, le spationaute Jean-François Clervoy.
Pour ce dernier, parti trois fois pour des missions spatiales à bord des navettes américaines, le bonheur d'entreprendre se résume à deux principes fondamentaux : satisfaire une passion, réaliser un rêve et surtout être utile, servir la société.
Celui qui a réalisé, par trois fois, le rêve de toute une vie pour bon nombre femmes et d'hommes, s'arracher à l'attraction pour aller contempler la terre et l'univers (c'est à une de ses missions que l'on doit la réparation et l'optimisation du télescope spatial Hubble) depuis l'espace, a trouvé le bonheur d'entreprendre en créant Novespace à Mérignac, près de Bordeaux.
Filiale du CNES, la société Novespace propose, depuis l'aéroport de Mérignac, des vols Zéro G à bord d'un Airbus qui effectue des dizaines de paraboles, à destination des scientifiques d'abord, mais depuis quelques années, des premiers "touristes de l'espace".
Face à un parterre de chefs d'entreprise, le spationaute français a fait des analogies entre ses missions spatiales et l'entrepreneuriat.
Tout en reconnaissant dans le même temps que "l'inconnue reste cependant une réelle opportunité d'innovation !".
Un constat partagé Caroline Guerin-Pigeon, ex expert-comptable, aujourd'hui à la tête du distributeur automobile familial Pigeon. En 2010, alors qu'elle vient de prendre la direction de la société, un incendie ravage son siège social et son principal établissement. "Cette mauvaise surprise qui a fait qu'on nous donne pour mort à l'époque, nous a fait sortir de notre zone de confort et m'a permis de mettre en place le mode de management et de fonctionnement que je souhaitais. Physiquement, nous nous sommes regroupés tous, quelles que soient nos fonctions, dans le peu de bâtiments restants. Ce rapprochement a tout changé, certaines compétences ont émergé de cette épreuve. Dans un monde qui bouge énormément pour nous, distributeur automobile, avec l'émergence de la voiture électrique, du véhicule sans chauffeur, de l'auto partage, du parking partagé, du covoiturage... nous avons profité de cette proximité pour réfléchir à l'évolution de notre métier, à l'organisation qui doit se mettre en place pour exister dans le nouveau monde de la distribution qui émerge. Nous avons mis en place un mode de co-pilotage, sans direction à l'ancienne, qui s'avère payante pour certains sites en difficultés."
Se réinventer et y trouver du bonheur, c'est ce qu'ont fait Jérôme Le Feuvre de News Republic et Didier Oudin (Groupe Arom).
Le premier codirige News Republic, un éditeur de logiciels et d'applications (comme le flux d'information News Républic) présent en France et à San Francisco.
Le deuxième, à la tête d'un des plus, sinon le plus, important traiteur de la région ALPC, le groupe Arom, n'oublie pas qu'en 2005, quand il débarque à Bordeaux et reprend l'activité d'un traiteur moribond, Lacoste, il vient tout simplement d'être écarté d'un poste de directeur à la faveur d'un changement d'actionnaire.
Rebondissant sur les propos liminaires de Jean-François Clervoy, Didier Oudin précise :
Avis partagé par Jean-François Clervoy qui rappelle :
Se lancer, toute seule cette fois, sans doute pour perpétuer une tradition familiale, c'est ce que vient de faire Caroline Guerin-Pigeon. La DG du groupe Pigeon vient de créer une startup, Ecoweego... une solution de covoiturage.
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"C'est un rêve d'enfant que je réalise. Celui de participer à un monde qui change en ne partant de rien", souligne t-elle avec une forte émotion qui permet à Jean-François Clervoy de conclure :
Pascal Rabiller