Forum Santé Innovation : partir à l'international, un peu, beaucoup, pas du tout ?

Pierre Cheminade

Forum Santé Innovation
Agence APPA

Pierre Cheminade

Forum Santé Innovation
Agence APPA
"60 % de nos formations ont lieu en France et 40 % à l'étranger. En revanche, 90 % des médecins que nous formons sont étrangers. Cela montre l'excellence de notre système de santé mais ça pose aussi des questions logistiques évidentes." Pour Patxi Ospital, directeur général d'Invivox, une plateforme de formation médicale en présentiel entre médecins du monde entier, la dimension mondiale figurait dans l'équation de départ de son modèle économique. "On ne s'est pas posé la question d'être international ou pas tant c'était une évidence. Le site a été développé en anglais et notre équipe parle aujourd'hui dix langues et compte cinq nationalités", précise le dirigeant lors de la seconde table ronde organisée par La Tribune dans le cadre de la 2e édition du Forum Santé Innovation, mercredi 20 juin à l'Institut culturel Bernard Magrez, qui a attiré près de 300 personnes.
Malgré cet ADN international, la décision de s'implanter aux Etats-Unis n'était, elle, pas forcément évidente et, avec le recul, elle a présenté des avantages mais aussi des inconvénients :
Des expériences de ce type, Estelle Moreira, experte affaires internationales à la Caisse d'épargne Aquitaine Poitou-Charentes, en croise très régulièrement. Et la banque est alors amenée à déployer une série de compétences connexes à son cœur de métier de financeur. "Nous apportons un aspect facilitateur en partageant notre réseau sur place, en mettant en relations les bonnes personnes, en travaillant avec nos partenaires bancaires locaux", explique-t-elle avant de mettre en garde : "Avant même de parler financements, on sensibilise nos clients à des aspects très pratiques mais essentiels : les questions des moyens de paiement, les règlementations locales, les possibilités de rapatrier des fonds, etc." La Caisse d'épargne s'appuie notamment sur le réseau étoffé de Natixis, la banque internationale de financement du groupe BPCE.
Khadija Bouallaga (Groupe Salveo) et Patxi Ospital (Invivox) (Crédits : Agence APPA).
Stratégie, financement, intelligence économique, prospection, développement commercial, SAV, import, distribution ou implantation : à chaque étape, sa myriade de questionnements et de pièges potentiels. "Le Groupe Salveo est un expert du business à l'international et du conseil à l'export depuis 30 ans et dispose d'implantations dans 50 pays. Nous conseillons des entreprises au quotidien", explique Khadija Bouallaga, la directrice Maroc du groupe.
Autre écueil potentiel : les relations inter-culturelles et les potentiels malentendus et incompréhensions qui en découlent et qui peuvent perturber sérieusement les affaires. "Il faut se mettre, dès le départ, dans un état d'esprit international et être ouvert et attentif aux manières de faire et aux usages locaux, que ce soit au Maroc, aux Etats-Unis ou en Espagne", insiste Khadija Bouallaga.
À lire également
Au final, si chaque entreprise doit envisager une éventuelle implantation à l'étranger selon son propre rythme, rien ne presse. "Sincèrement, je ne regrette pas d'être parti aux Etats-Unis si tôt parce que nous y avons quand même beaucoup appris", relativise Patxi Ospital. "Mais désormais nous prévoyons de nous concentrer sur le marché français pour consolider notre produit et notre offre. Cela nous notera aussi d'un gros passeport à l'international tant le système de santé français est reconnu à l'étranger pour sa qualité. De quoi grandir et viser une future levée de fonds qui nous permettra, cette fois, de partir plus sereinement à l'assaut d'un marché américain, qui nécessite d'y investir entre 1,5 et 2 M€ par an."
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Pierre Cheminade
Olikrom propulse ses pigments intelligents dans l’aéronautique et la défense
Batteries implantables chez l'humain : Fineheart pilote un programme européen stratégique
Dans le laboratoire de Dionymer, rencontre avec les bactéries du bioplastique
Déserts médicaux : dans le bus qui part à la rencontre des patients isolés en Gironde