Prix Mobiliser : Roger Blanc, l'instigateur

Roger Blanc
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Son projet, que certains jugeaient incongru, a d'abord étonné, déconcerté même. Au tout début des années 1990, Roger Blanc, alors éleveur et producteur laitier installé en Auvergne, envisage d'organiser un événement centré sur les races bovines allaitantes.
Pour expliquer ce paradoxe, Roger Blanc se remémore le contexte particulier du régime des quotas laitiers, instauré dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) et qui contingente alors, pays par pays, les volumes de production de lait afin de résoudre le problème des excédents de production, les fameux "lacs de lait" et "montagnes de beurre".
Si l'éleveur dépasse les quotas fixés, il doit, dans ce cadre réglementaire strict, s'acquitter d'une amende.
Promouvoir l'économie liée à l'élevage, valoriser une filière de production et mettre un territoire en lumière : voilà le triptyque qui va guider Roger Blanc tout au long de la préparation du premier Sommet de l'élevage. "Peu de gens ont cru à la réussite de ce projet. Il m'a fallu convaincre les acteurs, presque un par un."
La première édition se tient les 3, 4 et 5 octobre 1992, au camping de Cournon-d'Auvergne. Elle réunit 250 exposants et rassemble quelque 10 000 visiteurs, les pieds dans la boue.
La litote révèle la prudence du fondateur du Sommet aujourd'hui âgé de 75 ans. Mais, "à l'heure du premier bilan, les exposants locaux nous ont confortés dans l'idée d'organiser une deuxième édition". La machine est lancée et le Sommet s'ancre durablement dans le paysage auvergnat.
Cette réussite "constitue une source de fierté. Je suis convaincu que le sommet a participé à la valorisation d'un territoire, d'un savoir-faire agricole et à la progression d'une filière de production et de ses techniques. Mais ce qui me paraît essentiel, c'est le changement de dimension de cet événement, d'abord régional, il est devenu mondial. Sa renommée internationale constitue une grande satisfaction. En outre, le budget actuel, d'environ 6 millions d'euros, est bouclé sans aucune subvention, financé principalement par les achats d'espaces par les exposants. Avec un taux de retour d'environ 90 % de ces derniers".
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Consolidé au fil des éditions, le sommet réunit aujourd'hui 1 500 exposants, quelque 2 000 animaux et rassemble plus de 100 000 visiteurs sur trois jours. Roger Blanc en est intimement persuadé : "La routine, c'est déjà le début de la fin !" Aussi, pour garantir au sommet de demeurer "la vitrine mondiale des techniques de production innovantes" et constituer "un carrefour d'affaires indéniable et incontournable", son fondateur n'applique qu'une recette :
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