Impression 3D : un pôle innovant se structure à Bègles

Mila Ta ninga

Mila Ta ninga
Cela fait à peine quelques mois que Gecko 3D, Fabinnov et Sculpteur de pixel ont décidé de s'associer en tant que prestataires de services afin de proposer une offre complète à leurs clients. De l'impression de fichiers 3D aux matériaux pour arriver à la maîtrise de la production. Les trois structures sont jeunes : entre 3 et 5 ans d'existence, et déjà elles jouent dans la cours des grands.
Pour la conception d'un projet, la mise en relation avec l'équipe du Pôle Innovation 3D peut se faire par le design 3D, porté par la société Sculpteur de Pixels. L'infographiste 3D et autoentrepreneur Mathieu Frossard a créé spécialement cette structure pour intégrer le pôle. Son expertise est celle des solutions graphiques sur tous types de support. Pour lui qui est spécialisé dans les illustrations, les figurines et les jeux vidéo, cette collaboration lui permet d'aller chercher des clients haut de gamme dans le meuble design, l'architecture et également les objets d'art et de luxe, comme les figurines de collection.
Une fois le projet graphique validé, il faut choisir la bonne matière. Damien Parmentier, PDG de Gecko 3D, se charge de cette partie. Il est spécialisé dans le remplissage des cartouches d'imprimantes 3D et dans la formulation et la commercialisation de matériaux à destination des imprimantes 3D professionnelles.
Son atout est directement lié au prix de vente des matériaux.
Le Pôle Innovation 3D s'appuie sur un parc machine d'une dizaine d'imprimantes 3D professionnelles avec 6 technologies différentes, achetées conjointement par Gecko 3D et Fabinnov. Pour la partie production, c'est d'ailleurs Fabinnov qui prend en charge les demandes. Son PDG, Joris Lalande, fournit une étude du projet, son prototypage et la production en petites, moyennes et grandes séries.
Le leitmotiv de ces professionnels de l'impression 3D : devenir la partie émergente de la 3e révolution industrielle. Plus besoin de passer une pièce en série, l'économie se fait donc aussi sur le concept de l'impression 3D : on ajoute de la matière, on ne l'enlève pas, précise Mathieu Frossard :
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Sans donner de précisions sur son chiffre d'affaire, Damien Parmentier assure que "déjà 60 % du chiffre d'affaire de Gecko 3D se fait à l'étranger". Dubaï, Singapour, Chine, Tunisie, Russie, Allemagne... Des destinations où les industriels sont plus "sensibles à la nouveauté. C'est un marché qui progresse en moyenne entre 25 et 35 % par an et entre 15 et 25 % sur les matériaux". En ce qui concerne le marché français, les trois collaborateurs sont moins disserts.
Un des derniers contrats signés par le Pôle Innovation 3D l'a été avec le groupe SEB. "Ça, nous avons le droit de vous le dire, sourit Damien Parmentier. Le groupe a décidé de faire appel à nous pour des raisons économiques et écologiques sur des petites pièces, notamment des boutons de minuteurs."
De son côté, Fabinnov travaille à 40 % avec le marché médical, 40 % en industrie et le reste en architecture et pour des particuliers.
D'autres entreprises bordelaises proposent néanmoins des impressions 3D aux particuliers curieux et intéressés à moindre coût (La Poste à Mériadeck, D33D, ideOkub, Kox 3D, Dagoma...).
Soutenu financièrement notamment par la Banque publique d'investissement (Bpifrance à hauteur de 50.000 €), la technopole Unitec, la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux Gironde ou encore la Région Nouvelle-Aquitaine (100.000 €), le Pôle Innovation 3D fonctionne encore avec les trois entreprises indépendantes. Néanmoins, elles espèrent d'ici 6 à 8 mois évoluer en Groupement d'intérêt économique (GIE).
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