L'international, au cœur de la sortie du Startupper le 28 septembre à Bordeaux

Mikaël Lozano

théâtre
Agence Appa

Mikaël Lozano

théâtre
Agence Appa
Cela fait désormais plusieurs mois que différents tenants de la dynamique startup française font le même constat : après une phase d'euphorie et de création d'entreprises tous azimuts, dopée par le mantra "tout le monde peut entreprendre" et l'afflux massif de capitaux sur le segment de l'amorçage, le rattrapage est désormais complété. Le coq français a chanté haut et fort la brillance de son plumage, tout l'Hexagone l'a entendu. La mélopée est même arrivée jusqu'aux oreilles des Etats-Unis, le graal de la tech. Pour autant, le manque d'acteurs français suffisamment robustes pour peser sur le marché mondial reste encore flagrant. Sans même s'engager sur la voie du comptage de licornes, ces entreprises non cotées valorisée au-delà du milliard de dollars, il suffit d'ouvrir les yeux pour s'apercevoir que, forte de compétences reconnues en matière d'innovation et de sciences ainsi que d'argent frais (en attendant le prochain retournement de cycle), l'écosystème français a des atouts mais peine encore à sortir des frontières hexagonales.
"Nous avons les talents, nous avons l'ambition, nous avons plein de startups géniales dans tous les domaines, mais il faut désormais les aider à grandir et à conquérir le monde", résumait ainsi Mounir Mahjoubi au CES de Las Vegas, en janvier. Le secrétaire d'Etat au Numérique, comme beaucoup d'autres, le dit avec franchise : envoyer des délégations sur les salons internationaux ne suffit plus, c'est désormais du business qu'il faut générer. L'entrepreneur limougeaud Carlos Diaz, figure réputée du monde des startups et cofondateur du programme The Refiners aux Etats-Unis où il est installé, a balancé un pavé dans la mare en juillet dernier, dans un texte au vitriol, racontant notamment sa rencontre avec un député français :
Plus loin :
La France est passé maître dans l'art de l'auto-flagellation et les Cassandre n'ont jamais manqué, l'écosystème startup n'y échappe donc pas. Cependant, toute caricature comporte toujours une part de vérité. Ici : sur l'expansion internationale massive des pépites françaises, l'essentiel reste à faire. Les fonds de capital-risque devront assumer leur part mais ils ne feront pas tout : "On ne transforme pas des cure-dents en Excalibur", souligne avec humour Jean de la Rochebrochard (Kima Ventures, le fonds d'investissement co-créé par Xavier Niel). Pour croître à l'international, les bons leviers doivent être activés et la conférence-débat de lancement du Startupper, le 28 septembre au matin à Bordeaux, servira justement à les identifier.
Les témoignages des différents acteurs que La Tribune a conviés montreront que l'international n'est pas impossible mais que le sujet ne doit pas être abordé naïvement. Après l'ouverture par Virginie Calmels, vice-présidente de Bordeaux Métropole et 1re adjointe au maire de Bordeaux en charge de l'Economie, de l'Emploi et de la Croissance durable, Grégory Lefort, cofondateur d'Azendoo, expliquera comment sa startup s'est retrouvée en quelques mois avec 75 % d'utilisateurs dans 80 pays et quelles ont été les difficultés engendrées par ce développement, et comment la stratégie de l'entreprise a évolué. Adrien Pinson reviendra sur l'ambition européenne construite au fur et à mesure de la startup, Yescapa, qu'il a cofondée avec Benoit Panel autour de la location de camping-cars entre particuliers. Il listera également les freins constatés, notamment les législations et habitudes culturelles très morcelées au niveau européen, et insistera sur la nécessité de monter une équipe internationale.
Estelle Moreira, experte affaires internationales à la Caisse d'épargne Aquitaine Poitou-Charentes, précisera le rôle de l'accompagnement bancaire et évoquera les erreurs les plus communes ainsi que la question du financement d'une expansion internationale. Frédéric Sudraud, fondateur de Facil'iti qui travaille sur l'accessibilité d'internet quel que soit le handicap, témoignera de la nécessité de trouver des partenaires locaux, des différences d'approche aux Etats-Unis et en Asie où son développement est beaucoup plus rapide et le marché prometteur. Andreea Drondoé, chargée d'affaires international startup pour Business France, évoquera les cas de figures qu'elle voit passer au quotidien et les trois fondamentaux incontournables avant toute velléité à l'étranger. Et enfin Laëtitia Banos, avocate fiscaliste responsable régionale du réseau international au cabinet Fidal, détaillera les passages obligés comme la structuration de l'entreprise, les différentes phases...
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

----------------------------
Le Startupper 2018-2019 sera dévoilé le vendredi 28 septembre à l'occasion de cette conférence-débat "L'international : mission impossible pour les startups françaises ?", à partir de 8h30 à La Grande Poste, 7 rue du Palais Gallien à Bordeaux. Le Startupper, guide annuel de l'écosystème startups de la métropole, est édité par La Tribune, en partenariat avec Bordeaux Métropole, la Caisse d'épargne Aquitaine Poitou-Charentes, Fidal et Business France. Ce hors-série présente en détails plus de 200 startups de la région bordelaise. Il sera disponible à l'issue de la conférence-débat au tarif de 9,50 € (règlement en espèces, par chèque ou par carte bancaire).
L'inscription préalable est obligatoire pour pouvoir assister à l'événement.
À lire également
Mikaël Lozano