Souple et imprimable, l'électronique de demain s'imagine à Bordeaux
Hélène Lerivrain
Hélène Lerivrain
"Aujourd'hui est un jour de rêve." C'est avec une émotion non dissimulée que Georges Hadziioannou, professeur de chimie à l'université de Bordeaux, a inauguré lundi la plateforme qu'il a lui-même imaginée il y a 8 ans : la plateforme Elorprinttec, labellisée dans le cadre du programme d'investissements d'avenir et coordonnée par l'Université de Bordeaux. Elle est opérationnelle depuis septembre 2016. Actuellement, 4 à 6 personnes y travaillent quotidiennement mais la capacité d'accueil s'élève à 40 utilisateurs.
Située à Talence sur le campus de l'université de Bordeaux, Elorprinttec est une plateforme de 1.200 m2 dont 800 m2 de salle blanche ISO6. En alliant les compétences actuelles en électronique, en nanotechnologies, en nanosciences et en synthèses de matériaux, Elorprinttec permet de créer de toutes pièces des matériaux, des dispositifs et des systèmes électroniques organiques flexibles et imprimables. On ne parle plus d'électronique classique à base de silicium mais d'électronique organique à base de carbone. C'est moins cher et plus léger, plus souple, imprimable et les propriétés sont nouvelles. Ces matériaux peuvent devenir émetteurs de lumière, être implantés dans le corps humain ou liés à l'environnement. Cette plateforme de recherche va permettre de construire des objets connectés et ainsi répondre aux défis de nombreux secteurs tels que l'énergie, l'environnement, le numérique et la santé. Le marché à l'horizon 2027 est estimé à 240 milliards d'euros.
Elorprinttec est un projet emblématique pour l'établissement, Bordeaux INP. Mais elle présente surtout l'avantage d'associer à la fois les milieux académique et industriel. Manuel Tunon de Lara, président de l'université de Bordeaux, insiste sur l'importance de mettre en place un nouveau modèle d'université. Le président de la Région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset rebondit :
Même discours du côté de Pierre Dartout, préfet de Région, qui insiste sur l'importance de consolider les liens entre les organismes de recherche et les entreprises.
La réalisation de la platerforme Elorprinttec a bénéficié du co-financement de l'Etat (10 millions d'euros), de la Région Nouvelle-Aquitaine (1,75 M€) et du Feder (1,4 M€). L'université de Bordeaux, le CNRS et la société Arkema apportent de leur côté un soutien en ressources humaines.
Alain Ricros de la société I2S, basée à Pessac, a d'ores et déjà manifesté son intérêt, de même qu'Isorg à Grenoble. Cette nouvelle plateforme est également ouverte aux formations de masters et aux écoles d'ingénieurs mais également à la formation continue. "Il y a moyen de faire des Prix Nobel", n'ont cessé de répéter, sourire aux lèvres, les différents acteurs. Les ambitions sont claires.
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