La châtaigne ? un concentré de technologie pour Inovfruit !

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Dès 2002 Hervé Jean et ses associés se sont lancé un double pari. Développer en parallèle deux activités : une entreprise agroalimentaire de transformation de châtaignes qu'ils ont baptisée Inovchâtaigne, et une société d'ingénierie, Inovfruit, déjà à l'origine d'un procédé de pelage à froid unique au monde, et chargée de rendre accessible à de nombreuses industries agroalimentaires les process de séchage, de dépelliculage, de décontamination... qu'elle développe et améliore en continu, depuis sa création, pour le compte de l'activité "châtaigne".
Double pari qui semble doublement gagnant.
Inovchâtaigne compte aujourd'hui 25 salariés, elle réalise 3 M€ de chiffre d'affaires. Un chiffre réalisé à 80 % à l'export (USA, Europe du Nord, Japon...) et qui croît de 1 M€ chaque année depuis deux ans. La société exploite 150 hectares de châtaigniers en Dordogne mais elle est aussi présente au Chili via InovChile. Grâce à des joint-ventures avec des propriétaires de vergers chiliens, Inovchâtaigne garantit son sourcing et s'assure une présence annuelle de ses produits dans la distribution.
Une fusée R&D bien partie pour atteindre l'orbite géostationnaire du succès.
La société Inovfruit qui travaillait déjà avec Saipol (Groupe Avril) pour le traitement et transformation des graines oléagineuses, a su nouer de nouveaux partenariats de recherche d'application de sa technique "maison" en intégrant le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation. Les coopératives Terreo, Maïsadour, Vivadour sont dans la boucle pour le traitement de leurs graines, le groupe Bongrain également. Le potentiel de cette technologie semble énorme.
Le 23 décembre 2014, cette techno est devenue un projet : DEMOS, pour DEMOnStrators of micro waves efficiency for agrifood industry. Labellisé et soutenu financièrement par l'Europe dans le cadre de la phase 2 de l'instrument PME du programme Horizon 2020 (H2020) dans la thématique "protéine du futur", DEMOS a passé le cap de l'étude de faisabilité technologique et du potentiel commercial. Le projet vient de trouver les 2,5 M€ nécessaires à l'élaboration du démonstrateur qui est actuellement en cours de réalisation un peu partout en Europe et qui sera très prochainement assemblé à Mussidan. L'Europe finance 70 % du démonstrateur et la société, accompagnée par le cabinet Æxecutive, vient de lever 500.000 euros auprès de Finaqui, Aquiinvest et BPI France.
L'étape finale, celle de l'industrialisation du process de cuisson et décontamination par micro-ondes, intégrable sur ligne industrielle, et celle de la commercialisation tous azimuts, suivra dans la foulée.
En attendant, un autre projet innovant mobilise les équipes d'Inovfruit et Inovchâtaigne. A partir des 30 % de "peau" des châtaignes, jusque-là utilisées pour faire du compost ou du combustible, Inovfruit produit désormais des granulés qui peuvent constituer des alicaments pour petites ruminants.
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Comme quoi, le mariage de la technologie et du bon sens terrien a de l'avenir : autrefois, les éleveurs soignaient précisément leurs bêtes atteintes de parasites en les faisant brouter sous les châtaigniers.
Pascal Rabiller
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