OPINION. « Comme De Gaulle en 1938 avec les chars, il faut en 2025 miser massivement sur les drones »
Xavier Dalloz

Photo d'illustration
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L'histoire militaire montre que ceux qui maîtrisent les révolutions technologiques ont un avantage décisif. En 1938, la France n'a pas perçu la révolution des chars, ce qui a conduit à sa défaite en 1940.
Aujourd'hui, les drones représentent une rupture technologique similaire. Pour préserver son autonomie et sa puissance militaire, la France doit agir rapidement, investir dans cette technologie et réinventer sa stratégie militaire pour éviter de se retrouver une fois de plus dépassée.
Dans les années 1930, l'armée française, figée dans une doctrine défensive héritée de la Première Guerre mondiale, sous-estimait les chars. Ces derniers étaient considérés comme un simple soutien à l'infanterie, non comme une force stratégique autonome. Charles de Gaulle, visionnaire de l'époque, prônait une modernisation radicale, en intégrant les chars dans des divisions blindées pour mener des offensives rapides et dynamiques, inspiré par les tactiques allemandes. Cependant, son discours fut ignoré par l'État-major, ce qui coûta cher lors de la Blitzkrieg en 1940, où l'armée allemande, plus agile, démontra la supériorité de l'innovation technologique.
Aujourd'hui, une révolution similaire se profile avec les drones, qui redéfinissent les stratégies militaires modernes. Initialement utilisés pour la reconnaissance, les drones sont désormais essentiels dans les conflits, permettant des frappes précises, une surveillance continue et des attaques à longue distance sans présence physique sur le terrain. Ils transforment la guerre en apportant des innovations majeures telles que l'intelligence artificielle (IA), la cybersécurité et la collecte de données en temps réel. Les conflits récents, comme ceux en Ukraine, au Haut-Karabagh ou au Moyen-Orient, ont prouvé l'efficacité des drones dans des combats réels.
Pour ne pas se laisser distancer par des puissances comme les États-Unis ou la Chine, la France devrait investir massivement dans la prochaine génération de drones autonomes et collaboratifs. Cela inclut notamment des drones en essaims, des drones hybrides capables d'opérer dans plusieurs environnements, et des systèmes d'IA avancés permettant des décisions autonomes en temps réel, sans dépendance aux satellites ou bases terrestres.
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Il est aussi proposé de remplacer le porte-avions, coûteux et vulnérable, par une flotte de porte-drones autonomes. Ces navires légers et furtifs, capables de déployer des essaims de drones aériens, sous-marins ou de guerre électronique, offriraient une projection de force plus flexible, moins coûteuse et mieux adaptée aux menaces modernes.
Afin de préserver sa puissance militaire, la France doit impérativement investir de manière substantielle dans les drones et repenser sa stratégie de défense, à l'instar de ce qu'elle aurait dû faire avec les chars en 1938. En d'autres termes, la priorité de la France doit être l'investissement dans les drones, plutôt que dans les chars ou les porte-avions.
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(*) Xavier Dalloz dirige depuis plus de 30 ans le cabinet Xavier Dalloz Consulting (XDC), spécialisé dans le conseil stratégique sur l'intégration des nouvelles technologies dans les entreprises. Il enseigne également à l'ICN Business School, partageant son expertise avec les futurs leaders du numérique. Parmi ses engagements récents, il a co-organisé le World Electronics Forum (WEF) à Angers en 2017, Grenoble en 2022 et Rabat en 2024. Il a également introduit et animé le WEF lors du CES 2023 à Las Vegas, à la demande de la CTA.
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