Le plastique, c'est pas fantastique. Mais l'invention de Dionymer, peut-être que si. La start-up fondée par trois ingénieurs travaille, depuis sa création en 2021, à la production en grande quantité d'un polymère biosourcé et biodégradable, capable de remplacer les dérivés du pétrole dans le plastique. Le jeune trio est en train de concrétiser sa promesse à quelques kilomètres de Bordeaux, sur la commune de Mérignac.
Sur une zone d'activités artisanales, Dionymer a installé en début d'année son pilote préindustriel, histoire de passer des modélisations théoriques aux soucis pratiques. Et tout semble aller pour le mieux. « Les premières productions se sont déroulées comme espéré », souffle Thomas Hennebel, 31 ans et président de la start-up. Le site pilote a produit ses premiers kilos de biopolymère, sous forme de fine poudre blanche inodore à laquelle les secteurs de la cosmétique, de l'agriculture ou du packaging seront bientôt addicts.
La magie opère dans un fermenteur d'une capacité de 2000 litres, un cylindre en inox de presque quatre mètres de hauteur et bardé de tuyaux. A l'intérieur, des millions de milliards de bactéries fourmillent. « Elles mangent les nutriments qu'on leur donne, ce qui leur permet d'accumuler des graisses. Ces graisses sont en fait des matériaux polymères », enseigne le chimiste de formation. La nourriture en question : les nutriments liquides des déchets alimentaires collectés aussi bien en borne chez les particuliers qu'auprès des cafés-restaurants ou de la grande distribution. Une vraie démonstration d'économie circulaire.